Economie

La filière canne-sucre: Un poids dans l’économie modeste mais prédominant dans l'exportation

Jeudi 24 Novembre 2016 - 10:50

La filière canne-sucre: Un poids dans l’économie modeste mais prédominant dans l'exportation
Alors que la filière canne-sucre va devoir faire face à la libéralisation du marché européen du sucre en 2017, l'IEDOM* a publié une note visant à mieux comprendre le poids de cette filière et son fonctionnement dans le département, ainsi que dans son environnement européen et international. 

Il ressort tout d'abord de cette étude que la canne est au coeur du modèle économique agricole réunionnais. En 2015, ce sont ainsi 3 084 exploitations qui ont livré leurs cannes aux usines sucrières, soit 39 % du nombre total d’exploitations agricoles dans l’île. Des exploitations se caractérisant par leur faible dimension moyenne (7,6 ha) et leur nature familiale.
 
3,4 % du chiffre d’affaires de l’économie marchande

Par ailleurs, la culture de la canne couvre 57 % de la surface agricole utilisée (24 336 hectares) et joue un rôle important au sein de l’économie agricole réunionnaise en ce qu'elle sécurise le revenu des agriculteurs par sa vente à prix garanti et la grande facilité d’adaptation aux contraintes climatiques. 

Toutefois, si la filière canne-sucre occupe une place importante dans le paysage agricole et industriel réunionnais, son poids dans l’économie globale reste modéré, souligne l'IEDOM. A titre d'exemple, le chiffre d’affaires est estimé à 630 millions d’euros en 2011, soit 3,4 % du chiffre d’affaires de l’économie marchande pour cette même année. La filière présente aussi un bilan mesuré en termes d'emploi, avec un peu moins de 6000 emplois directs à temps plein (en 2013), et, en globalité, 11.500 personnes qui travaillent pour cette filière.

Mais parallèlement, la filière est le premier secteur exportateur de l'île, rappelle l'IEDOM, alors que la moitié du sucre exporté est destiné à être raffiné. 

Une dépendance envers les décideurs publics amenée à s'accroître

Avec la réforme dont la date est fixée au 1er octobre 2017, qui prévoit la fin des quotas et des prix de référence, la filière va voir sa dépendance envers les décideurs publics s’accroître ces prochaines années, précise l'IEDOM. L’État français va d'ailleurs allouer une aide complémentaire de 38 millions d’euros aux industriels des DOM, "afin d’assurer des débouchés au sucre destiné à être raffiné, et à peser politiquement dans les négociations des futurs accords commerciaux entre l’UE et des pays producteurs de sucre (Brésil, Inde et Australie) pour les exclure du marché européen des sucres spéciaux".

Pour finir l'IEDOM indique que les mouvements de prix du sucre et leur volatilité ne devraient pas avoir de conséquences à court terme sur le prix de la matière première.

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*Institut d'émission des départements d'outre-mer, L’IEDOM assure le rôle de banque centrale dans les cinq départements d’outre-mer (Guadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion, Mayotte), ainsi que dans les collectivités de Saint-Pierre-et-Miquelon, Saint Barthélemy et Saint-Martin, dont la monnaie est l’euro
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1.Posté par cmoin le 24/11/2016 12:20

Cette filière ne vaut rien sans les millions de subventions et aides,il faut arrêter avec ca!Arrêter de les aider!

2.Posté par que dire le 24/11/2016 12:43

mouais c'est pour ça qu'on importe le sucre blanc parce que l'on a pas de raffinerie on paye de l'octroi de mer sur un truc produit à la réunion !!

3.Posté par Moin mi di le 24/11/2016 19:03

@1
Fo arrêter le bashing à tout donc sans réfléchir.
Ou préfére 20 000 personnes sans ressources ?
Ou préfére achéte manger ek Maurice ou Mada ?
Toute pays i subventionne zot agriculteurs.

4.Posté par Zozossi le 24/11/2016 19:48

La solution : sortir de la prison eurocratique pour retrouver sa souveraineté française et aider nos planteurs !

Sachez pour qui voter…

5.Posté par DUDULE974 le 24/11/2016 19:51

La filière canne-sucre renvoie la Réunion à ces amnnées noires de l'esclavage et de l'Engagisme.Elle ne vaut rien sans les subventions de l'Europe et menace directement l'écologie de notre ile:pollution des sols par les produits phytosanitaires,gaspillage de l'eau,pollution par les boues de station d'épuration acceptées par la filère canne,exploitation de la misère en sous payant les coupeurs de canne.La filière canne-sucre est un fléau pour notre ile et devait faire partie de notre passé.Elle ne subsiste que par les grands propriétaires qui se gavent des subventions européennes.

6.Posté par Tout est dit le 24/11/2016 23:40

Aucune retombée économique localement, juste 200 millions de subventions englouties par Tereos chaque année.

7.Posté par Pamphlétaire le 29/11/2016 18:45

Depuis 2007, le géant français du sucre et d’éthanol, la coopérative agricole Tereos, contrôle une société mozambicaine. Tereos exploite la sucrerie de Sena et possède un bail de 50 ans (renouvelable) sur 98 000 hectares au Mozambique. Le contrat passé avec le gouvernement prévoit une réduction de 80% de l’impôt sur le revenu et l’exemption de toute taxe sur la distribution des dividendes. Résultat : Tereos International réalise un profit net de 194 millions d’euros en 2010, dont 27,5 millions d’euros ont été rapatriés en France sous forme de dividendes. « De quoi mettre du beurre dans les épinards des 12 000 coopérateurs français de Tereos », ironise le journaliste Fabrice Nicolino. Soit un dividende de 2 600 euros par agriculteur français membre de la coopérative. Pendant ce temps, au Mozambique, grèves et manifestations se sont succédé dans la sucrerie de Sena : bas salaires (48,4 euros/mois), absence d’équipements de protection pour les saisonniers, nappe phréatique polluée aux pesticides... Ce doit être l’esprit coopératif.

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