Social

La descente aux enfers d’un pâtissier “viré” de son “travail”

X a 38 ans, Il (sur)vit au Port. Il travaillait comme pâtissier dans une coopérative industrielle de l’Ouest. Le 3 novembre, il a été licencié. En proie à une difficile séparation, le 4 novembre à 16 heures, il a tenté de mettre fin à ses jours. Après des semaines de coma et de chirurgie, recueilli par un cousin, X a voulu témoigner…


X était pâtissier dans une entreprise, remise sur pied, grâce à l’argent de la Coopérative ouvrière de La Réunion (COR) créée elle-même en 1992 par 226 dockers, des responsables du PCR et de la CGTR Ports et docks.
A titre de rappel à partir de 1994, 204 dockers ont été “virés” du capital de manière apparemment illégale. Ce contentieux est désormais devant la Commission d’arbitrage de la Confédération générale des Scop. Le délibéré qui devrait intervenir vers le 22 décembre, devrait être suivi d’une plainte au pénal. Affaire à suivre…
Revenons à la coopérative industrielle de pâtisserie et boulangerie à la direction de laquelle se trouve un parent par alliance du PDG de la COR. Comme pour les dockers, au delà du manque de respect envers la personne humaine, il y a surtout le traitement auquel est soumis le personnel.
“La coopérative a signé une convention pour prendre quatre stagiaires. La direction fait tout qu’ils partent avant la fin du contrat, fin de janvier 2009. Un apprenti a déjà quitté l’entreprise”.
Pour X, la situation est différente. Salarié de la structure et en proie à des difficultés conjugales, “deux fois, moin l’a demandé pour sortir, la direction a dit oui”. Mais vers la fin d’octobre, il est convoqué pour un entretien préalable à son licenciement “parce que mi sortait trop”.
X a tenté d’expliquer que sa situation est difficile et qu’il a besoin de travailler. “La direction aurait pu l’écouter. X, c’est quelqu’un qui ne comptait pas ses heures. Il utilisait sa voiture personnelle pour faire les livraisons en retard. Ses nombreuses heures supplémentaires n’étaient pas payées, et son essence non plus”, raconte un ancien employé de la coopérative qui tente de lui trouver le soutien d’un syndicat.
Le 3 novembre, X est licencié. Le 4 novembre à 16 heures, il avale une substance similaire à de l’acide ou de la soude, achetée trois semaines auparavant. C’est lorsque qu’il a vomi du sang et que la souffrance a été trop forte qu’il a appelé son cousin à l’aide.
X en a réchappé, à l’exception de sa trachée artère et de son appareil digestif. “Mi mange et mi boit grâce à une perfusion”. X a également un trou d’un centimètre de diamètre dans un poumon. “Mi connaît pas si un jour, mi pourra remanger normalement”.
A sa sortie de l’hôpital de Terre-Sainte, Saint-Pierre, X toujours actionnaire de la coopérative industrielle, mais licencié de son entreprise, est désormais sans ressources. “Il n’a pas encore reçu son solde de tout compte. Il ne peut même pas prétendre à l’Assédic”, constate son ex-collègue.
Si X a souhaité raconter son histoire et dénoncer les conditions de travail au sein de la coopérative, c’est pour éviter qu’un autre de ses ex-collègues n’en arrive à des gestes aussi extrêmes.
X a choisi de témoigner parce qu’aujourd’hui, d’une part, il assume son geste “c’est fait, c’est fait”, et d’autre part, parce qu'il a décidé de se battre pour survivre et vivre…
Mardi 16 Décembre 2008 - 12:18
Jismy Ramoudou
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1.Posté par denis le 16/12/2008 16:35
Ca fait toujours mal de lire que des trucs comme cela arrivent dans une société "avancée".

2.Posté par Curebien le 16/12/2008 18:16
Mais où va t'on, où va t'on!!!

3.Posté par Gérard Manvussa le 16/12/2008 21:55
Le ptit colon est toujours celui qui paye le plus à la vie. Bon courage.

4.Posté par Alisée le 17/12/2008 13:20
Peut-on l'aider d'une manière ou d'une autre?

5.Posté par Zorro le 17/12/2008 16:50
Une société "avancée" à la réunion... depuis quand?
Nous ne sommes que dans une société post-coloniale, et encore je m'avance beaucoup!

6.Posté par Miréla le 17/12/2008 21:43
C'est une société décalé qui ne prend tout simplement pas en compte les sentiments des hommes. On doit travailler pour vivre et non vivre pour travailler. On nous prend pour des bétes a cornes avec des horraires de travail pas possible et des salaires minimes. Cela ne peut plus continuer! Mais ou va t-on? Je crois qu'on cours à notre propre perte en agissant ainsi. Les plus gros profitent sur les plus faibles et y a personne pour nous proterger. Cette homme n'aurait pas due en arriver là si au moin la société ou même un simple organisme l'avait aider et soutenu.... Reunionnais réunnionnaises, soyons enfin solidaire et dénoncons de genre d'injustice!

7.Posté par Mlle le 18/12/2008 07:47
Tout cela est inacceptable!Ces hommes bossent comme des malades - 1 homme travaille pour 2 voir même 3.Et tout cela pour un salaire ridicule comparé à ce kil font.Ils passent une grande partie de leur temps au boulot.Et la famille dans tout ça!Trouvez-vous cela normal qu'un enfant qui a besoin de son pére et qui ne peut même pas le voir parcequ'il part trés tôt le matin pour arriver tart le soir ?Pour le consoler naturellement on va lui dire que papa travaille pour nous nourrir......alors qu' en réalité ces heures sup ne sont pas rénumérés!La situation est critique et pourrait nuire à la santé de ces hommes - moral comme physique.Un bonhomme n'est pas une machine!Il a besoin de reconnaissance et non d'être harceler à tout bout de champ.Il faut que tout cela cesse!!Je témoigne en connaissance de cause.

Courage à Monsieur X.

8.Posté par Traine Savate le 18/12/2008 08:14
Exploité par une société coopérative ouvrière de production.........c'est un comble et c'est honteux......à croire que la notion de coopératif n'était qu'un habillage pour bénéficier d'avantages fiscaux comme l'absence de taxe professionnelle !!!

9.Posté par Sarah le 18/12/2008 13:54
Ma lu l'article mais ma surtout vu la video et la mon coeur i faiblit quand mi entend monsieur X Mais où sa l'inspection du travail i lé ? Pas normal que de nos jours i existe encore travail na point l'heur pou sortir !!!! i veut tué de moun koié ? Non franchement sa c'est un zafair i fo met o grand jour sa i fo tout Réunionais i connait zistoir monsieur X Parce que demain matin un autre ki sera dans le même cas o point de vouloir en finir i fo li connait que néna de moun lé la pou aide à li Personne i devrait ferme le yeux la dessus la crise lé là le chomage lé là depuis lontant MAIS à 2 jours du 20 décemb rassure à moin L ESCLAVAGE la fini NON ?

10.Posté par denis le 18/12/2008 17:21
Post 5. Je ne sais, Zorro, c'est ce qu'"on" veut nous faire croire, non?

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