Société

La Fèt Kaf, vitrine insuffisante pour un "Maloya patrimoine de l'humanité"

Classé au Patrimoine culturel immatériel de l'humanité de l'Unesco depuis le 1er octobre 2009, le Maloya est plus particulièrement mis en valeur à l'heure de la Fèt Kaf, mais un peu laissé à l'abandon le reste de l'année. C'est l'opinion de Stéphane Grondin qui a publié cette année un ouvrage sur le Maloya. Il milite notamment pour la sauvegarde des connaissances qui entourent le Maloya traditionnel et œuvre pour la création d'une "maison du Maloya".


Firmin viry au Sakifo 2011
Firmin viry au Sakifo 2011
Hier soir, malgré la pluie, tous les servis kabaré de l’île ont résonné aux rythmes du Maloya. Chaque année, le 20 désamb’ est sans conteste la meilleure occasion pour les artistes réunionnais de faire vivre cette musique traditionnelle au passé chargé.

Transmettre, faire connaître le répertoire du Maloya, gagner un peu sa vie comme musicien, ou simplement pour le plaisir de fêter dignement la fèt’kaf,  les motivations des "maloyèrs" sont diverses et variées.

La plupart des musiciens qui s’investissent dans la maloya sont des amateurs, ils ne vivent pas de cette activité. Au mieux ont-ils le statut d'intermittents du spectacle et tournent avec plusieurs groupes musicaux aux quatre coins de l'île, plus exceptionnellement en métropole ou en Europe pour les plus connus. Certes, des artistes comme Danyèl Waro, Firmin Viry ou encore la famille "Lélé" font raisonner le Maloya au delà des frontières de l'océan indien, mais certains artistes regrettent le faible investissement des politiques péi alors que la musique traditionnelle réunionnaise est classée au patrimoine culturel immatériel de l'humanité de l'Unesco depuis le 1er octobre 2009.

Danyèl Waro
Danyèl Waro
La sauvegarde du Temple

C'est notamment le cas de Stéphane Grondin qui a publié cette année un livre sur le sujet : "Aux rythmes du Maloya" (lire ici). Pour lui il y aurait une sorte de récupération politique du Maloya.

De temps en temps, les politiciens feraient mine de s'y intéresser pour des raisons électoralistes mais personne ne se préoccuperait réellement de la "sauvegarde du temple".

Redécouvrir et transmettre les différents styles de Maloya, se réapproprier les danses ou la richesse des récits lyriques, partager une véritable authenticité autour des codes du "Maloya way of life", tout un projet qui semble difficile à mettre en œuvre dans le contexte actuel.

"Nous sommes encore trop souvent catalogués de joueurs de tam-tam" soupire Stéphane Grondin dont le destin est étroitement lié à des rencontres comme celle avec le "Lo Rwa Kaf", un des acteurs majeurs de la survie des traditions du Maloya à l'époque de la prohibition.

Maloya au clair de lune -SVT- Peinture à l'huile
Maloya au clair de lune -SVT- Peinture à l'huile
L'Unesco, un coup d'épée dans l'eau ?

L'homme continue à s'investir dans sa passion au sein des Maloyallstars mais ne cache pas son amertume en constatant que rien n'est réellement entrepris pour promouvoir le Maloya.

Selon lui, les groupes de musique seraient uniquement sollicités par les collectivités à l'approche du 20 décembre ou lors de rares occasions pour des animations de quartiers, par exemple dans le cadre de la fête de la musique.

Quoi qu'il en soit, le Maloya traditionnel aurait peine à exister selon Stéphane Grondin : "L'insciption au patrimoine mondial de l'Unesco a été un coup d'épée dans l'eau. Le jour J, c'était la jubilation et au final, c'est la déception" déplore-t-il.

Davy Sicard lors de la sortie de son dernier album : "mon péi"
Davy Sicard lors de la sortie de son dernier album : "mon péi"
Maloya traditionnel ou moderne métissé ?

Etre classé au patrimoine mondial de l'Unesco, cela signifie aussi que le Maloya doit tenter de s'ouvrir au monde. A l'export, le métissage, le mélange avec d'autres sonorités prend véritablement l'ascendant sur un Maloya qualifié de plus traditionnel.

