Sur le même sujet…
L’idiot des années 50 faisait profil bas. Il ne la ramenait pas, la baguette sous le bras, le kil de rouge dans la musette en bandoulière. Il était bête mais avait ce je-ne-sais-quoi de bon sens à ne pas s’enliser davantage dans la connerie. Je le trouvais plutôt sympa le pauvre d’esprit. Le prolo avait le respect de la classe supérieure et la considération des intellos.
Le connard d’aujourd’hui roule en 4x4, le portable à l’oreille, il fait sa loi en petit dictateur de quartier. Il a 150 copains aussi cons que lui sur Face-de-Bouc. Il brille dans le système de sa vie de merde. La tête lourde, le regard bas, les yeux fixés sur le bout des godasses. Entre midi et 14 heures, vous le verrez assis en travers du siège de sa BM toute neuve sur l’aire de repos, portière ouverte, les pieds à terre. Il touche le fond quand il bouffe une boite de sardines achetée 65 centimes dans la boutique Caltex.
Il exploite cette mi-temps pour faire le ménage de sa poubelle à 4 roues en jetant dans la nature qu’il méprise, le sac plastic, la boite de conserve, les kleenex dégueux et la vieille batterie de bagnole restée dans le coffre de son tas de ferraille. Episodiquement il se paye une pute pour faire comme ses collègues. C’est l’effet engrenage.
Surexcité par la déprime, il ne supporte rien ni personne. Stressé, il est toujours en retard dans son boulot de chiotte. Noir ou blanc, il vote Sarkozy parce que les étrangers le font chier.
Il n’a pas conscience de son mal-être. Dans sa turne, la femme et sa marmaille l’emmerde mais il ferme sa gueule.
Arrogant, vulgaire, bedonnant, pas rasé, les cheveux en bataille, mal attifé, désordonné, il veut paraître mais n’a pas le look. Pour le plaisir de détruire, il aime le bruit, les pétrolettes, le moto-cross, la pêche au gros.
La baisse de 1 centime sur un litre de gas-oil le redynamise. Il profite de cette formidable réduction de prix pour appuyer sur le champignon et met la pression aux automobilistes qui se traînent devant lui. Tout ce qui est propre l’énerve, les piétons et les cyclistes.
Du samedi au dimanche, il se murge la tronche à la bière et au pastis. Devant 3 piliers de bar, il étale sa vie sur le comptoir, sa réussite de gros naze. Le paquet de clopes dans la poche de la chemise, il est imbattable sur la philosophie du PSG.
Et quand bobonne se casse avec les 4 gamins qu’il a fait pour le fric dans le but de se payer la bagnole, le home-cinéma avec écran plat achetés à crédit. Il pète un câble, menace les membres de sa famille avec le fusil de chasse ou un couteau de cuisine. Il égorge tout ce qui bouge. Il fout le feu à la baraque et rate son suicide.
La solitude existe.
Gilles Bayet.
Le connard d’aujourd’hui roule en 4x4, le portable à l’oreille, il fait sa loi en petit dictateur de quartier. Il a 150 copains aussi cons que lui sur Face-de-Bouc. Il brille dans le système de sa vie de merde. La tête lourde, le regard bas, les yeux fixés sur le bout des godasses. Entre midi et 14 heures, vous le verrez assis en travers du siège de sa BM toute neuve sur l’aire de repos, portière ouverte, les pieds à terre. Il touche le fond quand il bouffe une boite de sardines achetée 65 centimes dans la boutique Caltex.
Il exploite cette mi-temps pour faire le ménage de sa poubelle à 4 roues en jetant dans la nature qu’il méprise, le sac plastic, la boite de conserve, les kleenex dégueux et la vieille batterie de bagnole restée dans le coffre de son tas de ferraille. Episodiquement il se paye une pute pour faire comme ses collègues. C’est l’effet engrenage.
Surexcité par la déprime, il ne supporte rien ni personne. Stressé, il est toujours en retard dans son boulot de chiotte. Noir ou blanc, il vote Sarkozy parce que les étrangers le font chier.
Il n’a pas conscience de son mal-être. Dans sa turne, la femme et sa marmaille l’emmerde mais il ferme sa gueule.
Arrogant, vulgaire, bedonnant, pas rasé, les cheveux en bataille, mal attifé, désordonné, il veut paraître mais n’a pas le look. Pour le plaisir de détruire, il aime le bruit, les pétrolettes, le moto-cross, la pêche au gros.
La baisse de 1 centime sur un litre de gas-oil le redynamise. Il profite de cette formidable réduction de prix pour appuyer sur le champignon et met la pression aux automobilistes qui se traînent devant lui. Tout ce qui est propre l’énerve, les piétons et les cyclistes.
Du samedi au dimanche, il se murge la tronche à la bière et au pastis. Devant 3 piliers de bar, il étale sa vie sur le comptoir, sa réussite de gros naze. Le paquet de clopes dans la poche de la chemise, il est imbattable sur la philosophie du PSG.
Et quand bobonne se casse avec les 4 gamins qu’il a fait pour le fric dans le but de se payer la bagnole, le home-cinéma avec écran plat achetés à crédit. Il pète un câble, menace les membres de sa famille avec le fusil de chasse ou un couteau de cuisine. Il égorge tout ce qui bouge. Il fout le feu à la baraque et rate son suicide.
La solitude existe.
Gilles Bayet.

















