Faits-divers

La Réunion "relativement préservée" par les trafics de stupéfiants

Dans de nombreux faits-divers, les produits stupéfiants sont détectés sur les auteurs d'agressions. Pour autant, la Réunion est-elle vraiment concernée par des trafics de stupéfiants à grande échelle comme chez nos voisins mauriciens ou malgaches ? Du fait de son implantation géographique, de sa fréquentation touristique différente et d'une activité de plaisance quasi-inexistante, notre île est "relativement préservée" des réseaux structurés liés à la criminalité organisée.


La Réunion "relativement préservée" par les trafics de stupéfiants
Nombreux sont les faits-divers où les auteurs agissent sous l'influence d'alcool ou de produits stupéfiants comme le Rivotril, l'Artane, le zamal… mais très rarement sous l'influence de drogues dites "dures" comme peuvent l'être la cocaïne, l'héroïne ou le crack, très répandues dans les départements d'outre-mers aux Antilles. "Effectivement, être sous l'influence de substances psychotropes facilite le passage à l'acte. Il y a ce que l'on appelle un effet désinhibiteur (…). Après, quand une personne est sous influence, il est toujours difficile de faire de prime abord la distinction entre du Rivotril de l'Artane, du rhum ou du zamal", explique le Chef d'escadron de la gendarmerie de la Réunion, Joël Kerleau.

Si la part d'auteurs d'agressions ayant agit "sous influence" est importante, la Réunion reste en dehors des réseaux de trafics de drogue structurés. "Dès l'instant où il y a cession, offre ou revente on parle de trafic. Mais entre établir des trafics bien organisés, structurés qui révèlent de la criminalité organisée et du "dépannage", il faut savoir faire la différence. Parler d'un trafic de grande ampleur à la Réunion je ne pense pas", précise-t-il.

"On n'a pas les mêmes problématiques qu'à Maurice. Maurice est confrontée à une recrudescence de drogues dites dures comme l'héroïne et la cocaïne que nous n'avons pas ici. On a quand même quelques éléments et effractions sur l'île, mais cela reste marginal", ajoute-t-il.

Mais alors pourquoi une telle différence entre la Réunion et nos voisins malgaches ou mauriciens, confrontés à des trafics de plus grandes ampleurs ? "Il y a des différences entre la Réunion et Maurice. D'une part sur la qualité des forces de police. La police, la gendarmerie, la PAF (ndlr: Police de l'air et des frontières), les douanes sont très présentes à la Réunion. Il reste deux entrées possibles sur notre territoire, le port et l'aéroport (…). Du côté du tourisme, la Réunion n'a pas la même fréquentation touristique, elle n'est pas comparable avec Maurice (…). Après, nous avons toujours la situation locale liée à la culture. Ici on est plutôt sur l'alcool et le zamal. Après, il est vrai que nous avons une problématique propre ici sur l'Artane et le Rivotril qui viendrait de Madagascar", souligne le Chef d'escadron Joël Kerleau.

"Nous ne connaissons pas le phénomène du crack comme aux Antilles où la délinquance est violente"

Concernant le Rivotril, médicament indiqué dans le traitement contre l'épilepsie, sa délivrance a été encadrée et soumise à une prescription sous ordonnance sécurisée en France. A Madagascar, il a été purement et simplement interdit à la vente. "Il est désormais contrefait avec toutes les implications qui en découlent", précise le gendarme. Pourtant, les trafics entre la Grande Ile et la Réunion existent. En juillet dernier, une "mule" a été arrêtée à l'aéroport Roland Garros avec 5.000 cachets d'Artane et de Rivotril dans ses bagages. "Il y a du trafic. On en trouve. Mais on ne peut parler pas de réseaux structurés comme il en existe en métropole. Cela reste très résiduel", explique-t-il.

"Pour résumer, la présence de substances psychotropes est avérée, cela va de l'alcool au zamal en passant par l'Artane ou le Rivotril. Nous ne connaissons pas le phénomène du crack comme aux Antilles où la délinquance est violente. La principale explication est la zone géographique. Aux Antilles et à Maurice, l'activité de plaisance est active ce qui implique plus de trafic. La Réunion est un caillou au milieu de l'océan. On demeure à l'heure actuelle relativement préservé des trafics de stupéfiants à la Réunion", conclut le Chef d'escadron Joël Kerleau.
Mercredi 27 Février 2013 - 16:52
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1.Posté par Jojo le 27/02/2013 22:11
Faire la lutte contre le Zamal, c'est ouvrir petit à petit la porte pour les drogues dures.

2.Posté par noe le 28/02/2013 04:57
Chez nous , on n'aime pas trop les grosses drogues mais les tikalités et le rhum entre copains ! beaucoup moins dangereux à fumer et à boire , n'est-ce pas ?

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