Politique

La Réunion et les DOM-TOM courtisés par les candidats à la présidentielle

J-83 avant l'élection présidentielle. Depuis près d'un an, le ballet des candidats au poste suprême se poursuit aux quatre coins du globe, pour tenter de conquérir le vote Outre-mer. Mais autant d'effort à séduire l'électorat ultra-marin en vaut-il la chandelle ? Le passé récent donne un début d'explication.


La Réunion et les DOM-TOM courtisés par les candidats à la présidentielle
Le poids des électeurs d'Outre-mer pèse peu par rapport à l'ensemble national : seulement 4%. Nos territoires ultra-marins n'échapperont pourtant pas cette année encore à la visite officielle de circonstance. Si pour certains candidats, les dates sont arrêtées, pour d'autres, le suspense reste de mise.

Commençons par le président sortant qui n'a toujours pas officialisé sa candidature. Dimanche dernier, c'est lors de son discours à Cayenne en Guyane qu'il a apporté quelques éléments sur la poursuite de sa tournée en Outre-mer. "Je me rendrai à la Réunion dans le premier semestre de cette année" a annoncé Nicolas Sarkozy. Belle lapalissade. Les fins observateurs y ont vu là le signe que l'intéressé prévoyait tout aussi bien de se déplacer avant le 1er tour de la présidentielle, tout comme quelques jours après une éventuelle réélection. La première formule semble quand même la plus probable, à moins que le chef de l'Etat ne considère son sort électoral déjà plié sous nos tropiques.

Son principal opposant est lui annoncé pour le 29 mars. Rappelons-nous que François Hollande a déjà passé l'étape obligatoire des Antilles en effectuant un tir groupé du 14 au 16 janvier dernier. Ne lui manque plus, façon de parler, que la Réunion et Mayotte pour en finir avec l'océan Indien et les DOM. En notant que les TOM sont souvent "zappés" par nos candidats au poste suprême.

Marine Le Pen est annoncée pour le 7 février sur le tarmac de l'aéroport Roland Garros. "Pas de souci à attendre au niveau de l'accueil" nous témoignait le numéro 1 local du FN Jean Claude Otto-Bruc. "Les forces de l'ordre seront plus vigilantes" nous disait-il, rassuré, début janvier. Les Réunionnais se souviennent sans doute de l'arrivée agitée lors de la venue de Jean-Marie Le Pen à Gillot, c'était dans les années 90.

Pas de souci d'accueil a priori pour le garant d'une "République Solidaire" Dominique De Villepin. Sa venue avait été timidement annoncée pour 2011 par ses représentants locaux mais il n'en a rien été. Encore trois mois pour transformer l'essai...

Dans la catégorie des "je suis déjà passé(e)" :

Jean-Luc Mélenchon a quant à lui largement pris les devants. Et de quelle manière. Le 17 avril 2011, il a atterri à l'aéroport Roland Garros pour rester deux jours sur notre île. Adoubé par le Parti communiste français, Jean-Luc Mélenchon se présentera en tant que candidat officiel du PC et du Front de gauche pour l'élection présidentielle de 2012. Raison pour laquelle il a rencontré lors de ses visites de terrain le leader du PCR Paul Vergès (Zinfos y était ).

Eva Joly, la candidate d'Europe Ecologie-Les Verts est déjà venue éteindre l'incendie au Maïdo, le 26 novembre dernier. N'ayant pas fait le voyage pour rien, l'ancienne juge d'instruction en a profité pour aller découvrir Mayotte sur les trois jours de son séjour indo-océanique.  

Le 15 Mai 2011, c'est le président du Modem François Bayrou qui posait ses valises vite portées par Thierry Robert et Michel Lagourgue. Les mots choisis par François Hollande aux Antilles ressemblent énormément à ce qu'avait pu témoigner le leader du Modem dans le hall de Roland Garros il y a un an. François Bayrou : "Je trouve que l'Outre-mer est une partie essentielle de la France. Cela nous donne quelque chose que les autres n'ont pas, cela nous donne une identité, une présence dans le monde. Pour moi l'Outre-mer n'est pas une charge".

"Le passage par l’outre-mer relève davantage du symbole"

Lors de l'élection présidentielle 2007, les 11 territoires ultramarins ont représenté plus de 1,5 million d'électeurs, soit 3,5 % des suffrages (selon les chiffres du ministère de l'Intérieur) sans compter les 1,8 million issus de la diaspora. Nicolas Sarkozy avait réalisé son meilleur score en Nouvelle-Calédonie avec 63 % des suffrages (contre 53% au niveau national). De son côté, sa rivale socialiste, Ségolène Royal avait signé de très bons scores à La Réunion (63 %) et en Martinique (60 %), au-delà des 47 % à l'échelle nationale.

Le vote ultra-marin a la spécificité de présenter un faible impact pour le FN, précise Bruno Jeanbart, directeur des études politiques chez Opinion Way cité par France 24. "Il se répercute généralement sur les deux grands partis l'UMP et le PS". Historiquement, la Polynésie, la Nouvelle-Calédonie ainsi que Wallis-et-Futuna sont majoritairement à droite tandis que les Antilles, La Réunion et Saint-Pierre-et-Miquelon sont fortement ancrés à gauche. "Quantitativement, les Ultra-Marins sont plus tournés vers la gauche. Et ce d’autant plus que La Réunion, la Guadeloupe et la Martinique sont bien plus peuplées que le reste des territoires et collectivités d'outre-mer". Mathématiquement, les collectivités d'outre-mer sont un vivier de voix non négligeable pour les candidats à la présidentielle. Pour qui concourt à l’Élysée, y faire escale est une étape obligée. Mais selon Bruno Jeanbart, "le passage par l’outre-mer relève davantage du symbole".

Quelque 2,8 millions d'électeurs issus des DOM-TOM, diaspora incluse, seront invités à prendre part à l'élection présidentielle française.
Lundi 30 Janvier 2012 - 07:34
ludovic.grondin@zinfos974.com
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1.Posté par "Réagissons !" le 30/01/2012 09:22
Cela tombe très bien, nous avons des questions fort embarrassantes à leur poser. Cela fera l'objet d'un très prochain courrier de lecteur.
Ras le bol de cette Réunion entièrement à part avec toutes ses spécificités de m... !

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