Société

La CRC allume le SDIS sur les congés maladie et l'absentéisme de ses troupes

Le Service Départemental d'Incendie et de Secours de la Réunion a eu la délicate attention d'être contrôlé à deux reprises en 5 ans d'intervalle. A l'issue d'un nouveau rapport rendu public ce 16 janvier 2012, la Chambre régionale des comptes rappelle à l'ordre le SDIS et indirectement le Conseil général dont il dépend, surtout financièrement. Autre passage qui interpelle : le SDIS Réunion est le SDIS de France qui comptabilise le plus grand nombre de congés maladie contractés par ses sapeurs-pompiers. Etonnant. Les élus ne font pas mieux en matière d'atteinte de quorums. Tour d'horizon.


La CRC allume le SDIS sur les congés maladie et l'absentéisme de ses troupes
Il n'existe pas de contrôle de la Chambre régionale des comptes sans un regard appuyé sur les finances de la structure visée.

Première indication de taille :  les recettes de fonctionnement sont en augmentation de 13,5% sur la période examinée, autrement dit de 2005 à 2011.

Les dépenses de fonctionnement du SDIS 974 sont également en augmentation. Elles évoluent à un rythme plus rapide que les recettes : 5,8% par an en moyenne et 25,4% sur la période 2005-2011. Les charges à caractère général et les frais de personnel augmentent pratiquement au même rythme.

Quelques lignes plus loin, le président de la CRC Réunion, Christian Roux, juge l'équilibre financier du SDIS, à partir de 2009, comme "confortable". C'est vite oublier que le SDIS dépend quasiment entièrement de la contribution du Département et des communes de l'île. A valeur d'exemple, la commune de Saint-Denis est la première contributrice au budget du SDIS (24%). La plus faible étant celle de Salazie avec 0,25%, contrairement à Saint-Paul qui contribue à hauteur de 12%.

Face à la manne publique, les interventions payantes des pompiers qui n'entrent pas dans le cadre des interventions obligatoires du SDIS ne recouvrent que 0,20% de ses recettes totales de fonctionnement, soit 135.000 euros en 2009. Une goutte d'eau. Pire, faute de convention signée entre le SAMU et ses services avant mai 2010, le SDIS ne facturait pas ses interventions s'agissant des carences d'ambulanciers sanitaires du privé, ce qui lui a "privé du même coup  de ressources", explique le rapport d'observations définitives.

Des charges de personnel sans équivalent en France

Les charges de personnel ont progressé de 26% entre 2005 et 2009, sur la base d'une moyenne annuelle de 6% environ, les progressions les plus importantes étant observées au cours des exercices 2006 (7,76%) et 2009 (7,62%).

En 2009 justement, la part des dépenses de personnel dans les dépenses réelles de fonctionnement est de 91,5% environ, ce qui place le SDIS de la Réunion en première position au plan national pour ce ratio, le département du Gard arrivant en 2e position avec 84,2% et la moyenne nationale étant de 79,84%. Bruno Mamindy Pajany (1er vice-président du conseil d'administration du SDIS représentant la présidente Nassimah Dindar), dans sa réponse à l'exposé de la CRC, déclare toutefois à la chambre que cette affirmation devait être relativisée "compte tenu du versement de l'indemnité de vie chère aux fonctionnaires des DOM à laquelle s'ajoute l'indexation pour le département de la Réunion. En prenant en compte ces éléments, le classement ne serait sûrement plus le même", ajoute-t-il. L'histoire ne dit pas si les autres SDIS des autres DOM, également indexés, figurent eux aussi dans le peloton de tête des SDIS présentant les plus fortes dépenses de personnel...

Sur la période complète contrôlée par la CRC, 80 à 90% des recettes réelles de fonctionnement du SDIS servent à couvrir les dépenses de personnel. Ces dernières représentent, par habitant, environ 77 euros en 2009 contre 49 euros pour la moyenne des SDIS de France.

