Jean-Marc Ayrault avait annoncé qu'un projet de loi à ce sujet serait présenté en 2013, et qu'il recherchait directement une majorité parlementaire, ce qui semblait écarter le recours à un référendum. Mais la réponse donnée hier par la porte-parole au micro de Radio Classique est radicalement différente : "J'avoue avoir quelques doutes parce que cela signifierait que nous adoptions le texte d'ici le printemps 2013. Aujourd'hui, il est prématuré de parler d'un calendrier, y compris pour répondre sur la question de 2014."
Mais elle l'assure, la porte n'est pas complètement fermée, le temps de laisser les esprits être "prêts".
Ces hésitations mettent le gouvernement sous pression. A commencer par l'opposition, qui a recueilli près de 187 000 signataires dans une pétition qu'elle a lancé mi-septembre contre le droit de vote des étrangers. Mais même au sein de la majorité, certains critiquent ces errements, à commencer par les alliés écologistes. Jean-Vincent Placé, chef de file des sénateurs Europe Ecologie-Les Verts, a souhaité un engagement "ferme" du gouvernement, et que ce projet de loi soit déposé au "moins au premier trimestre 2013".
Le maire PS de Paris, Bertrand Delanoë, s'est également prononcé pour un recadrage du gouvernement en faveur de ce projet de loi, et rappelle que le droit de vote des étrangers est "un marqueur de gauche".
Selon un sondage Ifop publié en septembre, 39% des sondés se déclaraient favorables à la mesure, contre 55 % en décembre 2011. Interrogé par le journal Libération, l'entourage du Président de la République reconnaissait que "la situation était devenue plus compliquée, le pays s’était crispé sur la question".
















