Société

La Réunion, l'alcool et les jeunes…

Les Réunionnais sont confrontés à la boisson en moyenne bien plus tôt que les métropolitains, selon les derniers chiffres rapportés par l'Inpes (Institut national de prévention et d'éducation pour la santé). L'alcool, en plus de revêtir un aspect culturel, semble aller de pair avec une transmission des modèles de références, adultes et dalons. Entre la petite "cuite", et l'ingurgitation massive et répétée de boissons alcoolisées, il y a une marge, mais dans les deux cas, les risques d'addiction et de dérapage existent.


La Réunion, l'alcool et les jeunes…
 
Qu'importe le flacon pourvu qu'on ait l'ivresse… L'image d'Alfred de Musset résonne avec harmonie, mais la réalité de la situation réunionnaise sur le problème alcool n'a plus grand chose de poétique. L'île est encore pointée du doigt dans le dernier rapport de l'Inpes qui fait part de données accablantes.

La Réunion y figure à la seconde place des régions les plus touchées de France, avec une mortalité directement liée à l'alcool "supérieure de 70% à la moyenne nationale", avec environ 268 décès par an. Les morts de cirrhoses du foie et de psychoses alcooliques y seraient deux fois plus élevées que dans l'Hexagone. Des chiffres qui restent désespérément stables depuis le début des années 2000.

Si ce problème de santé publique majeur est connu et reconnu, il apparaît qu'il concerne les jeunes, non de façon plus importante, mais plus précocement. En effet, selon l'Inpes, 31% des Réunionnais de 13 ans auraient déjà été ivres, pourcentage qui grimpe à 44% sur la tranche des 14-15 ans, et 80 % des filles comme des garçons entre 13 et 15 ans, ont déjà bu un verre.

C'est quasiment deux fois plus que les métropolitains du même âge, si l'on considère qu'à 13 ans, 16% "seulement" des mineurs ont connu l'ivresse. Pourtant, à proprement parler, les jeunes de la Réunion ne sont pas plus "dévergondés" qu'ailleurs, ils seraient même plus sages si l'on peut dire, avec une consommation de tabac, de cannabis et autres stupéfiants moins élevée.

Histoire de culture…

Boire, c'est d'abord culturel. Jasmine Hoareau, animatrice de prévention à l'Anpaa (Association Nationale de Prévention en Alcoologie et Addictologie) le constate régulièrement auprès de son public adolescent et pré-adolescent.

"L'alcool est bien sûr très ancré dans la culture, et ça devient de plus en plus un phénomène de mode. Les jeunes prennent pour modèles des gens de leur entourage, parents, camarades et se laissent entraîner. Il y a une pression des copains", explique-t-elle. Parfois, c'est même avec l'aval des parents que les jeunes se laissent aller sur la bouteille. "Maman préfère que je boive devant elle que dans la rue". Voici l'une des phrases que se remémore Jasmine Hoareau de son travail de terrain.

Le rhum reste l'alcool par excellence dans la consommation des Réunionnais, mais la fameuse "pile plate" tend à se faire détrôner par la bière et les trompeuses "soft-drinks", prisées des nouvelles générations pour leur saveur plus douce et sucrée, à l'exemple de la "Smirnoff Ice" ou de la "Desperados". Les mélanges détonants alcool fort et boissons énergisantes rencontrent également un certain succès. Et là, le flacon diffère mais l'ivresse est bien là, avec dans certains cas des conséquences dramatiques.

Car si les jeunes ne se sentent pas immédiatement concernés par les maladies dues à une longue consommation d'alcool, subsiste le risque du coma éthylique, de l'accident de la route sur fond d'alcool (dans la moitié des cas, les victimes ont moins de 25 ans selon l'ORS), ou encore des dérapages entraînant les faits-divers sordides qui alimentent inlassablement, semaines après semaines, les colonnes des journaux.

