Société

Le Noël lontan, sans fracas...

Ca y est, le jour de Noël est là. Tant attendu des enfants pour les raisons que l'on imagine, mais aussi subi par une partie de la population, soumise au tintamarre des pétards depuis début décembre. Bref, le moment idéal pour retracer des 25 décembre où le respect du silence accompagnait minuit.


Le Noël lontan, sans fracas...
Autant que le 1er dimanche de janvier n'est quasiment plus associé qu'à sa galette des rois, le 24 au soir charge dans le ciel un tonnerre de soufre s'échappant des fusées toutes plus bruyantes les unes que les autres.

Qui se souvient des repas raisonnables du réveillon où la simplicité était toujours invitée à partager un pâté créole, le plus souvent réalisé par ces dames, ces mères de famille, ou comble du luxe, acheté à une boutique qui avait le coup de main.

Ce n'est pas tant l'imagination qui manquait mais les ingrédients. La bûche de Noël, "invention" venue du Nord n'était visible que sur découpes de presse ou dans des romans qui avaient "désaute" la mer. Le fil de l'information tenait à peu de choses. La tentation du mimétisme métropolitain encore obscur.

En parlant d'obscurité, les premières familles à acquérir un réfrigérateur donnaient, sans qu'ils ne s'en aperçoivent encore, la prodigieuse sensation d'un progrès qui entrait dans la case. Un progrès évidemment espéré de tous.

En même temps que les lampes à pétrole accompagnaient tous les repas, comme celui de Noël, le réfrigérateur fonctionnait lui aussi au...pétrole. Le petit verre qui devait buter avec la flammèche devait être coulissé au sol avec précaution, pour ne pas le briser.

Le réfrigérateur, pour trahir ses heureux propriétaires laissait échapper une fumée diffuse qui allait se cramponner au faux-plafond. Les plus astucieux y mettaient quelconque carton pour barrer la montée de la noirceur.

Marmaille i ret' là-même

Le chemin vers minuit s'ouvre tout naturellement. Les quelques artifices achetés et marqués sur le carnet de la boutique chinois' du coin étaient l'une des seules dettes de fin d'année. Les meilleures résolutions pour 1960 ou 1965 auraient bientôt finies d'éteindre le petit écart financier en faveur de l'épicier.

Minuit, toute la famille reste regroupée. On se raconte des histoires. Et de toute façon, les occasions de s'échapper étaient limitées. Lorsque l'on sait que l'on ne croisait qu'une vingtaine de véhicules pour un trajet entre Saint-Denis et Saint-Pierre de jour, on ose imaginer que les nuits se passaient dans le giron familial.

Les pétards sont en poste. Toute la famille y assiste. Pas question pour un marmaille de brûler, isolé, le seul fracas de la nuit. Le pas de tir se fait devant la maison. De toute façon, plus loin, la nuit dissuade les plus téméraires. L'éclairage public ne court pas les rues.

Mais les pétards un 25 décembre restent exceptionnels. Devant la forte imprégnation religieuse du corps parental et des plus anciens, l'occasion d'un boucan était plus souvent remisé pour le 31 décembre. Patienter jusque-là ne pose pas de problème. Ces "grandes occasions" étaient vécues avec d'autant plus de plaisir qu'elles accompagnaient cette pauvreté matérielle de cette Réunion des années 50, 60.
Dimanche 25 Décembre 2011 - 09:16
ludovic.grondin@zinfos974.com
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1.Posté par noe ?!! le 25/12/2011 08:45
Qu'on fasse tout pêter !
ça chasse tous les bébètes devant le portail , sur les parkings et aussi dans le coeur de ceux et celles qui ont des rancunes envers leurs prochains .....
Plus de méchancetés dans l'esprit de certains posteurs !

Fais pêter !!!!!

" Les esprits médiocres condamnent d'ordinaire tout ce qui passe à leur portée. " (La Rochefoucauld)

2.Posté par Thierry le 25/12/2011 13:21
C'est JUSTE le rappel d'in zistoir lontan... où les traditions, les modes de vie et AVEC LE PEU QU'IL Y AVAIT, trop souvent pas grand chose... mais c'était le fête..

Et c'est VRAI, comment pouvoir s'imaginer VINGT voitures seulement... pas d'internet, pas de zinfos. JUSTE UNE seule radio.... pas encore la télé...

La phrase MARQUANTE de cette article de zinfos, c'est sa dernière phrase : AVEC ccette PAUVRETé MATéRIELLE, il y avait AUTANT de PLAISIR sinon BEAUCOUP PLUS. Sans nostalgie, vive le progrès, mais combien croulent dans l'abondance et ne parviennent à être JUSTE heureux.

Et nos jeunes JAMAIS satisfait... A l'époque, et pas que 1960 à 1965 mais jusqu'à moitié des années 80, beaucoup de coins de la Réunion étaient encore non équipés. Aujourd'hui, encore, il subsiste des endroits non alimentés en eau courante et électricité, etc...

Joyeux Noel....

3.Posté par Choupette le 25/12/2011 15:35
Joyeux Noël à tous !

J'ai l'impression que l'auteur de l'article parle d'un vécu personnel. Et j'ai pu noter quelques contradictions.
Peut-être que ça se passait comme ça dans sa jeunesse, fin des années 80.

Dans les temps avant, cela se passait tout autrement. Noël était vraiment une fête familliale. Ce jour-là, il y avait un air de fête, même sans cadeaux. On était joyeux.
Et les réveillons n'existaient tout simplement pas. Car on n'avait pas les moyens de garder aucune lumière allumée, ni lampe, ni ampoule électrique.
Donc, tout se passait le jour.

Même chose pour le premier de l'an. Aucun réveillon, mais défilé des voeux des enfants aux parents dès le lever, et puis morceau de pâté avec le petit verre d'anisette.
Quelques timides coups de pétard le jour de l'an AVANT 8 heures.

C'était un bonheur pur et simple pour les 3/4 de la population pauvre et miséreuse !

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