Société

La présence des requins près des côtes influencée par trois facteurs déterminants

Conduit par l’Institut de recherche pour le développement (IRD) depuis fin 2011, le programme Connaissance de l’écologie et de l’habitat de deux espèces de requins côtiers sur la côte ouest de La Réunion (CHARC) vient de rendre ses conclusions. Première étude scientifique menée à La Réunion sur ces requins méconnus, elle a permis d’identifier certains facteurs clés qui influencent la présence et la répartition spatiale des requins bouledogue autour de l’île.


La présence des requins près des côtes influencée par trois facteurs déterminants
Les principaux résultats du programme :

Les résultats suivants sont issus des observations effectuées entre janvier 2012 et mai 2014 et concernent plus particulièrement les requins bouledogue. En effet, pendant cette période, le nombre de détection de requins tigre s’est avéré très faible. Cela indique que leur habitat se situe plus au large que le réseau de stations d’écoutes déployées dans le cadre du programme.

L’analyse des données recueillies a permis d’identifier trois facteurs clés qui influent sur la présence et la répartition spatiale des requins bouledogue autour des côtes réunionnaises : leur comportement migratoire, de reproduction et alimentaire.

Le comportement migratoire :

Le suivi acoustique et satellite des requins bouledogue indique qu’ils ne sont pas présents de façon permanente sur la côte ouest de La Réunion. Les requins suivis ont été capables d’explorer l’ensemble des côtes de l’île, et aussi de parcourir plusieurs kilomètres dans le milieu pélagique océanique. Ils ne semblent donc pas être assujettis aux zones littorales, même si ces dernières représentent un de leurs habitats majeurs. Par ailleurs, ils sont davantage présents sur la côte ouest entre Saint-Paul et Saint-Pierre pendant la période de transition été/hiver austral, c’est-à-dire de mars à juin.

Enfin, ils changent d’habitat au cours de la journée, alternant une occupation diurne au large (zones de repos) et nocturne près des côtes. Plus précisément, ils semblent se rapprocher des côtes en début d’après-midi (à partir de14h) et migrer dans la partie supérieure de la colonne d’eau, se rapprochant ainsi de la surface. Ils augmentent alors leur activité exploratoire, laissant supposer un comportement de chasse au crépuscule.

Le comportement de reproduction :

L’analyse des gonades (organes reproducteurs) des requins bouledogue indique que leur période de reproduction à La Réunion s’étalerait de mars à août. En 2013 et 2014, les chercheurs ont constaté la présence de plusieurs mâles et femelles autour de sites particuliers, qui correspondraient à des sites d’accouplement : Etang du Gol et port de Saint-Gilles. De plus, les analyses génétiques effectuées sur une même portée ont montré l’existence de deux géniteurs mâles, pouvant indiquer une compétition accrue entre mâles à cette période.

Le comportement alimentaire :

L’analyse des contenus stomacaux et des prélèvements sanguins effectués sur les requins étudiés a révélé un régime alimentaire composé de ressources issues de milieux côtiers (essentiellement du poisson). Les chercheurs ont ensuite confronté les données concernant la présence des requins marqués avec les indices de richesse en poissons, estimées à partir des données de débarquement fournies par les professionnels de la pêche. Il ressort de ces comparaisons que l’état des ressources disponibles près des côtes influence la présence des requins bouledogue. Ainsi, les chercheurs ont constaté une corrélation entre abondance en poissons et présence des requins marqués au large. Lorsque les ressources disponibles diminuent, les requins se rapprocheraient davantage des côtes pour se nourrir.

Les chercheurs ont également observé que des variables environnementales favoriseraient la présence des requins bouledogue près des côtes réunionnaises : hauteur de houle, pluviométrie, turbidité des eaux de surface. Enfin, l’analyse génétique des échantillons de muscles de requins bouledogue provenant de La Réunion, du Mozambique et d’Afrique du Sud a révélé que ces requins partagent des gènes communs. Ainsi, ils interagissent entre eux et forment une seule et même population, ce qui n’était pas connu jusqu’à présent. Le taux d’échange entre individus reste toutefois à déterminer.

Les perspectives :

Le programme CHARC a permis d’identifier des facteurs clés ainsi que des périodes annuelles et journalières favorables à la présence et à la répartition spatiale des requins bouledogue près des côtes de l’île de La Réunion. Des analyses complémentaires restent encore à mener. L’acquisition de données additionnelles, sur les traits de vie des requins tigre et bouledogue notamment, permettrait de mieux cerner leurs modes d’occupation spatiale et de préciser leur rôle dans l’écosystème.

L’ensemble des données et résultats du programme CHARC ont été transmis aux pouvoirs publics, afin de contribuer à la mise en place de mesures de réduction du risque pour les usagers de la mer.
Vendredi 13 Février 2015 - 06:06
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1.Posté par lesseps le 13/02/2015 08:47
on apprend plein de choses intéressantes : le requin mange du poisson, la turbidité des eaux favoriserait sa présence et ils ont un comportement de chasse au crépuscule !! Avec ces avancées majeures nos surfeurs peuvent être tranquilles !!
Que d'argent foutu en l'air pour apprendre des choses déjà connues ! Il parait qu'ils bossent comme des fous lors des C4R ....

