Santé

La psychiatrie à La Réunion: L'EPSMR nuance les critiques

La situation de la psychiatrie à La Réunion est sujette à de nombreuses critiques. L'EPSMR (Établissement public de santé mentale de La Réunion) explique néanmoins qu'elle n'est pas si sombre et qu'il faut connaître les subtilités du secteurs avant de trancher.


La psychiatrie à La Réunion: L'EPSMR nuance les critiques
Dans les grandes lignes, l'EPSMR (Établissement public de santé mentale de La Réunion) est d'accord avec l'ARS OI (Agence régionale de santé de l'océan Indien): La Réunion manque de psychiatres et de lits dans les différents établissements, aussi bien dans le secteur public que dans le secteur privé (lire : L'ARS confirme le manque de place dans les services psychiatriques à la Réunion ). Un tiers de moins qu'en métropole. Mais attention: "lits" ne signifie pas "places". Et le déficit se trouve chez les adultes et non chez les enfants. Tout est à nuancer, selon l'EPSMR.

Partrick Gras, directeur de l'EPSMR et Hervé Zangerlin, président du CME (Commission médicale de l'établissement) expliquent:  "Il faut regarder les chiffres avec un certain recul. Par exemple, même si nous manquons de lits, il reste encore des places dans d'autres services à l'hôpital, dans les centres ou à domicile (sans être hospitalisé ndlr)".  

Selon Hervé Zangerlin, le retard d'un département doit aussi être observé de manière relative. Les structures et la population à La Réunion ne sont pas les mêmes qu'ailleurs, d'où, en partie, la différence de statistiques. "Par exemple, nous recevons depuis quelques temps les cas médicaux lourds de Mayotte, ce qui occupe beaucoup de lits", ajoute le président de la CME.

Quant à l'embauche de psychiatres dans le secteur, Hervé Zangerlin assure que "par rapport à la métropole, on trouve assez facilement des employés car La Réunion est attractive et les conditions sont réputées bonnes. Mais c'est cyclique. Dans le contexte actuel par exemple, c'est plus difficile". L'EPSMR, sur l'ensemble de ses 46 structures sur l'île, compte 63 postes.

Patrick Gras ajoute: "Le soucis est le manque de psychiatres privés avant tout. Il faut attendre un à trois mois pour avoir un rendez-vous, ce qui peut décourager certains patients".

Des abus soulignés par la Commission des citoyens pour les droits de l'Homme (CCDH)

Au manque de moyens viennent s'ajouter les soupçons de maltraitance. La Commission des citoyens pour les droits de l'Homme (CCDH) dénonce plusieurs formes d'abus dans le milieu psychiatrique à La Réunion: une hausse de l'hospitalisation sans consentement perçue comme illégale et des traitements inhumains de patients (lire: Psychiatrie: "Il y a beaucoup d'histoires de traitements abusifs à la Réunion ). Selon la présidente de la CCDH, Mylène Escudier, "l'internement, qui devrait être un dernier recours, a augmenté de 50% (chiffres de 2010- 2011, ndlr). Et les hospitalisations en urgence, qui ne devraient être ordonnés par l'hôpital qu'exceptionnellement, représentent plus de 53% des hospitalisations sur décision de l'hôpital".

Les responsables de l'EPSMR ne nient pas la possibilité d'abus dans le secteur mais rappelle qu'il ne faut pas se fier entièrement aux chiffres. "Les statistiques liées à l'hospitalisation sans consentement ne prennent pas en compte le niveau de tolérance de l'entourage du patient, s'il y a eu une proposition de suivi moins extrême ou comment le traitement a été présenté au malade". En 2012, l'hospitalisation libre représente 60% des arrivés et l'hospitalisation sans consentement à la demande d'un tiers (un membre de la famille), 21%. Les hospitalisations d'office (à la demande de l'État) et à la demande du directeur de l'établissement sont elles moins fréquentes.

