Société

"La réglementation de votre réserve marine est trop compliquée"

Quatre gardes des réserves naturelles marines de Saint-Martin dans les Antilles Françaises et de Petite–Terre en Guadeloupe étaient présents à La Réunion dans le cadre d’un échange de compagnonnage avec leurs homologues réunionnais. L'occasion pour tous de bénéficier de regards croisés sur les difficultés qu'ils rencontrent dans leurs territoires respectifs. Deux d'entre eux, Steeve Ruillet et Julien Athanase, respectivement gardes techniciens de la réserve de Saint-Martin et de la Désirade, parlent notamment de leur réglementation finalement très lisible contrairement à la Réunion mais qui n'offre pas de zones sanctuarisées à leur grand regret. Interview.


Steeve Ruillet à gauche et Julien Athanase (au second plan à dr.) partagent leurs expériences avec les agents de la Réunion
Steeve Ruillet à gauche et Julien Athanase (au second plan à dr.) partagent leurs expériences avec les agents de la Réunion
Pouvez-vous nous présenter vos réserves marines respectives ?
Julien Athanase : Celle de la Désirade c'est 1.000 hectares de réserve dont 750 de partie maritime. La réglementation n'est pas la même qu'ici à La Réunion puisque tout prélèvement est interdit. Pareil pour les coquillages ou le camping. La réserve a été créée via une association en partenariat avec l'ONF et le conservatoire du littoral. Il n'y a pas, contrairement à ici, de délivrance de carte de pêche, car tout est interdit.
Steeve Ruillet : A Saint-Martin, nous avons 3.000 ha marins soit à peu près l'équivalence de votre superficie à La Réunion, plus 11 km de linéaires côtiers classés en réserve naturelle.

En quelle année ont-elles été créées ?
En 1998 à la Désirade comme à Saint-Martin.

Comment a été perçue la création de vos réserves marines à l'époque ?
Steeve Ruillet : La création s'est faite à l'initiative de Saint-Martinois même s'il y a eu au départ des gens mécontents. C'était légitime : quand sur des générations vous pêchez à un endroit et que du jour au lendemain on vous dit que c'est interdit, ça peut se comprendre. Maintenant, avec quinze ans de recul, on peut dire que la réserve est rentrée dans les mœurs et qu'après une grosse période de répression, on est plus maintenant sur de l'information. Après, il ne faut pas se leurrer parce que certains continuent à pêcher.

Y a t-il eu des conflits avec les pêcheurs ?
Julien Athanase : Oui, à Petite-Terre. C'était un site où tout le monde pouvait passer la journée et où les pêcheurs pouvaient pêcher. Mais après la création, ils se sont rendus compte des bienfaits de la réserve et essayent de respecter cette réglementation. Le monde n'est pas parfait, nous avons quelques petits problèmes avec des pêcheurs qui viennent en limite de la réserve mais ça reste quand même gentil par rapport au nombre de pêcheurs qui fréquentent le tour de la réserve.

Quel était l'état poissonneux des réserves et sur le corail au moment de la création ?
S.R: Chez nous à Saint-Martin, on n'a pas de grosse culture de la pêche traditionnelle comme on peut le voir ici avec des pêcheurs à la canne. Nous on est plus dans la petite pêche à la barque. Et il faut dire aussi que l'on a la problématique de la ciguatera, ce qui fait qu'on n'a quasiment pas de pêche côtière. La pêche au capucin, au poulpe, on ne l'a pas chez nous.

J.A: A la Désirade, la fréquentation touristique laisse des traces mais notre objectif c'est de faire de la sensibilisation parce qu'avant la création de la réserve c'était porte ouverte à tout le monde. Aujourd'hui, il n'y a plus personne sur l'île de Petite Terre après 16h. En journée, il y a des visites guidées organisées. La plongée est interdite, le paddle est toléré mais tout engin à moteur est interdit.

Quel bilan après 15 ans d'existence ?
J.A: On peut dire qu'il y a un retour de la faune et de la flore aquatique qui se fait progressivement même si Petite Terre est victime de son succès, soit 40.000 touristes par an.

Quelles espèces de requins y sont présentes ?
S.R: A Saint-Martin, nous avons du requin de récif pointe noire/pointe blanche, citron, dormeur et tigre. Mais il n'y a jamais eu d'attaque. Pourtant, nous avons une grosse pratique du surf principalement sur la vague de récif et sur la vague de plage.