C'est notamment l'exemple donné par des artistes comme Meddy Gerville ou Davy Sicard qui perpétuent ce métissage, comme l'ont fait Alain Peters ou René Lacaille avant eux.

Cet aspect "recherches-développement" du Maloya semble d'autant plus indispensable qu'il rencontre un franc succès auprès du public.

Il reste maintenant aussi à "faire vivre la musique des camps, des calbanons", celle des grandes plantations agricoles qui raconte l'histoire de La Réunion.

Stéphane Grondin
Stéphane Grondin
Une maison du Maloya ?

Finalement, son combat pour la sauvegarde du Maloya, Stéphane Grondin l'a imaginé à travers la création d'une "Maison du Maloya, un lieu mémoriel ou l'on pourrait réunir, exposer et partager des connaissances historiques sur le Maloya. Un lieu de rencontres" plaide t-il.

Pour l'heure, ce projet ne rencontrerait pas l'écho escompté auprès des responsables politiques, au grand dam de son instigateur. "Vous ne pouvez pas apprendre à lire si vous ne connaissez pas les lettres de l'alphabet",  s'agace t-il.

Pour lui, il est essentiel de redécouvrir les bases des codes musicaux, l'esthétique poétique du Maloya, ou encore les techniques de fabrication des instruments traditionnels.

Il assure en outre que le coût d'un tel projet serait relativement modeste en comparaison avec l'intérêt qu'il représenterait pour la sauvegarde de notre histoire et l'identité réunionnaise.
Mardi 20 Décembre 2011 - 07:08
Lilian Cornu
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1.Posté par patel le 20/12/2011 09:58
Et il ne faut pas l'oublier .... cette distinction PATRIMOINE MONDIAL pour le maloya a été soutenu par l'équipe de la Maison des Civilisations justement !
Pendant ce temps à la Région.... on gaspille, on dépense, on mange..... Vive Robert !

2.Posté par marronier le 20/12/2011 10:43
Ce bougre là y doit pas trop connaitre les lettres de l'alphabet; et pour çà il faut qu'il se rende illico presto en afrique d'une part où les chefs noirs maintiennent en état d'esclave leurs concitoyens; il devra se rendre aussi en inde pour détruire les castres où tout juste certains n'ont pas le droit de péter sans autorisation...après na cause la liberté ou la libération, pas besoin reste au chaud dans coton et crie l'assassin parceque la FRANCE l'a donne à lu cette liberté que lu nana aujourd'hui

3.Posté par William le 20/12/2011 11:25
Le rougail saucisse est en train de virer au rougail saucisse cocktail...
Créons une maison du rougail saucisse !!!

4.Posté par Choupette le 20/12/2011 12:14
Il y a un grand nombre qui adore le maloya

Il y a un plus grand nombre qui n'aime pas le maloya.

C'est une musique d'incantation pour attirer les esprits.

De et à 1.Posté par patel
"... cette distinction PATRIMOINE MONDIAL pour le maloya a été soutenu par l'équipe de la Maison des Civilisations justement !"

Tiens, tiens.

Comme de fait, le maloya est appelé à retomber dans l'oubli sinon dans la discrétion.

5.Posté par fiuman le 20/12/2011 14:43
les Verges se font virer de la maison des civilisations, mais ils essayent de rentrer dans la maison du maloya, il doit y avoir de bons fromages à rogner dans ces maisons qu’ils voudraient diriger.

La théorie de l'évolution ds espèces s’applique aussi aux créations humaines, on évolue ou on disparait, un maloya sous perfusion et respirateur artificiel, serait un artéfact, deux choix possibles pour lui, il vit au travers des musiciens et des danseurs ou............................. il disparait!

6.Posté par David ASMODEE le 20/12/2011 15:09
La kiltir, mizik nou fé pitié.
Bof... Je m'en passe

7.Posté par Armand GUNET le 20/12/2011 17:25
À Lilian Cornu
Attention à ne pas réécrire l’histoire par des raccourcis faciles mis en place de longue date par le PCR et encore trop facilement gobés par de jeunes journalistes.
Si je me mettais à détrousser des petites vieilles en sifflant des air de flamenco, je serais vite repéré et mis en cabane.
Diriez-vous alors qu’on emprisonne le flamenco ?
À La Réunion les rassemblements des militants du PCR se faisaient dans les arrière-cours au son du maloya.
Ce sont ces réunions-là qui étaient prohibées ! Pas le maloya en lui-même ! ! !