Hervé Zangerlin tente d'expliquer une partie de ces hospitalisations sans consentement: "Lorsque la police ramasse un individu, il y a plusieurs scénarios possibles. Soit la personne est mise en cellule de dégrisement, soit elle est emmenée aux urgences et c'est un psychiatre qui l'envoie chez nous, soit elle est directement déposée ici. C'est plus simple pour eux que de la garder au commissariat".

Malheureusement, en ce qui concerne les maltraitances, une fois dans l'établissement, Patrick Gras affirme qu'on ne peut jamais être certain de ce qui arrive. Le plus commun, selon son collègue, reste les maltraitances involontaires: "Certains professionnels manquent d'outils et de formations et commettent tout simplement des erreurs dans leurs échanges avec les patients".

"Lorsqu'il y a un manque, il faut pouvoir réagir"

En septembre cette année, 12 soignants ont suivi des cours de self-défense et ont appris à détecter préalablement les signes d'agitation chez un patient afin d'éviter la violence. "En maîtraisant cela, les soignants peuvent mieux préserver la dignité des malades, ce qui est très important", ajoute le président de la CME.

Une journée de "bien-traitance" sera également organisée le 5 décembre par l'EPSMR en présence d'associations et de patients afin de "corriger certaines erreurs". Patrick Gras rappelle également que les patients ont un droit de réclamation et de plaintes en permanance. "Un signalement d'événements indésirables peut être fait par les patients, leur famille ou un professionnel témoin", explique-t-il.

L'EPSMR souhaite annoncer d'autres nouveautés telles qu'un nouveau centre de réhabilitation psycho-social qui aide les patients à trouver un logement, un travail et une certaine autonomie suite à leur hospitalisation. Le but serait de suivre une initiative canadienne de "désinstitutionalisation" qui remet en cause l'hospitalisation.

Et pour augmenter un peu le quota de lits: une nouvelle unité de l'EPSMR avec 25 lits supplémentaire à partir du 18 novembre devrait aider. "Lorsqu'il y a un manque, il faut pouvoir réagir", termine le directeur de l'EPSMR.
Vendredi 25 Octobre 2013 - 15:59
SH
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1.Posté par Papapio, ni macro ni géniteur payeur le 25/10/2013 18:01
Et encore ne parlez vous pas des pseudo spécialistes mandatés par des Magistrats ripoux aujourd'hui en fuite de la Réunion, qui sortent des "rapports" sur commande, alors qu'ils sont largement désavoués par leurs propres collègues, refusant d'entrée dans ces magouilles eux ....
L’hôpital de Saint Joseph est directement désigné par ces propos dont je suis d'accord pour répondre devant la Vraie Justice PUBLIQUE....
N'est ce pas M. VEDY incapable de lire une date sur un rapport de test THC sur la demande express de l'ancien Président LIENARD, chargeant son "expertise" alors qu'il est désavoué par ses collègues de l'Hôpital de Saint Pierre... C'est pas beau hein ?!..

M. Pierre ROYER, au cas ou vous auriez le courage de vouloir me poursuivre pour ces déclarations devant un TRIBUNAL PUBLIC, histoire de confronter la vérité a vos allégations lamentables ...tout se paye un jour

2.Posté par Saint -joseph le 10/04/2014 10:01
Une vrai ecoute du patient serait bien plus profitable pour certain malade, qu on a tendance a gaver de medicament ou d injection de piqure qui provoquent aussi des effets secondaires -symptome de dyskinesies tardives ou parkisoniens et mettre ensuite sur le compte de la maladie. Diagnostique aussi trop precipite qui met le patient en doute sur son etat d ame et de son entourage qui ne comprend pas cette medecine qui ne gueri pas et fait semblant de soulager les maux .Chercher la cause au lieu d empoisonner le corps par ces subtences toxiques ...nombreux suicides egalement sur tout continent

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