Economie

Le rabotage des niches fiscales "vient contredire certains points de la LODEOM"

Rabotage de 10% des niches fiscales sur l'investissement locatif et productif, passage du crédit d'impôt de 50 à 25% sur le photovoltaïque comme en métropole, les mesures prisent par le gouvernement inquiètent le président du Conseil économique et social de La Réunion (CESR) pour l'activité économique de l'île. Entretien avec Jean-Raymond Mondon.


Jean-Raymond Mondon, le président du CESR, a été attentif au budget 2011 présenté hier en Conseil des ministres et dont d'importantes mesures concernant directement l'Outre-mer. Avant tout, il trouve dommageable de constater, un an et demi après le vote de la LODEOM (Loi pour le développement économique de l'Outre-mer ou Loi Jégo), que certaines mesures attendues par les acteurs économiques de l'île n'aient pas été appliquées. "Et qu'est-ce qui se passe maintenant ? Ce projet de loi de finances vient contredire certains points de cette même LODEOM", insiste Jean-Raymond Mondon.

"Les investisseurs ont besoin d'une visibilité maximum avant d'agir, rappelle-t-il. La Loi Girardin de 2004 devait déjà nous donner une feuille de route jusqu'en 2013", explique-t-il. Ainsi, il trouve dommageable que les gouvernements successifs ne laissent pas le temps aux lois d'orientations de se déployer totalement. Selon lui, l'investisseur a besoin d'avoir un horizon d'action sur 3, 4, 5 ans.

"Les bons outils existent déjà"

Pour lui, "le plus inquiétant, c'est que ces mesures engagent l'économie de l'île pour au moins quatre ans". Depuis 2008, 3/4 des emplois perdus proviennent de la chute du BTP or ce projet de loi de finances met un coup de frein au secteur.

La défiscalisation sur le logement social n'est pas concernée, un soulagement. Mais le logement social part de très bas. Ces dernières années, l'accès au logement intermédiaire a été privilégié et les logements privés représentent 6 à 7.000 constructions contre environ 1.500 logements sociaux par an.

"Cependant, nous allons dépasser cet objectif en 2010. Et si l'on peut dépasser cet objectif c'est grâce à la LODEOM"
, rappelle Jean-Raymond Mondon. Pour lui, les bons outils existent déjà mais ils ne doivent pas être remis en cause tous les deux ans.

Un logement construit c'est 1,5 emploi derrière

A la question de savoir si les niches fiscales ne sont pas une aubaine pour les plus riches, le président du CESR répond par… une question : "inversons le questionnement : sans ces investisseurs attirés par la défiscalisation, combien de travaux, de bâtiments, de logements seraient sortis de terre ? Je rappelle tout de même qu'un logement construit c'est 1,5 emploi derrière".

Autre mesure surprenante, celle de la baisse du crédit d'impôt sur le photovoltaïque qui "entre en contradiction avec le projet de Réunion île énergétique indépendante", s'étonne-t-il.

Si, pour lui, il est aussi important de raisonner en terme de "Nation" car la maîtrise du déficit public est un problème qui doit être pris en compte, cependant : "certains territoires, les plus en difficulté, doivent bénéficier d'une certaine clémence, même si j'ai pu entendre dire que beaucoup d'exceptions avaient déjà été accordées à La Réunion".
Jeudi 30 Septembre 2010 - 16:58
Ludovic Grondin
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1.Posté par Michel Gangaye le 30/09/2010 20:36
C'est incroyable comment les syndicats, le patronat et les politiques montent en grappe contre une réduction de 10 % seulement sur les niches fiscales. Dans ce pays il y a que les droits qui comptes, les devoirs il ne faut pas compter dessus parce que les mauvais exemples viennent de nos élites. Comment responsabiliser le peuple si nos élites laissent aux gens de croire qu'ils ont que des droits mais pas vraiment des devoirs.

2.Posté par Papapio, ni macro ni géniteur payeur le 01/10/2010 07:07
Il y a quelques jours, un film sur L'ENA des années 1970 montrait en conclusion que c'était l'École de la Promotion personnelle, en rien celle d'une élite responsable au service du Peuple, par lui...
Des nantis au service d'eux même avec l'argent de tous... on en voit bien les conséquences...

Ne tentez plus de convaincre ceux qui nous gouvernent, puisque nos préoccupations n'ont plus rien a voire avec leurs objectifs personnels. Quand vous essayez d'obtenir des explications par le service des Impôts sur l'utilisation frauduleuse, mafieuse, corrompue ou en totale dérive institutionnelle, de l'argent, on vous refuse une réponse et on vous saisi directement avec la complicité impliquée du procureur (qui refuse de donner suite à des plaintes gravissimes tout en couvrant tous les "amis" du système: Rectorat, JAFs, Juge des Enfants, AREL, AREMO, ...etc...)...
C'est ignoble, Minable, ce sont ces gens là qui courront se cacher ensuite...
Je suis dans ce cas, et vous savez pourquoi maintenant..