Des quorums régulièrement non atteints

Sous l'intitulé équivoque d'"un organe de concertation en panne : le CTP", la CRC met le doigt sur l'absentéisme ou la désinvolture des élus pourtant nommés aux instances obligatoires du SDIS comme le "comité technique paritaire". Cet organe, qui doit tenir au moins deux séances dans l'année, doit être consulté  pour avis sur les questions relatives à l'organisation même des services et des conditions d'emplois notamment.  

Au sein du SDIS, au cours de la période 2005 à 2011, "les débats prévus n'ont pas été organisés et plusieurs éléments montrent les limites du rôle que le SDIS laisse jouer à cet organe consultatif", mentionne sans équivoque le rapport.

Justement, au cours de la période examinée par les magistrats financiers, la fréquence annuelle réglementaire des séances du CTP n'a pas été respectée. En 2010, le CTP n'a pas été consulté par exemple. Pourtant, fait savoir la chambre, "l'absence de consultation de cette instance ou l'irrégularité de son fonctionnement sont susceptibles de constituer un vice de forme de  la procédure".

En 2006, l'unique séance destinée à examiner les documents stratégiques du SDIS ne s'est déroulée qu'en présence de deux élus représentant l'administration, après l'annulation de la précédente séance en raison de l'absence du quorum. En 2007, pour un ordre du jour pourtant majeur concernant la désignation des membres du CHS (comité hygiène et sécurité), le bilan social, l'organigramme du SDIS, le calendrier de formation et la mise en oeuvre de la RTT, la séance prévue le 27 juin a dû être reportée au 4 juillet, faute de quorum, puis au 11 juillet en raison de l'absence de représentation suffisante de la collectivité (un seul membre présent).

Le même tableau se reproduit au niveau du conseil d'administration. La lecture des procès-verbaux des réunions du CASDIS révèle que, chaque année, des séances du conseil d'administration du SDIS n'atteignent pas le quorum demandé et doivent donc être reportées. L'absence de quorum a concerné 45% des séances en 2007, 30% en 2008 comme en 2009, 15% en 2010 et 35% en 2011. Au total, ce sont 12 séances qui ont dû être reportées sur 25, faute de quorum. Ce constat serait à associer selon Bruno Mamindy Pajany, "aux difficultés de gouvernance que rencontre l'établissement".

Congés maladie : Et un record de plus pour la Réunion

L'absentéisme n'est pas qu'à mettre au crédit des élus. Le rapport dépeint un sapeur pompier réunionnais fortement absent : tout simplement le record national.

Déjà lors du précédent contrôle de la CRC publié en 2006, la juridiction financière avait observé "un important absentéisme pour raison de maladie au sein du SDIS de la Réunion". L'instruction menée pour ce rapport 2013 révèle que "la situation ne s'est pas améliorée".

L'examen des statistiques 2009 montre que le SDIS de la Réunion est celui qui totalise le plus grand nombre de jours de congés maladie par agent, soit un peu plus de quatre jours par an. Le SDIS qui arrive en 2e position se situant à trois jours par agent et celui qui offre le taux le plus bas (d'absentéisme) étant à 0,36 jours.

La juridiction financière abuse du langage diplomatique pour renouveler son injonction. "La juridiction ne peut qu'une fois de plus engager le SDIS à mettre en oeuvre la solution la plus adaptée (...) afin d'endiguer l'absentéisme chronique dont il souffre". Le message est passé. Sera-t-il corrigé ?

