Société

La coopérative des dockers a-t-elle chassé ses vieux démons ?

Il y a tout juste un an, les dockers de la Coopérative ouvrière réunionnaise COR-RSM (Réunion service maritime) se rebellaient en faisant fuir leur directeur. Ces derniers lui reprochaient de leur avoir caché, pendant des années, les résultats réels des efforts de leur travail. Pire, ils avaient soupçonné qu'une partie des dividendes de la coopérative ait alimenté les fonds d'autres sociétés montées par leur même ancien directeur. Aujourd'hui, la transparence peine à percer.


La coopérative des dockers a-t-elle chassé ses vieux démons ?
Nous sommes le 28 juin 2011. L'ensemble des dockers de la COR, coopérative spécialisée dans l'aconage de navires de vrac comme le charbon au Port, débrayent et convoquent la presse. Voilà deux semaines que leur directeur, un certain Jacques Virin, ne s'est plus présenté à son bureau. Seule sa voiture de fonction est restée en l'état, dans la cour de l'entreprise, ce qui fera jaser les ouvriers, rigolant d'avoir vu leur chef détaler dans la précipitation.

Leurs mots sont assassins face aux dérives supposées de celui qu'ils appellent encore leur "directeur". Leur récit suffit à l'époque à donner l'ampleur des malversations supposées. Avant le départ précipité de Jacques Virin, des huissiers s'apprêtaient à venir saisir les documents administratifs de la société. "Jacques Virin s'est arrangé pour faire place nette", racontent les dockers.

Les reproches se font plus précis : "Des investissements auraient été réalisés hors de l'intérêt social pour lequel a été créée la coopérative", avancent-ils. Des "collusions d'intérêts familiaux entre la COR et son ex-directeur" sont évoquées. Une procédure au pénal mais également au civil est alors envisagée, à chaud. Un an plus tard, que reste-t-il de ce soulèvement ? Malgré nos sollicitations répétées, la présidence du conseil d'administration de la COR ne nous a pas accordé le privilège d'obtenir des éléments précis et attendus également par les dockers.

Sur Zinfos, nous évoquions déjà en 2009 la constitution de ce collectif composé d'une centaine de dockers de la COR qui avaient été débarqués sans ménagement par l'ancien directeur. Certains professionnels évoquent comme seule raison évidente le fait qu'ils "posaient trop de questions à l'ancien directeur, alors ça dérangeait, forcément". Depuis, les combats des uns et des autres se sont morcelés. Pour certains, réintégrés, le bras de fer relève du passé.

L'esprit participatif et égalitaire de la COR a été brisé par la privatisation d'un seul homme

L'un des seuls qui soit allé au bout de sa démarche reste Jean-Bernard Gaillac, ancien docker à la COR et ex-délégué CGTR. Les nouvelles sont d'ailleurs toutes fraîches le concernant. Fin juin, "la Cour de cassation de Paris m'a donné raison". Depuis son éviction de la coopérative par l'ancien directeur, le docker a mené une lutte judiciaire acharnée pour faire reconnaître son statut de simple salarié, c'est un fait, mais aussi celui d'actionnaire de la COR. Tout comme les autres petits actionnaires floués, il ne cesse de réclamer les fruits de ses investissements dans la coopérative. En vain pour l'heure.

Selon nos informations, une procédure au pénal aurait été engagée contre Jacques Virin, mais l'information n'est visiblement pas arrivée aux oreilles des dockers déchus à l'époque. "La nouvelle direction, qui a affiché l'année dernière sa rupture avec le système Virin en le dénonçant avec les dockers, est devant le fait accompli. A la suite de la décision favorable de la Cour de cassation à mon endroit, il s'agit pour moi de savoir si cette nouvelle direction suit la logique de l'ancien système en me poussant de nouveau en appel ou laisse tomber…" évoque Jean-Bernard Gaillac, "car il faut comprendre que j'ai attaqué l'entité "la COR" et non Jacques Virin personnellement".

Après un an d'exercice, la transparence tant attendue par les anciens dockers de la coopérative se fait attendre. Pourtant, au moment de son lancement fortement appuyé en 1992 par le PCR, la COR avait donné l'espoir à ses dockers de devenir maîtres de leur outil de travail sous la forme justement de coopérative. Un statut particulier et innovant qui faisait grandement rêver dans le port, à l'époque.
Mercredi 4 Juillet 2012 - 07:20
ludovic.grondin@zinfos974.com
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1.Posté par docker abusé le 05/07/2012 15:51
Avec 1 million de défici au 31 décembre 2011 et 500 000 euro de défici au 31 mai 2012, licenciement collectif en vu et redressement judiciaire en cours. On pourra s'attendre dans les jours qui vienne un blocage du Port. Courage

2.Posté par Noë le 13/07/2012 16:42
Mr Gaillac vous n'aurait rien car les caisses sont vides. Le déficit est largement beaucoup plus important que 1 000 000 millions euros. Où est passé l'argent des dockers ? Le Port est assis sur une poudrière, à la moindre étincelle, ça explose.

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