Culture

Le récit d'une Réunionnaise publié dans un recueil canadien

Installée depuis deux ans au Canada, Sophie Bègue, une Dionysienne de 27 ans, a vu son récit "Lettre à elle", être sélectionné dans le recueil collectif "Pour se raconter III, amours inoubliables". Son texte, de genre épistolaire, raconte de manière poétique la séparation que la Réunionnaise a vécue avec son île natale. Par le biais de ce récit, elle espère enthousiasmer les Réunionnais "amoureux de notre belle île" et donner aux Canadiens le goût de découvrir "nout ti pei". Entretien:


Le récit d'une Réunionnaise publié dans un recueil canadien
Zinfos 974 : Pourriez-vous vous présenter et nous en dire un peu plus sur votre parcours ?

Je m’appelle Sophie Bègue, j’ai 27 ans et suis originaire de Saint-Denis. J’ai un parcours assez singulier, mais avec une base résolument artistique. J’ai étudié à l’Université de La Réunion en Information et Communication puis j’ai travaillé dans le domaine, et ce, jusqu’à aujourd’hui.

En parallèle, j’ai mené une carrière de chanteuse dès l’âge de 17 ans dans le groupe Intense avec mon acolyte Eddy Hibon. Nous avons enregistré 3 albums distribués à La Réunion. Grâce à ce groupe, mon goût pour l’écriture s’est développé et j’ai pu écrire mes premières chansons à partir de 20 ans. Je me suis essayée à plusieurs genres d’activités professionnelles et extra-professionnelles : voix off pour des publicités, modèle, maquilleuse, graphiste et j’en passe.

Aujourd’hui, je poursuis mes activités dans les domaines culturel et artistique : musique, peinture, poésie et bientôt la calligraphie.

Zinfos 974 : Depuis combien de temps êtes-vous installée au Canada ?

Je réside à Ottawa, la capitale nationale du Canada, depuis plus de 2 ans maintenant. La seule et unique raison a été l’amour. J’ai rencontré mon copain, qui est Québécois, en voyage en Thaïlande, et depuis nous ne nous sommes plus quittés !

Je m’étais toujours répétée que je ne partirai jamais de mon île, car je m’y sentais vraiment bien. Finalement, l’amour humain a été plus fort que tout !

Quoi qu’il en soit, avec le temps et le recul, je me suis rendue compte de la chance d’être née à La Réunion. Les Réunionnais ont cette insouciance et cette joie de vivre qui font leur richesse et leur particularité.

Zinfos 974 : D’où vous est venue l’idée de faire un récit sur La Réunion ? C’est votre premier récit ?

Depuis mon arrivée au Canada, la nostalgie de mon île et le désir de la faire connaître et reconnaître se sont accrus. J’ai vu une annonce informant du lancement du concours "Écrire pour se raconter" des Éditions David qui en était à sa 3e édition et le thème m’a littéralement emballée : "Racontez un amour inoubliable !" Je n’ai pas eu à réfléchir longtemps, le thème que j’allais aborder était évident. J’avais trouvé un excellent moyen de concilier mes passions pour l’écriture et La Réunion. BINGO !

Eh oui, "Lettre à elle" est mon tout premier récit. Par le passé, je m’étais essayée à la poésie, sans rien de sérieux. En mars 2015, j’ai participé au concours franco-canadien de poésie Impératif français, et mon poème inspiré par notre langue créole a reçu le Prix "Coup de cœur". Depuis cet événement, je me suis donné pour mandat de faire connaître notre île par le biais de l’art et de la culture.

Malheureusement, le prix des billets pour voyager à La Réunion est onéreux et puis, géographiquement, ce n’est pas la porte d’à côté. Ceci induit que la promotion touristique de l’île au Canada est quasi-inexistante. Alors, si nous ne sommes pas en mesure de les faire voyager jusqu’à nous, c’est nous qui allons (les faire) voyager.

Zinfos 974 : Un petit mot sur "Lettre à elle" ?

"Lettre à elle" est un court récit de genre épistolaire, un brin autobiographique. Il aborde sous un aspect poétique et métaphorique la séparation vécue d’avec mon île natale, La Réunion.

Depuis que j’ai quitté l’île, j’essaye constamment de la promouvoir et la valoriser auprès des Canadiens à travers mes créations artistiques, que ce soient mes poèmes, chansons, peintures et maintenant ce récit. À l’extérieur du Québec, les Canadiens n’ont que peu voire aucune connaissance de l’existence de ce petit coin de paradis indianocéanique. Par le biais de ce récit, j’espère leur donner le goût de découvrir et visiter "nout ti péi".

Zinfos 974 : Pourriez-vous nous en dire plus sur le recueil "Pour se raconter" ?
 
