Société

Le Piton de sucre et La Chapelle, à Cilaos, une chambre magmatique de 200.000 ans

Les pitons, cirques, et remparts soufflent ce jour leur troisième bougie. Trois années déjà que l'Unesco les considèrent comme uniques, et faisant partie intégrante du patrimoine mondial. A l'occasion de cet anniversaire, le Parc national de la Réunion a décidé de présenter à la population le premier "Point merveilleux": Le site du piton de Sucre et la Chapelle, dans le cirque de Cilaos.

A noter que samedi matin, à partir de 9h, le rendez-vous est donné par le Parc national sur les sites suivants où des lectures de paysages seront présentées par des agents du Parc : le point de vue de la fenêtre des Makes à Saint-Louis, le point de vue du col de Bébour (à la Plaine des Palmistes), le sentier Hell-Bourg/Belouve (à partir de Bellevue dans le cirque de Salazie, derrière la maison forestière).


Le Piton de sucre et La Chapelle, à Cilaos, une chambre magmatique de 200.000 ans
Le site du Piton de Sucre et de la Chapelle à Cilaos se trouve en surplomb de la rivière du Bras Rouge. C’est le sommet d’une ancienne chambre magmatique, formée entre 200 000 et 100 000 ans, à 1,5 km sous le sommet du volcan du Piton des Neiges.

Sur le plan géologique, c’est une intrusion de magma trachytique, qui s’est refroidie et solidifiée en profondeur. Avant qu’il ne soit totalement solidifié, ce magma a donné parfois des éruptions explosives ; la dernière connue sur l’île date de - 30 000 ans. Ce qui n’est pas sorti pendant ces éruptions a lentement cristallisé sur place dans la chambre magmatique.

L’érosion a ensuite dégagé ces roches profondes, dont le sommet ressemble à un pain de sucre, et le Bras Rouge y a creusé une gorge étroite : c’est la Chapelle.

Il est très rare dans le monde de pouvoir visiter une chambre magmatique ainsi mise à nu par l’érosion. Ce site exceptionnel est inclus dans le Bien naturel des Pitons, cirques et remparts de La Réunion, inscrit au patrimoine mondial.

A partir de – 100 000 ans, la chambre de la Chapelle ne donne plus d’éruption. Après les derniers comblements des cirques par les nuées ardentes et les laves du vieux Piton des Neiges, l’érosion reprend tous ses droits. Les rivières creusent leurs lits, arrachent des milliards de m3 de roches et les transportent à la mer. Des écroulements de falaises élargissent aussi les vallées.

A Cilaos, l’érosion a dégagé les roches qui étaient auparavant enfouies profondément sous des centaines de mètres de laves. Peu de volcans se laissent ainsi observer de l’intérieur.

A l’époque où la Chapelle était active, deux chambres magmatiques, situées à des profondeurs différentes, provoquaient des éruptions.

La chambre profonde (plus de 5 km sous la surface) se refroidit très lentement. Elle émet des laves qui donneront les "roches pintades".

Ce magma profond alimentait aussi des chambres supérieures comme celle de la Chapelle, située à 1,5 km sous le sommet du volcan du Piton des Neiges de l’époque qui culminait sans doute à 3 500 mètres). Là, le magma évoluait plus vite, jusqu’au stade trachyte.

Quand du magma de type "roche pintade" arrive dans une chambre de type "trachyte", le mélange provoque une éruption violente, donnant des nuées ardentes très riches en gaz brûlants. Ce genre d’éruptions a été rare (30 en 200 000 ans), mais dévastateur. Tout a du être détruit sur de vastes zones de La Réunion.


Pendant la première partie de sa vie, il y a plus de 450 000 ans, le Piton des Neiges émet des basaltes à olivine produisant des laves fluides. Mais quand on observe de près une roche dans la Chapelle, on constate que tout est cristallisé. Il n’y a pas de pâte grise ni de bulles : ce n’est donc pas une lave, mais une roche "grenue" (composée
de petits grains). Elle s’est formée lentement (des centaines d’années) dans la chambre magmatique au cœur du Piton des Neiges.

Le site de la Chapelle est donc un témoignage de l’évolution finale du Piton des Neiges. Lorsqu’il n’a plus été alimenté par du magma basaltique profond, il y a environ 450 000 ans, les restes de magma ont évolué, devenant "trachytique". En se solidifiant, ce magma va donner une syénite de couleur blanc-rosâtre, située à l’époque sous une couverture de roche épaisse de 1,5 km. La syénite, très dure et très dense, résiste mieux à l’érosion que les autres roches environnantes

Accès au site
Dans le village de Cilaos, tourner à gauche dans la Rue du Bras des Etangs. Un panneau de l’ONF indique le départ du sentier. Prendre la route bétonnée puis le sentier de la Chapelle qui descend vers le Bras Rouge. Remonter la rivière, puis la franchir pour atteindre l’entrée de la Chapelle.



En bref:

Le Parc national de La Réunion poursuit sa mission d’ouverture vers le grand public et de partage des connaissances sur les richesses des patrimoines naturel, culturel et paysager de son territoire, en proposant aux visiteurs de découvrir des "Points merveilleux" de l’île encore méconnus ou dont la découverte (ou la redécouverte) est récente.

Un point merveilleux, c’est la richesse inattendue et recensée de la géologie, de la faune et de laflore, des sites uniques, les découvertes remarquables, les travaux d’identification et de préservation des patrimoines culturels ou historiques.

Révéler la richesse de notre patrimoine, mais aussi sa fragilité, pour que chaque Réunionnais et visiteur adhère à sa préservation, dans l’intérêt des générations futures : cet objectif s’appuie sur le travail important réalisé par les équipes du Parc national et par les nombreux partenaires du territoire.
Jeudi 1 Août 2013 - 06:51
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