8.Posté par ndldlp le 20/12/2011 19:15
pour compléter le propos pour une fois intéressant d'armand gunet :
http://www.temoignages.re/le-maloya-interdit-n-est-pas-un,40981.html

je cite :
La question de l’interdiction du maloya est complexe. C’est ce que traduit le propos d’un membre du collectif, Alexis Miranville, dans les contradictions qu’il énonce lui-même sans s’en rendre compte, dans le bref encadré qu’il consacre à ce sujet. « … le maloya n’a jamais été officiellement interdit », indique en conclusion M. Miranville. Il introduit ainsi une contradiction avec ce qu’il déclare un peu avant : « Tout comme le maloya, le PCR n’avait pas droit de cité à la radio et à la télé ». La radio et la télévision d’alors sont les instruments du pouvoir dominant et de la pensée officielle. Le bannissement des ondes est la traduction de la perception des autorités de ce mode d’expression. C’est une prise de position qui ne saurait être plus officielle. C’est une interdiction parfaitement explicite.

ou encore

Il y a eu aussi des brutalités policières dont on été victimes des maloyèr, lesquels étaient souvent des sympathisants ou des militants communistes

bref
que chacun se fasse son opinion, mais la réalité n'est pas aussi simple que celle présentée par armand gunet.

9.Posté par bretelle de string de la soie le 20/12/2011 20:59
Récupération politique du maloya ?

pour sur une instrumentalisation par les cocos....ce qui dessert fortement la crédibilité de cette musique, et risque de l’entraîner sous peu dans le néant avec les derniers cocos....


Merci M . Gunet pour ce rappel historique, les faits historiques fâchent souvent les posteurs spécialisés dans la posture victimaire fantasmée !!!

10.Posté par GERARD Gilbert le 20/12/2011 22:52
La musique traditionnelle réunionnaise c'est le Séga, tous les vrais musiciens réunionnais le diront
Vers 1960 le parti communiste réunionnais qui avait rompu avec le parti communiste français pour réclamer l'indépendance de la Réunion avait fait du maloya le signe de ralliement de ses réunions électorales. Le pouvoir avait donc interdit la diffusion de cette musique sur les antennes de la radio.
Si le maloya a été classé au patrimoine immatériel de l'Unesco , c'est parce que la Région présidée par P. Vergès l'a demandé. S'il avait fait la même démarche pour le séga, c'est le séga qui aurait été classé. Cette manière d'agir est coutumière du PCR. Toutes les études et rapports ont été réalisés pour faire classer"les cirques, pitons et remparts " de la Réunion au patrimoine de l'Unesco. Le classement obtenu, on ne parle plus que du classement des Pitons, Cirques et Remparts (PCR)

Ti Gibus

11.Posté par stephane grondin le 21/12/2011 06:27
Ce projet maison du maloya, n'est pas pour moi l'occasion de créer une énième pompe à fric, loin de là! Je souhaite juste qu'une petite case en tôle, une petite cour, ici ou là accueil la mémoire du maloya réunionnais, mais aussi du séga que j'affectionne particulièrement.
Pas un château, pas une forteresse imprenable, mais un lieu d'échange, de discussions apaisés, loin de toutes considération de combats vieux ce 40 ans. Nous ne devons certes pas oublier le contexte sulfureux des années 70, les non-dits et les faux semblants de l'époque, nous devons simplement transmettre notre culture séga-maloya aux générations futures et la partager avec qui veux bien.
Je ne suis à la solde de personne sur ce projet. Ce que je fais c'est pour la valorisation de notre patrimoine culturel, ici c'est le maloya. J'appelle de tous mes voeux la réalisation de documents pédagogique sur nos musiques locales dites traditionnelles.
Et s'il vous plaît, arrêtons de nous tirer dans les pattes, travaillons ensemble pour notre île.