On peut retourner le problème dans tous les sens, il ne se passera rien sans une révolte généralisée, sans un revirement complet pris en main par nous tous, pour stopper l'hémorragie du dépouillement des richesses nationales par quelques uns...
C'est Nôtre vie, Nôtre argent, Nôtre travail, Nôtre seule chance qui s'envole en fumée dorée à l'or fin
Un régime à la Suédoise, voilà ce qu'il nous faut..

3.Posté par William le 01/10/2010 09:01

En juillet 2006, Mr MONDON était avec Mr MARIMOUTOU (président de la CCI) à l'origine d'une mascarade sur les opportunités de création de sociétés et d'emploi à l'occasion de la mise en place du CESU (réduction d'impôts pour le développement des services à la personne).
C'était à la CCI de St Pierre. J'y étais.

Ordre du jour de cette journée organisé à St Pierre : Comment créer une société de services à la personne.

Résumé de la journée :
- beau discours de principe du sous préfet, du représentant de l'anpe, du représentant de l'insee, des représentants de plusieurs grosses sociétés.
- beau cocktail où tous les représentants des syndicats et des élus ont pu se remplir la panse...
- belles démonstrations pour décourager tous ceux qui voulaient créer une boite (et qui étaient venu pour ça) et qu'il fallait laisser faire les pros et surtout pas se mêler des affaires des grands...

Mr MONDON vous avez contribué au détournement de cette niche fiscale aux bénéfices des gros ! Et de fait, à la Réunion, les services à la personnes n'ont pas décollé comme en métropole... Je dirais même que les institutions n'ont rien fait pour les développer !

Maintenant, vous venez pleurer parce-que vos amis vont perdre 10% de leurs moyens...

A vos gros amis : Vous avez chanté tout l'été... et bien dansez maintenant !!!

4.Posté par foxi le 01/10/2010 09:25
Post 2...............C'est la réalité mais de là a avoir un régime à la suédoise, il ne faut point rêver. En effet, le français s'accommode parfaitement avec la magouille et il aspire à en être dedans, sinon il médit...

5.Posté par foxi le 01/10/2010 09:28
Post 3 En fait, vous avez monté votre boite ? Si c'est non, b.v nous dire pourquoi...Merci.

6.Posté par Papapio, ni macro ni géniteur payeur le 01/10/2010 12:56
4.Posté par foxi: j'espère sincèrement que vous ne parlez pas de tous les Français. Personnellement, la magouille ne m'intéresse ni ne m'enrichie pas... il y a tellement d'autres manières de s'illustrer.

7.Posté par Cambronne le 01/10/2010 13:12
C'est marrant mais j'adore lorsque des Jean-Raymond Mondon intervient l'on a comme l'impression que la porte d'entrée laisse passer les courants d'air ...C'est l'odeur du napalm fiston,...
« No pressure. »
Hmmmmh, ce bon lieutenant-colonel Bill Kilgore dans apocalyps now n'aurait rien trouvé à redire

You smell that? Napalm, son. Nothing in the world smells like that. I love the smell of napalm in the morning. You know, one time we had a hill bombed, for 12 hours. When it was all over, I walked up. We didn't find one of 'em, not one stinkin' dink body. The smell, you know that gasoline smell, the whole hill. Smelled like... victory.

c'est comme un petit parfum d’écototalitarisme ou mouvement pastèque fleurisant : vous n’êtes pas d’accord avec nous ?

Alors bon en ce qui me passionne sur la défiscalisation bidon c’est comme la pseudo lutte hystérique contre le réchauffement climatique
il faut comme le disait miss Vanessa que nous nous y mettions tous ensemble, et vous verrez ce sera supayr supayr génial . Vous verrez. le subtil jaillir en nous .
Et ceux qui ne veulent pas, hein, quoi il y en a merde on est en démocratie, tout ça, ce n’est pas vraiment trop tip top de ne pas vouloir participer, mais bon, pas de stress ou intrusion violente , on ne force personne, hein. Comme dirait le Pub trash anglaise « No pressure. » et ceci n'a rien d'une parodie ...
Je sais il ya de quoi être abasourdi, et atterré.
faut bien admettre que totalitarisme soviétisant en toute décontraction feutrée est en marche , surtout lorsqu'il assument parfaitement . Cette vaste campagne d’élimination des dissidents sans débat contradictoire, sans appel de sentence – rien d’autre qu’un petit bouton sur lequel appuyer négligemment avant de passer à autre chose.

