Santé

La FNAIR milite pour l'autorisation d'une greffe rénale par donneur vivant à la Réunion

A la Réunion, l'antenne locale de la FNAIR (Fédération nationale d'aide aux insuffisants rénaux) a été créée en 1999. A sa tête, Hugues Hoareau, qui a lui-même subi une transplantation rénale il y a une quinzaine d'années. Le président de la FNAIR Réunion se bat aujourd'hui pour l'autorisation de greffe rénale par donneur vivant. L'agence de Biomédecine doit donner son feu vert pour que de telles opérations soient réalisées à la Réunion.


Photo d'illustration
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En 2010, 148 personnes étaient en attente d'une greffe rénale à la Réunion et en moyenne 25 personnes décédaient chaque année faute de transplantation, souligne les chiffres de l'ORS (Observatoire régionale de Santé) parus fin 2012.

Un chiffre qui serait en augmentation d'année en année selon le président de la FNAIR à la Réunion, Hugues Hoareau. "Si en 2004/2005 on estimait que 120 patients étaient en attente d'une greffe, ils seraient plus de 300 aujourd'hui", selon lui. Un chiffre important à mettre en relation avec le nombre de personnes dialysées sur notre territoire, environ 1.650 personnes.

A la Réunion, le nombre de patients atteints par une insuffisance rénale chronique est quatre fois supérieur à la métropole. "L’insuffisance rénale chronique (IRC) est due à la destruction progressive et irréversible des deux reins. La diminution des fonctions rénales s’effectue, dans la majorité des cas, lentement sur plusieurs années (…). Parmi les affections susceptibles d’entraîner une IRC, les maladies cardiovasculaires et le diabète sont devenus les principales causes : les néphropathies hypertensives ou diabétiques représentent près de la moitié des cas", explique l'Observatoire régional de la santé dans une de ses publications.

"En moyenne 30 personnes se font greffer chaque année à la Réunion"

La FNAIR est là pour orienter et conseiller les malades réunionnais. "Nous sommes tous bénévoles et nous ne touchons aucune subvention. Nous ne voulons pas dépendre de quelqu'un et avoir les poings et mains liés", explique Hugues Hoareau.

La FNAIR travaille en toute indépendance et n'hésite pas à faire remonter les informations lors de problèmes, comme lors de la visite de la ministre de la Santé, Marisol Touraine. Hugues Hoareau avait interpellé cette dernière sur le problème des greffes rénales à la Réunion, pas assez nombreuses. "La transplantation rénale avait été arrêtée à la Réunion pendant près de 10 mois suite à des problèmes. Maintenant la nouvelle équipe en place fait du bon travail", reconnait-il.

Mais il faut aller plus loin. "Le nombre de malades souffrant d'insuffisance rénale augmente et la demande de greffe aussi. En moyenne, 30 personnes se font greffer chaque année à la Réunion. Mais le temps d'attente pour les malades est largement supérieur à celui de la métropole", poursuit Hugues Hoareau.

Convaincre l'agence de Biomédecine

Seule solution pour améliorer la situation de la transplantation rénale à la Réunion, autoriser la greffe rénale par donneur vivant. "On passerait entre 80 et 100 greffes par an", précise-t-il. Aujourd'hui, cette autorisation n'est pas accordée à la Réunion selon la FNAIR. "Nous sommes en relation avec la direction du CHU. On milite dans ce sens là. Actuellement, le directeur (David Gruson ndlr) fait tout pour essayer d'avoir une seconde équipe spécialisée dans les transplantations rénales, nécessaires pour mettre en place cette autorisation", explique Hugues Hoareau.

Hugues Hoareau fait partie du conseil d'administration de la FNAIR nationale. A cette occasion, une réunion est prévue le 28 mars avec l'agence Biomédecine (l'agence est un établissement public national de l'État exerçant ses missions dans les domaines du prélèvement et de la greffe d'organes).

"Nous allons appuyer notre demande auprès de leur service et obtenir cette autorisation", souligne-t-il. Une nécessité à ses yeux puisqu'il estime qu'entre 5 et 10 donneurs vivants à la Réunion sont dans l'obligation d'aller vers la métropole pour procéder à la transplantation rénale. "Des déplacements très chers, à charge du donneur et qui ne pourra être remboursé de ses frais que si la greffe réussie", précise Hugues Hoareau.

Pour démontrer encore une fois que la transplantation par donneur vivant est importante à la Réunion, Hugues Hoareau compare le coût d'une personne dialysée avec celui d'une personne transplantée. "Il faut compter entre 80 et 100.000 euros par an pour une personne sous dialyse, quand une personne greffée coûte entre 40 et 50.000 euros", conclut-il.
Lundi 10 Mars 2014 - 15:04
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1.Posté par le greffeur fou le 10/03/2014 20:45
Je pense que le président de la FNAIR Réunion exagère quelque peu les chiffres. On n'obtiendra jamais 80 à 100 greffes par an, même avec l'activité de donneur vivant. En revanche, on peut espérer quelque 20% en plus, soit une dizaine de greffes supplémentaires, ce qui est très bien, sachant que les textes de loi récents (Loi Bioéthique 2011) autorisent la greffe donneur vivant entre amis, au-delà du conjoint ou de la famille étendue aux cousins germains et aux neveux, nièces, oncles, tantes, grands-parents et petits-enfants. Mais le chiffre de 5 greffes par an en métropole est réel, et il ne faut pas oublier les conséquences psychologiques (au-delà des impacts financiers) de vivre quelques mois en métropole, pour donner ou recevoir, en passant un parcours d'obstacles faits de commissions d'expertise, de tribunaux, et de maintes consultations et examens, souvent refaits en métropole alors que les dossiers réunionnais sont complets au départ. Mais pourquoi, grands dieux, pourquoi, ne lève-t-on pas le moratoire sur cette activité à La Réunion, région de France qui en aurait le plus besoin?

2.Posté par Travis le 11/03/2014 14:55
Il faut bcp opérer pour être compétent dans ce style de greffe, et puis il faut des unités adaptées pour prendre en charge la suite des opérations.

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