Deux femmes sollicitent actuellement les suffrages des Dionysiens pour les élections législatives de juin 2012. Deux femmes présentant de nombreux points communs mais deux femmes aux personnalités fort différentes et au style opposé. L’une est Présidente du Conseil Général, l’autre, adjointe au Maire de Saint-Denis, Vice Présidente de la CINOR et Conseillère régionale, ce sont donc des élues puissantes qui ont en commun d’avoir chacune à leur disposition une énorme machine électorale dont les moyens sont infiniment supérieurs à ceux de leurs adversaires. Les Dionysiens frôle d’ailleurs l’overdose : les rues de leur ville sont tellement recouvertes d’affiches à la gloire de ces dames qu’on pourrait croire qu’elles seules sont candidates sur la circonscription. Les hordes de leurs partisans pratiquent un affichage sauvage débridé, détériorent à coup d’autocollants et de jets de peintures le mobilier urbain mais ça ne semble pas gêner outre mesure ces deux élues qui habituellement ne se privent pas de faire la leçon aux Dionysiens afin qu’ils respectent leur environnement. Quant à leurs méthodes pour obtenir les voix des électeurs, elles sont exactement les mêmes mais nous n’aurons pas la cruauté de révéler ce qui se dit, se fait ou se promet dans leurs permanences électorales.
Là s’arrêtent les points communs car du point de vue de la personnalité et du style, les différences sont tranchées. Nassimah quoiqu’on en pense, a du caractère, elle s’est faite toute seule dans un monde masculin plutôt brutal. Elle n’a pas eu de « créateur », ni de parrain et elle a subi nombre d’insultes du seul fait d’être une femme, qui plus est musulmane. Seule, elle a cohabité avec les hommes forts de la droite locale machiste, puis elle a su résister à Paul Vergès et Gilbert Annette et désormais elle entretient un subtil rapport de force avec Thierry Robert. Aucun n’a réussi à la manipuler. Certes, Nassimah n’a aucune véritable conviction personnelle mais à La Réunion, ce n’est pas un problème.
Ericka quant à elle souffre d’un handicap originel, c’est une « production » du metteur en scène local, Gilbert Annette. Sans la volonté de son beau-père de Maire, elle ne serait pas là où elle est aujourd’hui. Il n’est d’ailleurs pas indifférent de voir qu’Ericka pose sur ses affiches électorales flanqué de François Hollande alors que Nassimah, femme libre et rebelle, pose toujours seule, le pauvre Michel Lagourgue étant réduit au rôle de simple figurant.
Ericka, ce n’est un secret pour personne, a bénéficié dès les élections européennes d’un coaching intense, de conseillers en image et d’un relooking sur mesure. Mais rien n’y a fait, surnommée « Princesse Ericka », elle n’a toujours pas gagné une seule élection sous son nom. Nassimah, elle, n’a pas besoin de coach, elle est « nature », spontanée et « apparaît » donc plus proche des gens ordinaires. Et elle, elle gagne des élections sur son nom. Ce duel est donc aussi une opposition de style et de tempérament. Appliquée et studieuse, Ericka est très « langue de bois », hier elle citait Ségolène Royal, aujourd’hui elle cite abondamment François Hollande mais on sent, à l’écouter, une leçon laborieusement apprise. Nassimah est beaucoup moins rigoureuse dans l’expression mais son débit rapide et ses phrases aux enchaînements fantasques font presqu’oublier le vide constant de son discours, ce côté bla-bla qui devient si horripilant chez sa concurrente. Bref, l’une est une battante démago, peu regardante sur les moyens, qui n’a peur de rien, avec un petit côté Rachida Dati, l’autre, surprotégée et coulée dans le moule « beau-paternel » véhicule une image beaucoup trop lisse de première de la classe, un peu trop maniérée et condescendante. En tant que Présidente du Conseil Général, Nassimah est évidemment plus exposée aux critiques alors qu’Ericka a l’avantage d’être toujours derrière Gilbert Annette mais ça pourrait se révéler un handicap les Dionysiens ayant quelques raisons de juger négativement le bilan du Maire de Saint-Denis. Verdict le 10 juin.
Max Dijoux
Là s’arrêtent les points communs car du point de vue de la personnalité et du style, les différences sont tranchées. Nassimah quoiqu’on en pense, a du caractère, elle s’est faite toute seule dans un monde masculin plutôt brutal. Elle n’a pas eu de « créateur », ni de parrain et elle a subi nombre d’insultes du seul fait d’être une femme, qui plus est musulmane. Seule, elle a cohabité avec les hommes forts de la droite locale machiste, puis elle a su résister à Paul Vergès et Gilbert Annette et désormais elle entretient un subtil rapport de force avec Thierry Robert. Aucun n’a réussi à la manipuler. Certes, Nassimah n’a aucune véritable conviction personnelle mais à La Réunion, ce n’est pas un problème.
Ericka quant à elle souffre d’un handicap originel, c’est une « production » du metteur en scène local, Gilbert Annette. Sans la volonté de son beau-père de Maire, elle ne serait pas là où elle est aujourd’hui. Il n’est d’ailleurs pas indifférent de voir qu’Ericka pose sur ses affiches électorales flanqué de François Hollande alors que Nassimah, femme libre et rebelle, pose toujours seule, le pauvre Michel Lagourgue étant réduit au rôle de simple figurant.
Ericka, ce n’est un secret pour personne, a bénéficié dès les élections européennes d’un coaching intense, de conseillers en image et d’un relooking sur mesure. Mais rien n’y a fait, surnommée « Princesse Ericka », elle n’a toujours pas gagné une seule élection sous son nom. Nassimah, elle, n’a pas besoin de coach, elle est « nature », spontanée et « apparaît » donc plus proche des gens ordinaires. Et elle, elle gagne des élections sur son nom. Ce duel est donc aussi une opposition de style et de tempérament. Appliquée et studieuse, Ericka est très « langue de bois », hier elle citait Ségolène Royal, aujourd’hui elle cite abondamment François Hollande mais on sent, à l’écouter, une leçon laborieusement apprise. Nassimah est beaucoup moins rigoureuse dans l’expression mais son débit rapide et ses phrases aux enchaînements fantasques font presqu’oublier le vide constant de son discours, ce côté bla-bla qui devient si horripilant chez sa concurrente. Bref, l’une est une battante démago, peu regardante sur les moyens, qui n’a peur de rien, avec un petit côté Rachida Dati, l’autre, surprotégée et coulée dans le moule « beau-paternel » véhicule une image beaucoup trop lisse de première de la classe, un peu trop maniérée et condescendante. En tant que Présidente du Conseil Général, Nassimah est évidemment plus exposée aux critiques alors qu’Ericka a l’avantage d’être toujours derrière Gilbert Annette mais ça pourrait se révéler un handicap les Dionysiens ayant quelques raisons de juger négativement le bilan du Maire de Saint-Denis. Verdict le 10 juin.
Max Dijoux
















