Société

Le compost du TCO contient du nickel supérieur aux normes

L’objectif salutaire de valorisation des déchets verts n’en cache pas moins une partie technique de traitement compliquée à mettre en place. Aujourd’hui, la communauté de communes de l’Ouest se retrouve avec des tonnes de compost dont la teneur en nickel dépasse le seuil toléré. Explications.


Le site de compostage du Port est régulièrement la proie des flammes. Une solution comme une autre pour faire écouler les montagnes de compost serait-on tenté de dire
Le site de compostage du Port est régulièrement la proie des flammes. Une solution comme une autre pour faire écouler les montagnes de compost serait-on tenté de dire
Où finissent les déchets verts posés sur le bord des routes ? Loin d’être une opération simple, le cycle de traitement de ces collectes n’est pas sans créer quelques soucis en bout de chaîne.

C’est tout le problème auquel est confrontée la communauté de communes de l’Ouest. Celle-ci ne sait plus comment écouler ses stocks de compost, devenus indésirables par les centres d’enfouissement. Seule solution provisoire trouvée : répondre à la demande en compost des particuliers ou agriculteurs qui l'utilisent en guise de tapis de litière pour animaux par exemple. Le particulier, lui, y trouvera un complément de qualité pour le jardinage.

Depuis quelques semaines, les centres de tri de déchets de la côte ouest permettent ainsi aux personnes y venant déposer leurs déchets de repartir avec un sac de compost. Mais l’opération n’est normalement pas autorisée de l'aveu même d'un responsable du TCO. "On est un peu au-dessus du taux de nickel toléré mais nous sommes quand même intéressés à fidéliser les personnes qui ramènent leurs déchets", raconte Frédéric Touzet, responsable d'exploitation à la direction de l'environnement.   

Actuellement, le taux de nickel contenu dans ce compost prêt à être utilisé dans nos jardins ou chez un agriculteur affiche un taux de 0,84 micro-gramme/kilo, le seuil étant de 0,76mg.

À très petite dose, c'est-à-dire sous forme de trace, le nickel est présent dans l'organisme et intervient dans divers processus biologiques. Il est également présent dans certains aliments. Par contre, le nickel est toxique à fortes doses. L'intoxication, qui survient sous la forme de carbonyl de nickel dans l'air ambiant, peut engendrer des affectations de type allergique. Citons la dermatite de contact, l'eczéma ou l'asthme.

La contravention mais pas la solution : Le TCO se sent esseulé

Ce n’est pas l’élément végétal en lui-même qui fait dépasser ce seuil mais le résidu de terre et de poussière collectés par le camion. Les trous béants visibles sur les bords des routes font désormais partie du décor, quand ce ne sont pas les déchets verts mélangés avec des encombrants qui viennent compliquer la tâche des agents du TCO.

"Le process utilisé actuellement ne permet pas de faire retomber les particules de poussières qui contiennent le nickel", affirme le responsable. Devant ce constat, il en vient à regretter la ligne stricte de la DEAL (Direction de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement). Les sites de traitement de compostage se trouvent être en effet sous le coup d'une mise en demeure des services de l'Etat (*), mais aucune solution n'est proposée en retour de cette épée de Damoclès, constate Frédéric Touzet. "Il faut bien que l'on fasse sortir du compost de nos centres de traitement, même avec ce taux de nickel", juge-t-il en toute bonne foi.

Imaginer une autre forme de collecte

Du coup, côté TCO, on affirme que la méthode de collecte pourrait être amenée à évoluer. L'idée, qui reste à creuser, tient dans le fait qu'il ne faut plus que le camion de collecte en vienne à racler le sol. L’utilisation d’une pince mécanique plutôt qu’un grappin (qui racle la terre en même temps que les feuilles et les branchages) est sérieusement envisagée. Autre axe imaginé : la fréquence des collectes. "Plus on propose de tournées des camions, plus les gens sont incités à déposer".

Dans son bilan d'activité 2010, le TCO évoque le problème sans détour : "Malgré l’extension de la plateforme de compostage sur le site du Port en décembre 2009, et le doublement de la capacité de réception, l’année 2010 a été marquée par une forte augmentation des tonnages receptionnés et la saturation du site. Une situation de saturation qui a occasionné deux incendies en date du 4 septembre et du 25 décembre 2010".

Et le phénomène ne fait que s'amplifier. En 2006/2007, ce sont 15.000 tonnes qui étaient traités. En 2010, après tri, 31.928 tonnes de déchets végétaux ont été compostées. Loin d'être isolée aux communes de l'Ouest, cette exposition au nickel dans les résidus de compost pourrait concerner d'autres établissements publics de l'île pratiquant la collecte en porte-à-porte des déchets verts. La DEAL, quant à elle, n'a jusqu'à présent pas répondu à nos sollicitations.

------------
(*) Un contrôle de l’inspection des installations classées en date du 21 décembre 2010 a donné lieu à une mise en demeure du TCO demandant le respect des prescriptions de l’arrêté préfectoral d’autorisation d’exploiter.
Lundi 24 Octobre 2011 - 22:37
ludovic.grondin@zinfos974.com
Lu 1412 fois




1.Posté par Logique le 25/10/2011 08:56
Question idiote:
Si c'est la terre dans laquelle étaient plantés les végétaux qui fait dépasser le seuil, où est le problème d'ajouter à cette terre un compost contaminé par elle-même?
Surtout que si on laisse les végétaux pourrir sur place, il va bien y retourner tout seul à la terre, le nickel, non?

A la limite, il faudrait l'interdire pour la culture maraichère mais où est le problème pour faire pousser des fleurs ou des arbustes?

Au-delà du respect "mécanique" des normes, la prise en compte du contexte géologique local serait peut-être utile pour ne pas sombrer dans la kafkaïsation la plus débridée!

Un avis de la DEAL pour nous éclairer?

2.Posté par ndldlp le 25/10/2011 13:13
question plus que conne :
quelle est l'origine de cette teneur au delà des seuils acceptés ?

Nouveau commentaire :
Twitter


Dans la même rubrique :
< >

Dimanche 11 Décembre 2016 - 09:09 Crise requin: Un rassemblement à l'Ermitage

4, cité Fontaine
97400 Saint-Denis

06 93 010 810
contact@zinfos974.com


- Contact

- Signaler un abus

- Mentions légales