D'un autre côté faut bien admettre que le modèle Jacobin anti libéral depuis la révolution a su faire preuve d'efficacité dans la réactivité des qu' il est question et il s agit d être plus con que les autres, la France se trouve être manifestement en tête, en fait une certaine France d abrutis congénitaux, après avoir été léninistes , communistes, staliniens maoïstes trotskistes, ils sont écolos pastèques maintenant, mais toujours aussi cons et même plus encore dans le durable , comme disait Audiard
« les cons ca ose tout, c est même a ca qu'on les reconnait »
pour la vidéo ne soyez pas effrayé ils font pire ...dites donc vous understand " no pressure!"
et toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite. ...

8.Posté par William le 01/10/2010 15:13

Post 5.

Non pas monté la boite ! pas l'esprit "Don Quichotte" à me battre contre des moulins à vent... La suite a prouvé que j'avais eu raison de ne pas "le sentir" ...

Le peu d'économie que j'avais pour ça a servi à prendre une modeste part dans l'entreprise naissante d'un ami. Pas de regret : même si je n'ai pas fait fortune, je n'ai rien perdu pour le moment dans cette entreprise modeste mais sérieuse et honnête (il y en a encore !)

9.Posté par foxi le 01/10/2010 17:16
8.Posté par William
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Et pourtant on dit ce créneau porteur vu "le vieillissement" de la population, d'autant que l'Arast a fermé. Vous avez peut être raté une bonne occasion. Le problème il est où ? "Le marché est partagé" ?

10.Posté par Lallemand le 01/10/2010 17:33
""Les investisseurs ont besoin d'une visibilité maximum avant d'agir, rappelle-t-il. La Loi Girardin de 2004 devait déjà nous donner une feuille de route jusqu'en 2013", explique-t-il. Ainsi, il trouve dommageable que les gouvernements successifs ne laissent pas le temps aux lois d'orientations de se déployer totalement. Selon lui, l'investisseur a besoin d'avoir un horizon d'action sur 3, 4, 5 ans.". Tout est dit. Un : on revient sans cesse sur des engagements annoncés pourtant comme fermes et définitifs, contrecarrant ainsi des projets de développement et d'emploi. Deux : le message est pire encore : comment aujourd'hui donner une quelconque crédibilité aux effets d'annonce que pourrait faire tel ou tel gouvernement ? Qui aujourd'hui et demain se risquera à monter une entreprise en se fondant sur des déclarations gouvernementales (et ce gouvernement n'est pas le seul visé) ? Si nous regardons à côté, que ce soit à Maurice pour nous, ou en Allemagne pour la France métropolitaine, l'on ne peut que noter une persistance dans le cadre législatif et fiscal, destiné réellement à favoriser l'investissement et les projets, qui reste pérenne ou quasi pérenne contre vents et marées. C'est là une des clés du succès économique de ces pays. Ne nous étonnons pas que la croissance soit chez nous de 0,6% alors qu'elle est de 2% chez les voisins allemands. Nous nous privons nous mêmes des investissements qui, demain, auraient tiré la croissance vers le haut. "J'irai chercher la croissance" avait promis le candidat Sarkozy. Sans doute, mais pas en France

11.Posté par William le 01/10/2010 19:17
9.Posté par foxi

Le problème est simple :
- les tarifs ne permettent pas de dégager beaucoup de marge.
- par définition la précarité est grande car les "clients" peuvent très bien changer de crémerie du jour au lendemain.
- Le CG préfère donner du travail à des grosses structures (ARAST, PROXIM...) plutôt qu'à des indépendants même avec les diplômes et expériences requis. Une grosse partie des fonds versés s'envole dans les frais de gestion (allez voir le siège de PROXIM ! ça en jette !). Ces structures prennent (prenaient ?) également des libertés sur les qualifications et les taches demandés à leurs employés.
- contrairement à ce qui avait été annoncé, les campagnes de communication lancées sur ce sujet à la Réunion ont été bien timides par rapport à ce qui a été fait en métropole... il faut donc faire "l'évangélisation" qui n'a pas été faite par l'état sur l'ile... investissements trop important pour peu de retour à espérer...

Bref, comme tout le monde ne part pas avec les mêmes chances... je n'ai donc pas pris part à la course.

Aujourd'hui, la seule bonne solution sur ce secteur est d'amener des fonds pour représenter une franchise de métropole et "casser la baraque" ! Pas dans mes moyens...

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