12.Posté par noe!! le 21/12/2011 06:31
Ces complaintes sans queue ni tête avec des déhanchements de grosses fesses sont trop ridicules pour qu'on s'y intéresse .... Le son du tam-tam énerve plus les vrais danseurs !
A croire que certains aiment ça !!!
Cela ne sert qu'à faire du bruit pire que les cérémonies tamoules avec des gens en transe après quelques verres de rhum et des tikalités .....
Danses vraiment sans signification et ridicules ...à bannir dans les mariages et autres !

13.Posté par ndldlp le 21/12/2011 06:49
la vision partisane pour ne pas dire "blanche" de Ti Gibus l'est autant que celle du PCR. l'un vante la vision colonialiste de la Réunion côté dominant, l'autre rappelle qu'il existe aussi une vision ayant subi le colonialisme, et qui a fait l'objet de répression.

14.Posté par yab le 21/12/2011 07:29
Post 3: moin mi propose plutôt une maison du riz chauffé, que lé vraiment en voie de disparition. Allez nu artrouve, mi sava justement prépare un' , ce matin ec un p'tit reste rougail saucisse, en écoutant deux trois bons vieux ségas Arlanda ou Narmine.

15.Posté par inCaudavenenum le 21/12/2011 08:21
les sympathisants communistes avant les années 80 ont subi plus ou moins des menaces ou des sanctions des autorités.C'est vrai qu'on ne parle jamais de ça.

,sous la période Debré les flics avaient des attitudes de nervis, les intellectuels, profs, journalistes étaient surveillés de prêt.Le but était de faire taire par l'intimidation.

les gens se sont vus mutés d'office ou sanctionnés en particulier dans la fonction publique.toutes origines confondues, créole, caf, malbar, chinois...toute la gayn le coup avec ceux qui étaient perçus comme des collabo du système colonial.L'engagement et la défense de la culture réunionnaise étaient suspects en particulier pour eux qui défendaient le créole ou droit de jouer du maloya.

16.Posté par Armand GUNET le 21/12/2011 08:59
ERREUR historique NdLdlP, post 13 !
Dans les années 60, La Réunion est non plus une colonie mais un département français.
Il était non seulement absolument normal mais heureux que le PCR qui voulait faire de nous des sujets communistes ait été interdit d’antenne !
On ne doit pas utiliser des ondes françaises pour cracher sur la démocratie de la France et notre République ! ! !

17.Posté par bretelle de string de la soie le 21/12/2011 09:03
Ca me fait trop rire ces posteurs (de goooche curieusement) qui se gargarisent à l'infini avec le maloya patrimoine de l' UNESCO....comme si c'était un label de qualité, une reconnaissance quelconque...ou que ça avait la moindre importance !!!!!!




Modalités d’inscription sur les listes[modifier]

Selon Cécile Duvelle, responsable de la division du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO : « La Liste représentative ne vise pas à récompenser les meilleures expressions culturelles du monde. La seule chose que l’on prend en compte, c’est l’importance subjective qu’a telle ou telle pratique pour la communauté qui la maintient en vie »9. Les modalités d’inscription sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel diffèrent donc de celles de la Liste du patrimoine mondial inscrivant des biens « qui ont une valeur universelle exceptionnelle »10.
Les dossiers d’inscription complexes doivent être réalisés par les pays concernés, ainsi certains pays motivés par les inscriptions comme la Chine ou la Croatie peuvent paraitre surreprésentés alors qu’aucun pays africain n’a présenté de dossier en 201011. Cécile Duvelle regrette également l’« instrumentalisation politique à des fins nationalistes » après l’inscription de pratiques culturelles dans certains pays9.
En 2011, le Comité intergouvernemental de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel a examiné 73 dossiers, ce qui a amené la directrice générale de l'UNESCO à déclarer que la convention pourrait être victime de son propre succès car seulement 60 nominations peuvent être traités par chaque session annuelle12.



D'accord avec le 10....grosse manip du PCR, instrumentalisation du maloya, posture victimaire...et tout ce montage gros doigts fonctionne à fond grâce à une fierté insulaire mal placée !

Si j'ai bonne mémoire, certains nous promettaient 30% de touristes en plus avec l' AOC Maloya et les hauts classés.....quelqu'un les a t'ils vus ???

18.Posté par Choupette le 21/12/2011 16:10
Fini les ptites virées pour aller pousser la complainte sur les planches à Bruxelles.

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