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rapport_d__observations_definitives_crc_sdis_exercices_2005_et_suivants.pdf Rapport d'observations définitives CRC SDIS exercices 2005 et suivants.pdf  (5.24 Mo)
reponse_du_sdis_b__mamindy_pajany__1er_vice_president_du_casdis_.pdf Réponse du SDIS B. Mamindy Pajany (1er vice-président du CASDIS).pdf  (1.13 Mo)

Jeudi 17 Janvier 2013 - 06:47
ludovic.grondin@zinfos974.com
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1.Posté par John Galt le 17/01/2013 05:13
mdr La CRC allume le SDIS sur les congés maladie et l'absentéisme de ses troupes , v'là ti pas que l'état commencerait à regarder le taux absentéisme chez les fonctionnaires ou assimilés y en a qui vont commencer à faire la tronche

2.Posté par otela reunion le 17/01/2013 05:45
ça beau être des soldats du feu mais c'est la même mentalité que les fonctionnaires on profite du systéme moins on en fait mieux on se porte, pour changer ces états d'esprits il faut du temps et surtout encore de l'argent

3.Posté par noe2013 le 17/01/2013 05:47
C'est extrèmement grave ce nombre record de "congés de maladie" , sûrement de connivence avec des médecins-péi sans scrupule !
"Tu t'ennuies ? je te mets en arrêt maladie ? OUI ... Combien de jours veux-tu mon ami(e) ? Ben , 3 semaines , je dois nettoyer la mer de quelques poissons avec ma canne ..."

ça se passe donc comme ça chez nos pompiers ... C'est pourquoi ils arrivent tj en retard sur un incendie comme celui de St Pierre !

UN fonctionnaire ... "Les risques du métier: Son menton a soudainement quitté la paume de sa main droite posée grâce à un coude et sa tête est venue frapper lourdement le bureau. Une fois de plus, un fonctionnaire s'est tué au travail. " (Les Nuls) , décrit bien la dureté du boulot de pompiers à la Réunion !

4.Posté par payeur zimpots le 17/01/2013 06:52
na rien d'anormal pour ce pays, 90% recrutés sont des chargeurs de lo , nervis de ce bande racaille de zélus qui rajoutent dans le morbide en posant en plus deux, trois médailles en tôles su zotes poitrines déjà malade pou services rendus à ces abrutis politiciens. Normal que zotes y demandent ensuite le dash pou faire zote boulot; m'enfin la laveuse kilotes na jamais été un exemple pou cette société

5.Posté par almuba le 17/01/2013 06:57
Il n'y a pas qu'au SDIS que le problème se pose.
Il en va de même dans les autres administrations, CAF, Sécu, Hopitaux et j'en passe.
Le nombre de gens en congés de maladie que l'on rencontre dans les surfaces commerciales, ou en train de faire leur footing, quand ils ne font pas des petits boulots au noir, est impressionnant.
Nous sommes, malheureusement, dans un Département où le laxisme est roi.
Pourvu que ça dure!

6.Posté par PECPEC le 17/01/2013 07:26
Historiquement la "carrière" de pompiers était dévolue aux gros bras, au service des maires, on appelait ça des nervis. Ils sont toujours là avec leur gros bras et petits cerveaux.
Depuis une vingtaine d'année, le corps s'est un peu renforcé de VRAIS professionnels, il faut l'avouer.
Les mauvaises habitudes sont difficiles a éradiquer et les mairies font toujours énormément de pressons pour faire embaucher les gros bras de service.
Quand aux élus dit responsables, on voit bien leur attachement au SDIS dans sa fonction première, incendie et secours, c'est là le cadet des soucis des élus. On demande des sous et on ne s'occupe de rien....Ce corps est représentatif de la réunion avec des gens comme ça.

7.Posté par timagnol le 17/01/2013 07:39
ET ALORS ? La pétaudière est bien connue depuis feu l'époque du frère du maire de St Denis (paix à son âme), parachuté pour diriger ce bazar. Encore une fois, tant que les ZELUS responsables ne feront pas un petit tour à LAZOL ou que la CRC ne ponctionnera pas leur PROPRE porte-monnaie, rien ne changera car on aura toujours besoin de ces gugusses pour éteindre les incendies, y compris ceux des petites culottes !