Pour se raconter III est le résultat d’un concours de création littéraire initié par les Éditions David à l’automne 2013 dans le but d’inciter la population francophone de la province de l’Ontario (Canada) à prendre plaisir à lire et à écrire en français. Il s’agit là du troisième recueil de la série, qui fait suite aux Souvenirs d’enfance (2014) et aux Parcours identitaires (2015). Comme son titre l’indique, l’amour est la thématique centrale du livre. Il est exprimé à toutes les sauces : intellectuel, passionnel, amical, culturel ou platonique, pour une personne, un animal, un lieu, un pays ou bien un objet.
 Le recueil est le résultat de la compilation des 40 récits gagnants du concours.

Celui-ci est tiré à plus de mille exemplaires et est disponible à la vente en versions papier et numérique sur www.editionsdavid.com.

Zinfos 974 : Un nouveau récit se profile-t-il déjà l’horizon ? 

Hummm, on verra !  Vous le saurez sur Zinfos974 peut-être. J’aime faire des surprises.

Zinfos 974 : Un message à faire passer aux Réunionnais ?

Et comment ! La Réunion est fantastique et unique sur bien des aspects, mais "vien bat’ un carré ici", vous serez surpris de découvrir un fabuleux melting pot digne de La Réunion et du respect de l’autre qui règne.

 
Extrait :

Les heures en sa présence ont défilé tellement vite, attisant une mystérieuse attirance. J’ai cherché dans toutes les directions la raison de cette fascination qui m’éloignait un peu plus de toi. Je l’ai trouvée. "Différent", voilà le coupable qui a brisé ma confiance en notre amour. Bien sûr, tu le connais ce mot. Toi-même, tu en as vu passer des étrangers de toutes les contrées.  Des femmes et des hommes européens que l’on nomme plus communément chez nous "Zoreils". Nous nous sommes toujours amusées de leur étrangeté et maintes fois interrogées sur leur origine. Qu’en est-il des "Malbars", ces Indiens du continent asiatique et des "Cafres" qui témoignent de l’histoire esclavagiste de notre berceau ? Tu les accueilles, les séduis et en laisses certains repartir. Même moi.
Mercredi 15 Juin 2016 - 15:15
SI
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1.Posté par justedubonsens le 15/06/2016 16:16
Bravo Sophie. bel exemple de promotion de La Réunion. Aucun doute à avoir : vanter les atouts de notre île est le travail de tous par le respect ; respect de soi, respect des autres mais surtout, ce qui fait le plus défaut aujourd'hui, respect de La Réunion : cesser les dépôts sauvages, les jets orduriers des objets ou cadavres d'animaux qui ne nous servent plus.

2.Posté par WTF le 16/06/2016 08:56
Une jolie jeune femme qui sait être ambassadrice de l'ile. C'est super pour elle d'avoir pris son courage et s'expatrier.

En même temps, y a un fond de tristesse dans cette histoire qui une fois de plus démontre à quel point nos jeunes depuis des décennies, sont des gens de grande valeur que nos décideurs locaux laissent (motivent/poussent) à partir, sous couvert que de toute façon ici, pour toi y a rien "t'as trop de talent/diplômes..."" donc part, va loin (et ne reviens plus). Abandonne ta famille, tes ami(e)s, tes repères....et laisse la place pour le fills/la fille/le neuveu/le gendre, l'ex... de untel, qui n'a aucun autre mérite que celui de connaître tel décideurs (publics comme privé). Le fin fond de cette histoire, c'est surtout ça. Et c'est cela aussi qui explique qu'il n'y a pas de projets structurants de développement économique mais juste le maintien d'infrastructures de fonctionnement globaux, à la tête desquels on place toujours les mêmes types d'individus cooptés par leur familiocratie.

Heureusement, que bon nombre de nos jeunes, non seulement trouve qqch ailleurs, mais s'y épanouisse tellement qu'elles/qu'ils sont bourré(e) de talents et quand bien même il y aura toujours une part de nostalgie. Ce qui est normal lorsqu'on à eu une enfance et une adolescence à tel ou tel endroit.

Cela se passe depuis des années et s'entretient par nos instances locales. Mais au final, en dépit de la déchirure affective de nos jeunes à leur terre, étant donné qu'ils réussissent à l'export, ils ont nettement plus de mérite et de talents malgré leur "expulsion" déguisée et entretenue.

3.Posté par Kavi Mitsunari le 16/06/2016 10:54
En attendant, y'a deux réunionnais qui participent au concours Amazon mais ça, zinfos à l'air de s'en ficher... ah pardon, c'est vrai : il faut à tout prix écrire un livre qui parle de la Réunion pour que l'on parle de nous... belle mentalité !

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