Economie

Le microcrédit finance vos projets quand la banque vous ferme ses portes

Le microcrédit : la parade anti-crise lorsque les banques s'avèrent frileuses à prêter ? Sans vouloir répondre à toutes les attentes de financements de projets, le mécanisme séduit chaque année au moins 500 réunionnais.


Vous connaissez le système D de la tontine, qui se vit beaucoup plus dans le cercle familial ou son réseau de connaissances, alors vous aimerez le microcrédit. Seule différence : une association fait l'intermédiaire en jouant le rôle d'une banque. Ainsi, les projets de lancement d'entreprise y sont, par exemple, regardés avec plus d'attention, ce qui n'est pas forcément le cas des grandes banques plus à même de se positionner avec des grandes enseignes. "On ne prête qu'aux riches" est donc la contre-définition du microcrédit.

En pleine semaine nationale du microcrédit, l'association de loi 1901 reconnue d'utilité publique "Microcrédit Réunion" offre de nouvelles perspectives de développement. Elle aide des personnes exclues du marché du travail et du système bancaire classique à créer leur entreprise et donc leur emploi grâce au microcrédit.

La crise n'aidant en rien, décrocher les faveurs de son banquier est un exercice de plus en plus critique. "Vous appelez le 0800 800 566*, vous aurez un conseiller qui fixera avec vous un rendez-vous sous une semaine (maximum). A votre rendez-vous, vous discuterez avec un de nos conseillers crédits. Y sera évalué votre projet et votre capacité de remboursement", explique David Gondonneau, directeur de Microcrédit Réunion. Evidemment, "si l'objectif du porteur de projet reste un peu flou, un conseiller d'accompagnement aura pour mission de faire mûrir ses idées".

"Après cet entretien, un comité de crédit se prononce. Nous nous réunissons deux fois par semaine. Une réponse positive ou négative est apportée au demandeur dans un délai de quinze jours maximum", indique David Gondonneau.

2.000 demandes en 2011

Les établissements du microcrédit sont souvent appelés les banques des pauvres. A cette formule dévalorisante, David Gondonneau préfère celle de "banque de la seconde chance". Contrairement à une banque classique, "il nous arrive de prêter à un IB", comprenez à un interdit bancaire.

Jusqu'à 6.000 euros de prêt, l'établissement fixe un taux d'intérêts à 9,71%. De 6.000 à 10.000, un prêt à taux zéro est appliqué. "Avec ces 9,71% d'intérêts, cela permet à notre structure de faire tourner l'établissement", justifie le directeur. Avec le même personnel sur trois ans, le "micro établissement" n'est pas peu fier d'avoir augmenté le nombre de personnes financées depuis trois ans (soit 433 personnes financées en 2009 pour atteindre les 582 fin 2011). En guise de comparaison, Microcrédit Réunion a été sollicité à hauteur de 2.000 demandes de financement l'année dernière.

Face aux critiques du monde bancaire classique, Microcrédit Réunion ne vit tout de même pas de philanthropie. Les bons taux de remboursement de ses emprunteurs ajoute une dose de sérieux à ce mécanisme pas si nouveau et qui peut notamment financer dans le monde des petits agriculteurs et éleveurs dans les pays en voie de développement. Ainsi "97% des personnes que nous finançons payent leur emprunt".

Une avance financière qui débouche sur du concret

"En 2011, nous avons prêté pour 2,2 millions d'euros. Cette somme, c'est de l'argent injecté dans l'économie réunionnaise. Ce n'est pas rien", ajoute le directeur de Microcrédit, qui souhaite encore plus sensibiliser les collectivités locales sur ce pan entier de l'économie parfois déconsidéré.

Installés ce matin dans les locaux de l'ancienne gare ferroviaire du front de mer de Saint-Paul par la mairie, David Gondonneau et ses conseillers n'en attendent pas moins des collectivités. "Celle-ci joue le jeu, il faut le reconnaître", assure-t-il. Et puisque le microcrédit ne doit pas être vécu comme un coup de pouce ponctuel sans lendemain, David Gondonneau sort les statistiques qui donnent encore plus de "crédit" à ce système : "Des gens que nous finançons, 70% arrivent à pérénniser leur activité à trois ans. Et même lorsque l'échec est au rendez-vous, celui-ci n'est pas rédhibitoire. Plus de 80% de ces personnes ont rebondi sur autre chose".

*Appel gratuit depuis un fixe
Microcrédit Réunion poursuit son forum demain vendredi à Saint-Pierre (capitainerie)
Site internet : www.adie.org onglet "régions"

Le microcrédit finance vos projets quand la banque vous ferme ses portes
Jeudi 9 Février 2012 - 15:52
ludovic.grondin@zinfos974.com
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1.Posté par noe2012 le 09/02/2012 15:07
C'est bien !
Il faut pouvoir aider ceux et celles qui sont dans le besoin ... Ces micro-crédits sont un plus pour beaucoup mais sont-ils obligés de tout rembourser ??

2.Posté par 974solidaire le 09/02/2012 16:03
Le microcrédit qu'il soit personnel ou professionnel, se distingue du don car il s’agit d’un prêt qui doit être remboursé. En cela, l’emprunteur est responsabilisé et revalorisé : c’est une relation de confiance qui s’instaure et surtout d’autonomie : une fois le microcrédit remboursé, l’emprunteur ne doit rien « à la société ».

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