8.Posté par LA Vérité le 17/01/2013 07:54
encore une fois bravo. IL faut absolument que Nassimah DINDAR et tous ces colonels quittent le SDIS974 pour qu'il soit nettoyé.
J'ai vu un pompier professionnel en arret de maladie en france en touriste et un autre jouant au pocker dans une salle de jeu clandestine de st denis.

9.Posté par John Galt le 17/01/2013 08:11
maintenant l'on comprend mieux pourquoi il y a un effectif d'un tiers en plus pour assurer la rotation avec les absents

10.Posté par WQS le 17/01/2013 08:44
En cas d'arrêt-maladie , les fonctionnaires ont UN jour de carence depuis 2012. Dans le même temps ,
le gouvernement de ce lâche de sarkoko avait augmenté le délai de carence de 3 à 4 jours dans le privé , ce qui était simplement honteux.
Par ailleurs , alors que les salariés du privé sont rémunérés à 70% de leur salaire à compter du 5 eme
jour d'arrêt , les fonctionnaires ont droit à 90 JOURS A 100% dès le 2eme jour d'arrêt , alors pourquoi
se priver ? Avec un bon médecin on peut se prendre trois mois de vacances suplémentaires par an aux frais de la collectivité et il y en a un paquet qui ne se gênent pas , cures etc...
C'est un autre des avantages abusifs dont bénéficient les fonctionnaires , avec le calcul de la retraite sur les 6 derniers mois au lieu de 25 ans dans le privé , la sur-rémunération dans les départements d'outre-mer assortie de bonifications de retraite qui font qu'un fonk's des DOM aura sa retraite à taux
plein au bout de 30 ans contre 40 dans le privé ,emprunts à taux préférentiels, j'en oublie sans doute.
Et bien sûr emploi garanti à vie et souvent des postes payés à ne pas faire grand chose...
Dans la situation économique de ce pays , que les travailleurs du privé continuent à se faire pigeonner
par une fonction publique aussi privilégiée relève du RACKET !

11.Posté par Juliette CARANTA-PAVARD le 17/01/2013 10:14


À PROPOS de l’«ABSENTÉISME et la DÉSINVOLTURE des ÉLUS » :

Le « courage » de Christian ROUX, Président de la C.R.C., reste sans effet à partir du moment où les élus défaillants ne sont pas cités nommément ; ce qui serait une élémentaire information, pour un vrai droit de regard des électeurs sur les agissements de ceux qu’ils ont élus, pour SERVIR !

Un complément d’enquête s’impose nous présentant, de façon claire, le programme annuel de réunions « obligatoires »…du S.D.I.S. ( C.T.P., C.H.S., Etc…) désignant par leur nom les présents ET les absents…

À force de délayer et camoufler les irresponsabilités, la C.R.C. ( Ères Jacques BRANA et Christian ROUX, Présidents de ces six dernières années…) ne peut que pratiquer le « langage diplomatique » pour dissimuler sa propre irresponsabilité.

12.Posté par a quoi sert la CRC? le 17/01/2013 12:09
On voit souvent la CRC épingler la mauvaise voir très mauvaise gestion économique des différentes collectivités et organismes publiques. Mais à quoi servent ces rapports en réalité?
La situation économiques de ces organismes s'empire année après année. En gros ils s'en foutent de la CRC.
Donc économisons de l'argent et supprimons aussi la CRC puisque ces nombreux rapports servent à caler la table des élus.

13.Posté par zobok le 17/01/2013 12:17
la crc allume et aprés ? ce dossier est passé en conseil d'administration il y a plusieurs mois, présenté devant seulement un minimum d'élus (sans quorum en deuxième lecture !), c'est dire l'intérêt général pour ce dossier. en lisant bien ce dossier, ce sont les PATS qui alourdissent le sdis pour les CMO (&er rang national), bienque les spp restent bien placés au niveau national (5éme). la palme revient au gard !

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