Economie

Le Conseil général en charge d'une "réflexion commune" sur l'agriculture locale


Le Conseil général en charge d'une "réflexion commune" sur l'agriculture locale
A la demande de l'Etat, chaque DAAF (Direction de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt) devra bâtir un PRAD (Plan régional d'agriculture durable) qui devra tenir compte de l'ensemble des enjeux économiques, sociaux et environnementaux locaux. C'est pourquoi débute aujourd'hui avec l'ensemble des acteurs et décideurs de la filière agro-alimentaire, une révision des cahiers de l'agriculture, un document d'orientation élaboré en 2006. Ces cahiers mettent en perspective divers objectifs de production pour l'ensemble des principales filières agricoles à l'horizon 2015/2020.

Il s'agit d'une "réflexion commune", pour reprendre les propos du conseiller général Pierre Vergès, présent à ce comité de pilotage avec le préfet Jean-Luc Marx et une représentante de la Région, partenaire dans la logique de préservation des surfaces agricoles. Car le foncier agricole est un "enjeu considérable", rappelle le préfet, si la Réunion veut développer sa production locale, pour la comsommation locale mais pas seulement. La volonté commune est aussi de développer l'exportation dans les pays voisins.

Ce rendez-vous a donc pour but de dresser un premier bilan des cahiers de 2006, à quelques mois de l'élaboration des futurs programmes européens, tout en élaborant en parallèle le PRAD. Les enjeux sont multiples : maintenir une agriculture réunionnaise compétitive, avoir un espace agricole préservé et multifonctionnel et une agriculture écologiquement intensive pour une gestion durable de la ressource. Il s'agit aussi de tendre vers une alimentation saine, de qualité, locale et adaptée. La volonté est également de faire de ce secteur un moteur du développement endogène à travers la transformation, l'innovation ou encore la coopération régionale et qu'il apporte, d'un point de vue social, des emplois.

Les constats faits à partir des cahiers de 2006 montrent un ralentissement de la consommation des espaces agricoles. La surface agricole utile est de 42.813 hectares, soit 879 hectares de moins qu'en 2000. La surface totale agricole est quant qu'à elle de 52.391 hectares. On note par ailleurs que le nombre d'exploitations est passé de 20.788 en 1980, à 7.623 en 2010.

Autre constat : la canne diminue au profit de la prairie. En 2004, la canne à sucre occupait 26.800 hectares, contre 24.336 hectares en 2011. En revanche, en matière d'élevage, la surface exploitée était de 10.500 hectares en 2004, contre 12.000 hectares en 2011, ce qui est une bonne progression. La diversification végétale (fruits, légumes, céréales, …) est aussi en bonne progression avec 5.500 hectares l'année dernière. La Réunion ne devrait pas trop avoir de mal à atteindre ses objectifs 2020, qui sont 30.000 hectares de culture de cannes, 14.000 hectares pour l'élevage et 5.500 hectares pour la diversification végétale.

En ce qui concerne la population agricole, elle se maintient. On compte 177 installations aidées entre 2007 et 2012, soit environs 30 par an, et 726 demandes d'autorisation d'exploiter par an. Mais 46% des agriculteurs n'ont pas de capacité professionnelle. En dix ans, le nombre d'agriculteurs de moins de 40 ans baisse de moitié. De plus, plus de la moitié des exploitants n'ont pas de repreneur connu, un chiffre qui se rapproche de la moyenne nationale (51%). On remarque tout de même que les exploitations se professionnalisent et que la main-d'oeuvre est plus spécialisée. Les chefs d'exploitation représentent 36% des emplois et accomplissent 54% du travail. La main-d'oeuvre est notamment familiale et elle accomplie 78% du reste du travail. Les salariés restent en proportion stables mais sont souvent remplacés par des saisonniers.

En terme de valeur, la production est croissante. Avec les aides directes, la production de la canne représente 413,8 millions d'euros (315,8 millions sans les aides directes), l'élevage représente 117 millions d'euros (109,3 millions sans les aides directes) et les fruits et légumes, 142,8 millions d'euros. Le total des aides agricoles monte à 206,5 millions d'euros. A noter que les productions maraîchères et fruitières sont, elles, en augmentation, bien que la filière est moins aidée.

Le rendu final est attendu pour avril 2013.
Jeudi 13 Décembre 2012 - 11:29
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