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Fatiguée de son mari violent et atteint d'Alzheimer, elle l'étouffe avec un oreiller

Lundi 20 Novembre 2017 - 17:59

Cet après-midi s’est ouvert aux Assises le procès de Marie Yolande Sinama, accusée d’avoir étouffé son mari atteint de la maladie d’Alzheimer.


C’est libre que Marie Yolande Sinama s’est présentée à la barre, après avoir passé 7 mois en détention provisoire à Domenjod. La gramoune de 75 ans déclare "je l’ai aimé, on a eu des enfants ensemble mais il y avait des hauts et des bas".

C’est après une soirée passée en compagnie d’amis que le couple se dispute le 4 octobre 2015 à Pierrefonds. Est-ce que la victime, Yvon Sinama a chuté ou a-t-il été poussé, il a en tous cas été retrouvé mort en position allongée sur le dos. Sa femme reconnait finalement avoir étouffé le gramoune  à l’aide d’un oreiller.

Une "tentative de suicide"

Pourtant, au début de l’enquête la gramoune évoque une "tentative de suicide" et a visiblement rangé le domicile conjugal pour faire disparaître toute trace de lutte.  "Je n’avais pas l’intention de le tuer" déclare-t-elle aujourd’hui à la barre.

Par "des hauts et des bas", les enfants de Marie Yolande Sinama décrivent plutôt un quotidien empreint de violences conjugales et d’alcoolisme. L’homme était également atteint de la maladie d’Alzheimer, une pathologie lourde à supporter pour sa femme. "Elle ne comptait plus les nuits ou elle avait du dormir dehors pour éviter les coups" déclare l’enquêteur qui a reçu sa déposition.

Seule à assumer au quotidien la maladie d’un mari violent et diminué

Après 50 ans de mariage, l’homme était devenu incontinent et nécessitait des soins lourds de la part de son épouse. Seule à assumer et fatiguée de la situation, elle avait fait une demande de placement en établissement de soins. Demande restée stérile jusqu’au moment du drame.

Quoi qu’il en soit, le médecin légiste a conclu que le décès résultait d’une "forte compression et d’une strangulation manuelle". "Je voulais juste qu’il arrête de parler" a expliqué Marie Yolande Sinama aux enquêteurs. Elle aurait vraisemblablement étranglé d’abord son mari, puis a fini de l’étouffer avec un oreiller.

Déjà affaibli par sa maladie, une insuffisance respiratoire due au tabac et une corpulence chétive, l’homme a finalement succombé cette nuit-là. Autre point que devrait éclaircir le procès, la dose de médicaments traitant l’Alzheimer retrouvée lors des analyses toxicologique, 100 fois supérieure à la normale.

Jugée pour meurtre, elle risque la réclusion criminelle à perpétuité. Elle sera fixée sur son sort demain après-midi.
Laurence Gilibert - laurence.gilibert@zinfos974.com
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