Parce que la consommation précoce d'alcool à la Réunion, et dans les DOM-TOM en général, a alerté l'Inpes, l'institut a décidé de la mise en place d'une campagne d'information spécifique aux problématiques locales avec la diffusion de son spot ["Boire trop"]url:http://www.boiretrop.fr/ , auquel les amateurs de cinéma et les télé-phages n'ont sans doute pas échappé. L'organisme lance actuellement une campagne pour promouvoir les services d'écoute et de suivi des personnes désireuses de freiner sur la boisson ou d'accompagner un proche.

La rak avant la tétine

Treize ans, c'est sans doute un peu jeune pour avoir fait l'expérience de l'ivresse mais les dégâts liés à l'absorption d'alcool peuvent se manifester avec plus ou moins d'importance, déjà in-utéro. Car alcool et grossesse ne font pas bon ménage du tout. En témoignent les 8.000 naissances françaises annuelles de "bébés Saf", des nourrissons atteints du syndrome d'alcoolisation foetale. Un chiffre encore largement sous-estimé, en l'absence de données fiables, et qui prend des proportions inquiétantes sur l'île.

"Ces bébés peuvent présenter des troubles du comportement, des malformations et un retard mental. Ils ne sont pas toujours diagnostiqués dans les maternités, où le personnel ne reconnait pas forcément les signes distinctifs du syndrome, d'où la difficulté de mettre des chiffres dessus", informe Alice Clotagapide, coordinatrice de l'organisme Reunisaf.

Première cause selon elle du syndrome d'alcoolisme foetal, le manque d'information. "On a tendance à minimiser les dangers de l'alcool pendant la grossesse en se disant qu'un verre ou deux ne fera pas de mal au bébé. Mais parce qu'il y a le risque de nuire au développement du bébé, on prône la devise des "neuf mois, zéro alcool". Je pense que si les femmes enceintes étaient conscientes du danger encouru par leur enfant lorsqu'elles boivent, elles s'arrêteraient".

Plus globalement, le nombre de décès directement lié à l'alcool des Réunionnaises est trois fois moins important que celui enregistré chez les Réunionnais, mais comme dans de nombreux domaines, et ce n'est pas en la faveur des femmes, l'écart se réduit…

Contact utile:
"Ecoute alcool" informe, soutien, conseille et oriente les personnes en difficulté avec l’alcool, et leurs proches 
Par téléphone au 0 811 91 30 30, (appel au coût d’une communication locale depuis un poste fixe)

Samedi 1 Octobre 2011 - 08:00
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1.Posté par noe le 30/09/2011 18:18
Trop de drames liés à l'alcool chez nous ... Il faut inverser la tendance ...
On constate que de nombreux jeunes , souvent avec la bénédiction de leurs parents , consomment les types de boissons alcoolisées sucrées ....ressemblant à de la bière mais qui titre 7 à 10 ° d'alcool pur ...le sucre fait consommer ....
Plus tard ce sera des boissons à 40 , 49 ou 55° d'alcool ....
Dommage pour notre belle jeunesse !!!!

2.Posté par sgeg le 30/09/2011 21:33
à part se starshooter à l'alcool et au tarpé (ou pire ) , elle à quoi comme perspective la jeunesse ?

3.Posté par Mokentole le 30/09/2011 23:35
Comme d'habitude, noe "bavarde" sur ce site et écrit tout ce qui lui passe par la tête, dans la rubrique "il faut que...". Seulement ce qu'il écrit là est faux. Le problème de l'alcoolisation excessive n'est pas une question de "degré d'alcool". Un bière à 4/5° = un rhum = un whisky = un verre de champagne, etc... (en doses "bar" évidemment). Pour tous les types de boissons alcoolisées, chaque verre contient 10 grammes d'alcool pur. Cela veut dire que boire 5 "dodos" est aussi néfaste pour la santé que de boire 5 rhums ! Il est temps qu'on prenne conscience de ça. Que nos jeunes boivent de la bière ou "des boissons à 40° d'alcool" ne change rien ; ce n'est pas le problème.

