La MCUR présentée à la Grande Halle de la Villette à Paris
Alors qu’hier après-midi se tenait à Saint-Pierre une réunion-débat contre la M.C.U.R, au même moment, de l’autre côté de l’équateur, Paul Vergès présentait le projet aux réunionnais de la Métropole. Ici, comme là-bas, même si le public avoue trouver le concept de la M.C.U.R séduisant, il n’en est pas moins inquiet de son coût qu’il juge élevé et trouve ses raisons d’être discutables.
C’est dans le cadre de l’exposition Kreyol Factory qui se déroule actuellement au Parc de la Villette, que l’équipe du Conseil régional est venue présenter la M.C.U.R aux Réunionnais de Métropole. Les moyens ont été à la hauteur du projet : projection, diapositives, maquette, distribution d’un petit sac en toile imprimé et cocktail offert. Mais toute cette attention n’a pas suffi à conquérir le public.
Un concept séduisant…
Au premier abord, la "Maison" a de quoi plaire. Le bâtiment, imaginé par l’agence X-TU, sera résistant aux cyclones et entièrement autonome en énergie. Son parking, quant à lui, sera équipé d’ombrières photovoltaïques. La Maison abritera des expositions temporaires, une bibliothèque en ligne, un salon de lecture, une galerie audio-visuelle, des salles de conférences, spectacles et débats, mais aussi un centre de conservation, une salle d’archives, des espaces pour enfants, des salles pour les chercheurs et artistes en résidence, et enfin des bars et restaurants. Présentée comme une "garantie de développement et d’unité pour le peuple réunionnais" par Alain Armand, vice-président à la Culture au Conseil régional, elle semble avoir été pensée dans ce sens. Pour enrichir le contenu de son musée, un long travail de collecte du patrimoine est en train de s’effectuer et lors de son ouverture, il est prévu d’enregistrer en temps réel les témoignages des visiteurs. Chaque année des actions seront menées auprès de la population et des écoles afin de recueillir davantage de témoignages et de rester au plus près de la réalité réunionnaise. Stéphane Hoarau, chercheur à la M.C.U.R, croit en ce projet "novateur, intéressant, et intelligent" et affirme avoir rencontré, parmi la diaspora réunionnaise, des personnes qui y trouveront une véritable utilité. "Beaucoup de Réunionnais ont voyagé dans les années 60 dans des cadres difficiles, on leur a demandé d’oublier ce qu’ils étaient avant. Ces Réunionnais ne savent pas forcément où trouver des sources d’informations. Avec la M.C.U.R., ils auront les réponses à leurs interrogations".
… au coût élevé …
Mais l’ampleur de ce projet appelle évidemment des moyens considérables pour le réaliser. Ainsi son coût est estimé à 90 millions d’euros qui seront financés par l’Etat à 8,14%, l’Europe à 21,35% et la Région à 70,52%, sans que l’on sache encore à combien s’élèvera le prix du ticket d’entrée. Des chiffres susceptibles encore d'augmenter, qui font bondir les réunionnais, surtout en ce temps de crise où ils estiment que les priorités sont ailleurs.
Dans le même thème…
… et dont les raisons d’être restent floues
A la Région, on pense au contraire que c’est le moment d’investir, voire de "dépenser" dans la culture. Et, pour se justifier, on rappelle les problèmes majeurs auxquels doit faire face le monde aujourd’hui : démographie, réchauffement climatique et mondialisation de l’économie… sans que le public ne saisisse véritablement le lien de cause à effet entre ces soucis et les raisons d’être de la M.CU.R ! D’autant plus que, lors du bref débat qui a suivi la présentation, lorsqu’un citoyen demande ce qu’il adviendra des autres musées moribonds, on élude la question et on répète à quel point ce projet est "nécessaire" et même "urgent", "à quel point l’histoire de la Réunion a été méprisée". L’occasion pour Françoise Vergès de reparler de l’esclavage, thème déjà abordé à de nombreuses reprises par elle-même et par son père lors de leurs discours respectifs. Cette partie du passé réunionnais apparaît d’ailleurs comme l’un des aspects les plus importants consacrés par le musée de la Maison. Mais Françoise Vergès refuse d’y voir un attachement au passé qui empêcherait de se tourner vers l’avenir. "La question n’est pas de se complaire dans le passé. C’est de le reconnaître et de le valoriser. C’est de remercier ces femmes et ces hommes car c’est aussi grâce à eux qu’on a un pays aujourd’hui qui s’appelle la Réunion et une culture réunionnaise". Un pays qui, apparemment, se nommerait désormais Larényon –dixit l’Office de la Langue - et dont la langue maternelle est indiscutablement le créole. Des prises de position qui ne font pas forcément l’unanimité… Dimanche 17 Mai 2009 - 09:50
Bérengère Lefèvre
Notez
Lu 1878 fois, cliquez sur une des icônes ci-dessous pour partager cet article avec votre communauté
Dans la même rubrique :
Françoise Vergès Vs Antoine Franco - 14/08/2009Le témoignage émouvant d'une expropriée par la MCUR - 17/05/2009Le "tiers état culturel" débat contre la MCUR - 12/05/2009Nouveau commentaire :
|
Recevoir le journal de Zinfos
Zinfos locales
Local
Assises/Verbard : Le pilote de l'hélicoptère pleure à la barre
|
|
Directeur de publication - Pierre DUPUY - Mél : pierrot.dupuy@gmail.com
Régie publicitaire : Inov Publicité - Tel : 06 92 70 84 60 - Mél : contact@inovpublicite.com Déclaration CNIL en cours 1474881
ZINFOS 97-4 SARL au capital 290 200 € inscrit au RCS de Saint-Denis - Siret N° 504 715 376
Adresse bureau : 3, cité Fontaine - 97400 Saint-Denis - Tel : 02 62 20 03 63 - Fax : 02 62 92 46 43 Gsm : 06 93 010 810 Mél : contact@zinfos974.com |
|



