J.A : A Petite-Terre, il y a du requin citron, de récif ou requin de corail et les requins dormeurs considérés comme inoffensifs. Il n'y a jamais eu de problème, que ce soit avec les baigneurs ou les plaisanciers. Il n'y a pas de pratique de surf.

Entend-t-on chez vous des reproches quant à la trop grande protection de ces périmètres ?
S.R: Non, je ne l'ai jamais entendu. Au contraire, nous recevons les félicitations du public. Cependant, certains pêcheurs constatent qu'effectivement, qu'entre le début de la réserve et aujourd'hui, il y a un retour de la faune et de la flore. Ils nous demandent quand est-ce que nous allons leur donner une autorisation de pêche. Mais ça, ça ne se fera jamais.

Quelles similitudes avez-vous retrouvé à La Réunion ?
S.R: Ici, c'est comparable à Saint-Martin par rapport à la fréquentation touristique. Les gardes d'ici sont obligés de composer avec le public qu'il y a sur les plages. Est-ce qu'ils devraient agrandir les zones sanctuarisées ? Il faudra le voir par la suite. Si ça ne tenait qu'à moi, j'étendrais la protection intégrale en agrandissant les zones sanctuarisées (ndlr : la RNMR reste ouverte à la pêche sur 95% de son étendue. Seuls 5% sont sanctuarisés). Les zones sanctuarisées sont très importantes à mettre en place car après leur effectivité, on voit vraiment la différence avec les autres moins protégées où on pratique par exemple du palme-masque-tuba.

Disposez-vous de zones sanctuarisées chez vous ?
Steeve Ruillet : Non, le décret de 98 interdit la pêche, la chasse sous-marine, le prélèvement de coquillages vivants ou morts. Par contre, on n'est pas dans une zone sanctuaire intégrale. Toute la réserve est praticable à tout un chacun avec parfois des us et coutumes de personnes qui font...parce qu'elles ne connaissent pas la réglementation.

Quel conseil donneriez-vous à vos collègues de la Réunion ?
Steeve Ruillet : Ça n'engage que moi : je pense que la réglementation est trop compliquée. On interdit ceci dans tel endroit mais on autorise dans tel autre etc…Est-ce que ça pourrait les aider d'aller vers une simplification de la réglementation, je pense que oui. Maintenant, quand on effectue des changements, il y aura des gens qui seront contents et d'autres pas du tout.

Combien de temps vous a-t-il fallu pour voir la réserve de la Désirade acceptée par la population ?
Au bout de 3, 4 ans ils ont compris l'intérêt. Les Désiradiens, les Saint-Franciscains, les Guadeloupéens pensaient que la réserve naturelle ça voulait dire : prendre la terre, la mer et la mettre sous cloche. Ils se sont finalement rendus compte que tout le monde pouvait en profiter, en respectant la réglementation.
Vendredi 2 Mai 2014 - 17:25
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1.Posté par Rock around le 02/05/2014 21:10
La reserve marine ici c'est de la merde : un parc à requin bouledogues … rien de plus.

2.Posté par Mwa la pa di le 02/05/2014 23:33
Post 1 la merde est ta façon de ne pas raisonner

3.Posté par plongeur ancien chasseur sous marin papa d enfants nageurs et surfeurs le 03/05/2014 08:53
A la différence des Antilles où il ni avait pas de pratique de surf avant la création de la réserve, ici à La Réunion la réserve a été créée sans tenir compte des usages existants.

A l'origine il aurait fallu que cette réserve soit faite en intégralité entre Saint-Pierre et Saint-Leu pour permettre sans risque la continuité des activités traditionnelles, aujourd'hui, il faudrait se réapproprier la colonne d'eau en permettant les activités de pêches traditionnelles et sous-marines à proximité des zones de surf et de bains préalablement protégées PAR DES VRAIS FILETS, pour éloigner les requins et ainsi limiter les tragédies que nous avons connu ces dernières années !!!

4.Posté par Rock around le 03/05/2014 10:01
post 2
Pour le moment la réalité me donne raison. Ton raisonnement ne tient pas. C'est de la merde.