4.Posté par ndldlp le 30/09/2011 23:55
quand on songe à la bronca des politiques bidons de tout bord, suite à la position de l'ex sénatrice Payet..on comprend mieux la satisfaction de l'élection de trilaritron JF au poste, sûr que celle là n'aura pas le même courage ... quelle sera la position de MF ?? médecin de formation, faut il le rappeler...

5.Posté par tris974 le 30/09/2011 23:58
vive la gnôle, vive les apéros géants! à quand un grand rassemblement alcoolo-festif à la Réunion!?

6.Posté par David Asmodee le 01/10/2011 07:18
Encore un article raciste anti-réunionnais, écrit par une Dijoux de surcroit...
Sur le site de l'insee, il est dit exactement le contraire.
Mais il est bon de poursuivre la propagande de l'homme réunionnais zamalien, buveur, paresseux et macho.

http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?reg_id=24&ref_id=santc06201H
Nombre de décès dus à l'alcool : 86 en 2008
Chiffre de l'article : 268


Insee : http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?reg_id=24&ref_id=11104
"Résumé.L'usage du tabac, de l'alcool et du cannabis parmi les jeunes s'avère bien moindre à La Réunion qu'en métropole, avec des écarts de taux pouvant aller jusqu'à 20 points. L'expérimentation et l'entrée dans un usage régulier se font toujours un peu plus tard à La Réunion."

Les PDF sont accessibles et ouverts à tous.

Que se passe-t-il ? La journaliste s'est fait larguer par un beau réunionnais et elle se venge ?

7.Posté par nono le 01/10/2011 07:41
Il faut faire la différence entre un cognac et un rhum ....
un bon whisky de 20 ans d'âge et un mauvais ...
une bière de marque et un simple Dodo ...
un champagne et un simple mousseux ....

Il vaut mieux boire une boisson alcoolisée de bonne qualité qu'un pipi de vache ....ça ne fait pas le même effet sur la santé , sur le porte-monnaie , sur l'ambiance ... et puis ce n'est pas détecté par les alcootests les très bons ...
Beaucoup se trompe énormément !!!

8.Posté par Mokentole en colère le 01/10/2011 13:36
POST 6 : Voilà un post caractéristique de la mauvaise foi et de la manipulation. Mauvaise foi, parce il cite un chiffre de l'INSEE en l'extrayant de son contexte et qui plus est, non actualisé. 268 décès prématurés directement liés à la surconsommation alcoolique est une donnée récente et validée par les instances médicales et spécialisées en addictologie. Mais certainement que M.-je-sais-tout va nous prouver que les addictologues de la Réunion sont des ânes colonisateurs... je l'invite à consulter les sites de l'ORS, de la FRAR et quelques autres, qui ont des données fiables. Si j'en avais le pouvoir, je le condamnerais à un stage d'intérêt général dans un service de gastro-entérologie, pour voir combien et comment les personnes alcooliques meurent.
Mauvaise foi, car il place le débat de l'alcoolisation excessive à la Réunion et de l'article sur le terrain raciste (c'est vraiment n'importe quoi) et utilise la calomnie et le procès d'intention : ("la journaliste s'est faite larguer par un beau réunionnais et se venge")... Ahhhh, c'est de l'humour ?
Pour POST 7 on atteint le fond de la connerie. Un bon alcool est meilleur pour la santé qu'un mauvais alcool ? Ca, c'est de l'argument de pochard accroché à son comptoir. La molécule alcool (CH3CH2OH pour les chimistes) est la même dans toutes les boissons alcoolisées (même dans l'alcool ménager ou à 70° si ça vous tente) et c'est elle qui provoque des dégâts.
Mais vous avez certainement raison : continuons comme cela et on verra les résultats dans quelques années, ou avant. A propos, vous savez que vos marmailles des classes de collèges ont souvent de l'alcool dans leur sac et que régulièrement, certains arrivent bourrés en classe à 14 ou 15 ans à 8h00 le matin ? Faut vite leur donner du "bon alcool" et ne plus les embêter, les pauvres, puisque de toutes façons, c'est des histoires tout ça !

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