Société

La Réunion à la pointe de la recherche industrielle sur les peintures de bateaux


La Réunion à la pointe de la recherche industrielle sur les peintures de bateaux
Alors que se profile à horizon 2014 l’interdiction au niveau européen de recourir à la plupart des peintures "antifouling" (anti salissures) actuellement utilisées pour protéger les coques des navires des mers du globe, La Réunion se lance dans la course pour la mise au point d’un nouveau procédé qui pourrait être reconnu et décliné mondialement : c’est le projet Biopaintrop.

Toutes les coques de navires sont recouvertes d’une peinture qui les protège des microorganismes marins qui s’y fixent sans relâche. Nombre de navires européens sillonnant les mers du globe seront bientôt hors la loi. Puis ceux du monde entier si les autres pays se rallient à la directive européenne interdisant dès 2014 le recours
à la plupart des peintures antifouling actuelles (ou anti salissures), considérées comme polluantes
pour nos océans.

En termes de business, ce sont 77 000 tonnes // 77 millions de litres de peintures qu’il va falloir remplacer.

Dans les océans, de nombreuses espèces présentent naturellement un système de protection contre ces micro-organismes, comme les éponges.

Le projet Biopaintrop consiste à s’inspirer de cette capacité naturelle d’auto protection de certaines espèces marines et s’appuie sur les richesses infinies de la biodiversité marine locale pour trouver et isoler les molécules naturelles qui, mélangées à une peinture de base, protégeront, sans polluer la mer, les coques de nos navires.

Dotés de ressources quasi illimitées et si mal connues, nos océans tropicaux peuvent aussi devenir une incroyable source d’innovation et de business, générant des solutions techniques que le respect de notre environnement nous impose et que le monde entier attend. De l’eau qui vaut de l’or.

S’il associe différents partenaires réunionnais et métropolitains, Biopaintrop est piloté de notre île. C’est la première fois qu’un projet de cette envergure est confié par l’ANR à un DOM. C’est le signe incontestable de la capacité de recherche réunionnaise et des immenses possibilités qu’offre sa biodiversité.

Encadré et mis en scène par Qualitropic, le projet est porté par l’ARVAM (structure valorisant les ressources marines côtières de La Réunion, à (re)découvrir sur arvam.com).

Les autres partenaires, tous sélectionnés pour leurs compétences spécifiques à l’enrichissement du projet sont, à La Réunion :
- l’Université de La Réunion (Laboratoire de Chimie des Substances Naturelles et des Sciences des Aliments)
- Bioalgostral, PME réunionnaise spécialisée dans la culture des algues marines

Et en métropole :
- Nautix, une PME bretonne spécialisée dans les peintures de navires
- L’Université de Bretagne Occidentale
- L’Institut Pasteur de Lille
- L’Université de Toulon Sud

Bras armé de la recherche en France, l’ANR lance chaque année des appels à projets sur des sujets bien précis. Dans la catégorie CD2I (Chimie Durable Industrie Innovation), La Réunion s’est portée candidate en présentant BIOPAINTROP en 2011 et a été retenue (ainsi que 9 autres projets) parmi les 45 dossiers en compétition. C’est le signe tangible de la capacité d’innovation de notre île et de la qualité de ses équipes.

Qualitropic, le seul pôle de compétitivité des DOM

Pour rester compétitives, gagner des parts de marchés et créer de l’emploi, les entreprises doivent
innover. A La Réunion comme ailleurs.

Pour accélérer le processus et l’étendre à un maximum d’entreprises, une autre source de matière grise existe, un terreau fertile à la disposition des entreprises : les centres de recherches, les laboratoires, les universitaires…

Qualitropic est un metteur en oeuvre : il permet à ces deux mondes de se rencontrer, de collaborer et de travailler ensemble. Le pôle travaille avec des entreprises principalement sur 4 domaines :
- La production agricole, halieutique et aquacole, par exemple la nourriture pour animaux
- L’alimentation, la santé humaine, le bien-être, par exemple dans la composition des produits de grande consommation
- Les biotechnologies, par exemple comment faire fabriquer par nos ressources vivantes de La Réunion (bactérie, champignon, plante) des molécules actives ayant des vertus industrielles, alimentaires ou cosmétiques
- L’environnement et le développement durable, par exemple faire évoluer les pratiques de productions plus respectueuses de l’environnement

Parce que le produit nouveau, celui qui va générer du business, viendra de la rencontre entre un scientifique et un industriel, entre un capital-risqueur et un chercheur, entre un laboratoire et un marché.
Mercredi 14 Mars 2012 - 16:29
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1.Posté par Boudinblanc le 14/03/2012 16:47
Elle est malheureusement pas à la pointe sur ce qu'il faudrait... Pas La Réunion elle même mais les dirigeants !

2.Posté par Jeff le 14/03/2012 17:46
Il y a aussi l'électroclean. Une onde diffusée autour de la coque qui empêche les algues et les anatifes de se coller à la coque. Une peinture de coque tous les cinq ans, faites le cacul.

Un bateau de 12m = 800€ minimum d'antifooling par an. Un électroclean = 1000€, c'est vite amorti, croyez mon expérience.

3.Posté par tonton le 14/03/2012 20:19
Peut être on pourra aussi developper une peinture pour eviter l'incrustation de politques !
Innombrable, les applications, ... les mairies de la France, le senat, etc..... et
un enorm potentiel à l"exportation !

4.Posté par Hervé le 15/03/2012 08:52
Plein de bonnes choses sont faites à la Réunion, sauf que les brevets ne sont pas utilisés ici, ils sont juste créer puis bye bye

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