Société

Le doute ronge toujours les proches des victimes de la Malaysia Airlines

Les proches des disparus du vol MH370 de la Malaysia Airlines ont tenu à convoquer la presse pour leur dernière journée sur notre île. Tous les trois originaires de Chine, ils ont fait le déplacement en espérant trouver des indices, des pistes pouvant les aider à faire enfin le deuil.


Bai Shun-Fu tient la photo de sa femme, Jiang Hui et Wang Yingley à ses côtés
Bai Shun-Fu tient la photo de sa femme, Jiang Hui et Wang Yingley à ses côtés
Jiang Hui expose d’un ton clair, concis, le bilan de ces quelques jours de recherches passés à la Réunion. Bai Shun-Fu reste discret, le regard fixe. Puis, à l’évocation des proches disparus, l’homme craque. Il a perdu sa femme dans la tragédie du MH370.

Il nous montre, comme sortie du plus profond de sa tristesse, la photo de sa femme. Et cette histoire est vécue par ses deux compatriotes : Jiang Hui a perdu sa mère, et Wang Yingley a perdu ses deux parents.

"Dans notre culture, nous sommes très fusionnels avec les membres de notre famille. Les enfants représentent l’espoir et nos parents un repère essentiel. De les voir arrachés à nous si brutalement et sans aucune explication est très dur à vivre" , explique Wang Yingley.

Portées disparues depuis le 8 mars 2014, les 239 victimes dont 154 ressortissants chinois n’ont pas encore officiellement été reconnues décédées par l’État Chinois.

Une situation qui empêche le deuil, mais aussi toute indemnisation par Malaysia Airlines aux familles des victimes. Jiang Hui assure que toutes les familles de victimes refusent catégoriquement toute indemnisation tant que l’État Chinois ne se prononce pas officiellement.

À contrario, l’État Malaisien a, selon les trois hommes, été trop vite en besogne en annonçant prématurément la mort de tous les passagers du vol. "Ils n’ont fait aucune enquête sérieuse, n’ont communiqué aucun rapport, et ont annoncé la mort de nos proches très rapidement. Vu les enjeux pour le tourisme, nous pensons qu’ils ont voulu clore le dossier très rapidement pour passer à autre chose" révèle Wang Yingley.

Trente requêtes officielles plus tard, le Gouvernement Malaisien refuse catégoriquement de les informer.

Les ressortissants chinois en visite sur notre île n’ont reçu aucune aide du gouvernement Malaisien. Pire encore : après trente requêtes officielles auprès du gouvernement malaisien, ce dernier les informe aujourd’hui qu’il refuse catégoriquement de les recevoir, nous apprend Jiang Hui.

En désespoir de cause et à la recherche de quelconque information, les trois hommes ont finalement pris la décision d’écumer les plages de Saint-André. Ils ont reçu le soutien de la municipalité. Impossible pour eux cependant de voir s’ériger une stèle à la mémoire de leurs proches : "nous ne pouvons toujours pas définitivement être sûrs de ce qu’il leur est arrivé, pour nous le deuil est impossible" , explique Jiang Hui.

Les trois hommes ont officiellement adressé une lettre au gouvernement français, appuyée par la municipalité de Saint-André, afin de recueillir les dernières informations sur l’enquête.
Vendredi 30 Octobre 2015 - 17:59
Laurence Gilibert
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1.Posté par La Réunion le 31/10/2015 08:08
Nous compatissons à votre grande douleur.
Nous souhaitons vraiment que vous trouviez un peu de paix.

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