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Le partenariat Air Austral /Air Mad sera-t-il couronné de succès ?


La signature avant-hier à Madagascar du protocole de partenariat entre Air Austral et Air Madagascar représente pour la compagnie réunionnaise une belle victoire, puisqu’elle a été retenue face à sept autres concurrents qui avaient déposé un dossier pour remporter cette coopération stratégique, technique et commerciale.
 
En "short list" se retrouvaient au coude à coude Air Austral et Ethiopian Airlines. La compagnie éthiopienne étant une "major" de l’aérien en Afrique, le Petit Poucet Air Austral n’avait que peu de chances de remporter la timbale et pourtant, le choix final s’est porté sur la compagnie réunionnaise. Cocorico ! etc…

Marie-Joseph Malé a de quoi être fier, puisqu’il sera, suite à cette signature (qui devra être finalisée le 31 mai prochain),  à la tête de plusieurs compagnies aériennes. Un rêve pour tout patron que de pouvoir étendre ses activités. Pourtant, ce mariage est peut-être sujet à caution, car  l’instabilité politique malgache n’est un secret pour personne et, en prenant pied dans la compagnie malgache, Air Austral a tout de même pris un gros risque, car Air Mad est tellement mal en point qu’il lui fallait un partenaire solide.

Air Austral pourra-t-elle assumer ? Voilà la question. Car outre le ticket d’entrée d’environ 40 millions de dollars  pour ce mariage de raison, la compagnie réunionnaise ne devra pas perdre de vue l’arrivée de la concurrence low-cost sur la ligne Paris-Réunion avec French Blue qui atterrira en juin prochain à Gillot, et qui est bien décidé à croiser le fer avec les compagnies historiques qui desservent déjà la capitale.

Autant dire que comme le prévoyait Pascal de Izaguirre, PDG de Corsair : "Ça va saigner". Alors quelle est la réelle stratégie d’Air Austral en entrant dans le capital de la compagnie nationale malgache ? S’en servir pour étendre ses ailes vers d’autres destinations, ou alors plutôt s’en servir pour en faire une low-cost ?

Si c’était ça, l’idée n’est pas mauvaise, car Air Austral pourrait faire voler ses passagers à bas coût vers Paris sous les couleurs des avions d’Air Mad, ces derniers étant sortis de la liste noire des compagnies interdites de vol en Europe, ce qui permettrait de contrer French Blue immédiatement, sans être obligé de créer sa propre low-cost. Reste à savoir si les malgaches laisseront coller l’étiquette "low-cost" sur leur flotte, car le gouvernement malgache reste majoritaire à 51% de ce partenariat.

Autre difficulté pour le super PDG  Marie-Joseph Malé aux commandes d’Air Austral, d’Ewa Air et maintenant d’Air Mad : veiller à ce que cette union n’amène pas à déshabiller Pierre pour habiller Paul, alors qu’Air Austral, malgré des bénéfices, a investi massivement ces derniers mois dans le renouvellement de sa flotte et l’aménagement de ses avions, sans oublier les nouveaux uniformes (qui n’étaient sans doute pas la priorité des priorités…).

Il devra affronter la concurrence de French Blue en plus de celle de Corsair sur la ligne Réunion-Dzaoudzi, mais aussi sur Maurice. Marie-Joseph Malé devra naviguer au près pour que l’édifice qu’il vient de construire ne vacille pas sous les coups (et coûts) de butoir de la concurrence, car le monde de l’aérien est, à l’instar du reste, un monde en constante mutation et en perpétuelle évolution, où la moindre erreur de stratégie peut se révéler catastrophique. C’est d’autant plus vrai que désormais actionnaire à 49% d’Air Mad, Air Austral devra commencer à remettre de l’ordre dans la boutique qui croule sous les dettes que le gouvernement malgache s’est engagé à éponger pour que la signature définitive puisse se concrétiser en mai prochain, condition sine qua non pour qu’Air Austral garnisse la corbeille de la mariée de 40 millions de dollars.

Il faudra ensuite auditer Air Mad et prendre des décisions quant au personnel en surnombre mais aussi ne pas négliger les réactions des actionnaires d’Air Austral…  Pour l’instant cette union ne dévoile pas ses intentions et c’est normal, la concurrence étant féroce, il convient d’éviter de trop communiquer sur les objectifs réels de ce partenariat. Si sur le papier ce mariage peut s’avérer profitable, il faut juste croiser les doigts pour que la stabilité politique de la Grande Ile soit pérenne…
 


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Jeudi 6 Avril 2017 - 01:03
Denis Herrmann
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1.Posté par Allanrun le 06/04/2017 16:02

Tant que ce n'est pas leur argent, air austral joue au grand seigneur!

On verra que les prix des billets vont connaitre une augmentation vertigineuse.

2.Posté par justedubonsens le 06/04/2017 16:12

Les Réunionnais sont en droit et même en devoir de s'interroger sur l'engagement de 40 millions $. En s'engageant la Sematra engage les finances des collectivités territoriales et donc nos impôts. Comment expliquer que Air Austral qui garde des coûts de transport élevés au prétexte de difficultés financières et à tout le moins de dégager des bénéfices est elle en mesure de gérer le gouffre économique qu'est Air Mad alors que même une société comme Lufthansa s'y est cassé les dents ? On a tendance a chanté cocorico pour le chois d'Air Austral, on peut penser qu'on ne va pas tarder à sécher nos pleurs !

3.Posté par GIRONDIN le 06/04/2017 17:18

Et alors ?

AA a le droit d'élever les poissons séchés !

MiLiKe Aa organisateur de coquetel et d'événementiel et son barman



4.Posté par cheche le 06/04/2017 17:28

Il est fou le Male s'allier avec les malgaches avec l'argent du contribuable...Les malgaches s'en mettront plein les poches et pleureront sans cesse pour avoir leur part d'argent frais.A 49% on court à la catastrophe,trop de desequilibre entre les 2 compagnies.Les malgaches doivent en rires et se frotter les mains..Qui seront les dindons de la farce?

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