5.Posté par Nous autres les Pigemou le 03/05/2014 11:51
Et bien oui , les Désiradiens, les Saint-Franciscains, les Guadeloupéens ont un cerveau . Nous autres les Pigemou sommes trop égocentriques et pensons que notre plaisir égoïste prime sur tout , notamment sur le devenir de la faune et de la flore aquatiques . Parenthèse , définition Pigemou = mutant de l'homo sapiens sapiens , apparu en France ( y compris à Réunion ) il y a 40 ans , hybride Pigeon- Mouton sous apparence Humaine .Bravo à Julien et à Steeve pour leur témoignage ... mais ça ne suffira pas , comme dit le proverbe , " on ne peut pas faire un cheval de course d'un bourricot " .

6.Posté par Totale hypocrisie le 03/05/2014 13:08
A la Réunion, on a en plus un arrêt de la pêche des requins réunionnais depuis plus de 15 ans, une ferme aquacole qui fut implantée trop près des plages, et une RMNR, à la solde des romantiques squalophiles, qui surprotège une dangereuses population de requins bouledogues, devenue la nouvelle clé de voute de la biodiversité réunionnaise.

Que feraient les pouvoirs publics de St Martin, si en 2 ans et demi, il y avait eu 15 faits divers requins, 5 morts, 3 mutilés, précisément en pleine zone de la réserve située en zone balnéaire, et une économie balnéaire et touristique en berne?
VOILA UN MAGNIFIQUE PALMARES ATTRIBUE A NOTRE RESERVE MORTUAIRE OU MEME LES POISSONS MEURENT PAR MILLIERS


7.Posté par Nous autres les Pigemou le 03/05/2014 18:35
" en 2 ans et demi, il y avait eu 15 faits divers requins, 5 morts, 3 mutilés " c'est vraiment une hécatombe ... quand en comparaison l'homme massacre en moyenne 70 millions de requins chaque année .

8.Posté par ti kaf le 03/05/2014 20:12
Je que nous sommes tous d'accord pour dire que la réglementation est à revoir. Mr gonthier au travail ou laisse la place à un autre.

9.Posté par L''''Ardéchoise le 03/05/2014 20:14
A 5 et 7 (bien qu'habituellement, ce soit de 5 à 7) : faut pas tout confondre et dire tout et n'importe quoi, les millions de requins tués dans le monde le sont pour leurs ailerons et le plaisir d'asiatiques qui en sont friands, et pas pour essayer de sécuriser les côtes réunionnaises !!!

10.Posté par Zoé le 03/05/2014 20:19
Bien que je vais surement mécontenter les convaincus que le réserve marine est la cause des attaques de requins, son impacte sur la présence des requins est vraiment faible!!
C'est une connerie de dire qu'il y avait plus de pêche avant, les bouées de la réserve sont encrées dans les 50m de fonds en moyenne (soit très prés de la côte), les pêcheurs en barques ne se sont jamais intéressés à pêcher aussi prés de la côte (sauf de nuit avec phare). Donc à mon sens c'est faux de dire qu'il y a moins de pêche (elle reste de plus autorisée sur 95% de la zone de la réserve !!!, autant dire que si vous pensez que c'est les 5% restant de la réserve qui fait toute la différence vous vous foutez le doigt dans l’œil). (On compte des attaques partout sur l'île pas seulement sur les sanctuaires de saint gilles oh!!). Et puis la faute est simplement à mettre sur un désintérêt depuis de nombreuses années de la population locale a consommer de la chair de requin (vraiment pas un must).
Avec la réserve sur le peu d'espaces protégés, les poissons remarquables reviennent progressivement (mérou grand queue, prude, rizdal, langouste, carangues, etc...c'est beau a voir sous l'eau et ça permet de repeupler les espaces de pêche) .
Dans l'intérêt (l'essence) de la réserve, Il faudrait privilégier au lieu d'une réserve restrictive, des récifs artificiels implantés loin des zones balnéaires (je sais que c'est techniquement/financièrement très difficile, mais il suffirai de quelques tetrapod par site avec implantation de coraux) qui offrent un refuge aux poissons sans pour autant exposer le population à un effet "présence certaine de requin". Sans pour autant lésiner sur les filets anti requins des plages exposées (intégrant quelques spots de surf).

Et pour

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