2.Posté par Killy Mange woaro le 13/02/2015 10:56
Tous ça on le sait déjà depuis longtemps.....la seule question qui se pose c'est : veut on protéger les baigneurs et les surfeurs ?
Si la réponse est oui : une seule solution : la pèche régulière et la pression sur le milieu.

sinon on demande aux scientifrics combien ils veulent pour nous rallonger de trois ans leurs études à la cons.


3.Posté par Jean97413 le 13/02/2015 11:24
ÇA NOUS EN DOUTIONS DÉJÀ quand je faisais mon brevet de plongée à St Leu, avant l'an 2000

Ainsi, les chercheurs ont constaté une corrélation entre abondance en poissons et présence des requins marqués au large. Lorsque les ressources disponibles diminuent, les requins se rapprocheraient davantage des côtes pour se nourrir.

À l'époque nous nous inquiétons du fait que la pollution venant des sites touristiques et urbanisés, la pollution dans le lagon (cremes solaires non négligeables) faisait réduire la quantité des autres gros poissons, TOUT en fait se raréfie.

Nous nous étions déjà dit que les requins gouterait alors à autre chose...

LA SOLUTION C'EST D'ARRÊTER LE POLLUER LE LITTORAL et de laisser se reconstituer la faune.

Autrement l'autre solution c'est de transformer les bords de l'île en parc aquatique, tout y clôturer, y bétonner propre, et tout y javelliser pour tuer toute forme de vie gênante.

4.Posté par I love nature le 13/02/2015 12:00
Très bon travail qui confirme certaines hypothèses . Ou sont les assoces de cassos et les anciens surfers nouveaux politicards payés grassement aux frais du contribuables qui prétendent que les études inutiles ?

5.Posté par Loulou974 le 13/02/2015 15:29
Seule la peche peut nous sauver. Reprendre une peche du requin bouledogue comme il y a 15 ans. Avec des quotas bien definis entre les pecheurs, les scientifiques bien sur. Et surtout, surtout reautoriser la commercialisation de la chair de ce requin. C'est ca qui pousserait les gens a les pecher. Si les pecheurs ne le pechent pas tant que ca c'est parceque c'est interdit de le vendre!!
La ciguatera est un risque pourtant retrouve dans bien d'autres poissons que nous consommons quotidiennement...

6.Posté par legendes..... le 13/02/2015 16:43
@loulou
il y a quinze ans personne ne pêchait de bouledogues, ça c'est une légende entretenue par les associations , mais......des pointes blanches oui !...et c'est pour ça qu'il n'y en a plus .

7.Posté par sitarane le 13/02/2015 16:56
la solution pour se rapprocher le plus possible du risque 0 c'est çà: https://www.facebook.com/ecosharkbarrier?fref=ts

la pêche y serve rienke y gave band zozo, un requin 2000€?!!! n'importe quoi!!
La region y donne 10 millions, arrête gaspille l'argent, les études, la pêches y servent à RIEN!!!

8.Posté par Zoé le 13/02/2015 17:21
Et donc...si l'espèce partage des trais communs avec ses congénères du Mozambique et de l’Afrique du sud c'est qu'elle est bien migratrice, pour faire ce capital génétique commun.
A quand les analyse du bouledogue en Australie et brésil?
Ce poisson (requin) est une espèce vielle de près de 100millions d'année sur terre (sans qu'elle n'est évoluer de façon radicale)...soit 2000fois plus vielle que le cro-magnon (nos ancêtres)(44000ans).
C'est vraiment abusé de se permettre d'en tuer pour une raison futile. Une poignée d'abrutis récalcitrant. Mais bon c'est bien avec l'hypocrisie de la société qu'on permet de faire ça. Si encore on les tuaient pour les manger, mais même pas, on leur en veut juste d'exister...

9.Posté par le 4ème facteur ... le 13/02/2015 17:30
Il y a aussi quelques en...foirés qui ont apatés les requins pour plonger avec.
Une pratique très dangereuse qui habituent les requins à " homme = nourriture " .
Ils ne l'avoueront pas mais j'espère que de temps en temps ils ont du mal à s'endormir ...

10.Posté par Laïcien le 13/02/2015 20:53
Impossib de mark tout lé rokin dann' l'eau ,, néna i ça fait bouf à zot par lé rokin ,,

11.Posté par kld le 13/02/2015 21:05
post 4 , bravo , merci de rappeler l'inanité de commentaires d'ex surfeurs nouveaux politicards !!!!!! We love tre true !!!

12.Posté par Jean François le 13/02/2015 23:52
Ce soir j ai regarde le grand journal ,il y avait Paul Watson . le gars est Cool en fait . Je l ' aime de plus en plus !!!

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