Dans un journal, j’ai découvert un courrier de protestation de Christian Vittori. A la suite duquel il se fait grossièrement insulter par ces gens de l’ABDEN. A se demander comment on peut tomber aussi bas ! En tant qu’auteur réunionnais, je ne peux l’accepter.
Christian Vittori est mon éditeur et aussi mon ami. Cela n’eût-il pas été le cas que j’aurais quand même adhéré à son propos. Il s’insurge, à juste titre, contre le mépris non voilé dans lequel la plupart des responsables culturels locaux tiennent les auteurs locaux. Et contre le fait qu’ils privilégient "les goyaves de France". Comme d’hab !
J’en parle en connaissance de cause. Depuis 1976, j’ai mis en librairie près de 40 titres. Tous ont recueilli l’adhésion d’un large public et de la presse écrite et audio-visuelle. Mais je n’ai jamais entendu parler de l’Association des Bibliothécaires et Documentalistes de l’Education Nationale (ABDEN). J’ai appris leur existence… hier !
Le propos de Christian, s’il est empreint d’une juste révolte, agrémentée de traits d’ironie de bon aloi, ne sombre jamais dans la vulgarité. Mais faut-il qu’il ait sacrément fait mouche pour s’attirer une réplique d’une telle grossièreté ! En guise d’argumentation "littéraire" ( !), ce ne sont qu’attaques personnelles, insultes, injures. J’aurais espéré mieux de la part de gens qui prétendent défendre le bon goût littéraire.
Depuis 31 ans, Christian Vittori porte les éditions Azalées à bout de bras. Plus de 300 titres édités. Plus de 600 diffusés (300 pour le compte d’autres éditeurs). A son répertoire, Jean Albany, Gilbert Aubry, Isabelle Hoarau, Joëlle Ecormier, Jean-Régis Ramsamy, Claude Vinh San ; des ré-éditions de Leconte de Lisle ou Eugène Dayot ; j’en passe et des meilleures sans doute… Et une irremplaçable caution morale, de taille, le vieux Tangue, Jacques Lougnon, qui fut son plus fidèle soutien. Une caution morale et un bilan qui font exploser en vol toutes les bassesses de la planète et les insultes personnelles au ras des pâquerettes.
Une autre caution, de poids, est celle d’un autre râleur de gros calibre, François Folio qui, avec son Théâtre d’Azur (un summum de qualité), a créé plus de 30 pièces. Et qui, lui aussi, a toujours eu lieu de déplorer l’indifférence, voire l’hostilité des pouvoirs culturels officiels.
C’est d’ailleurs lui qui m’a appelé à 6 heures du mat’ pour me signaler l’article de Christian Vittori et me dire combien il ne pouvait qu’approuver ses propos.
Mais que je vous rassure, l’ABDEN n’est pas le seul organisme officiel à renier le livre local. Citons pour l’exemple le CRDP (centre régional de documentation pédagogique) dont l’importance, en tant qu’outil d’information des enseignants, saute (ou devrait sauter) aux yeux de tous. Son directeur, l’inspecteur d’académie (excusez du peu) Bernard Januel, le 13 avril dernier, parlant des ouvrages édités par Azalées, disait sans rire : "La politique d’acquisition mise en place sous mon autorité ne correspond pas à vos produits".
On ne saurait mieux exprimer le mépris de la littérature locale.
ABDEN-CRDP même combat ! Leur seule réponse, quand ils ne savent quoi dire, se résume à l’apostrophe d’un futur ex-président :
"Casse-toi, pauv’ con !"
Jules Bénard
Ecrivain réunionnais
Christian Vittori est mon éditeur et aussi mon ami. Cela n’eût-il pas été le cas que j’aurais quand même adhéré à son propos. Il s’insurge, à juste titre, contre le mépris non voilé dans lequel la plupart des responsables culturels locaux tiennent les auteurs locaux. Et contre le fait qu’ils privilégient "les goyaves de France". Comme d’hab !
J’en parle en connaissance de cause. Depuis 1976, j’ai mis en librairie près de 40 titres. Tous ont recueilli l’adhésion d’un large public et de la presse écrite et audio-visuelle. Mais je n’ai jamais entendu parler de l’Association des Bibliothécaires et Documentalistes de l’Education Nationale (ABDEN). J’ai appris leur existence… hier !
Le propos de Christian, s’il est empreint d’une juste révolte, agrémentée de traits d’ironie de bon aloi, ne sombre jamais dans la vulgarité. Mais faut-il qu’il ait sacrément fait mouche pour s’attirer une réplique d’une telle grossièreté ! En guise d’argumentation "littéraire" ( !), ce ne sont qu’attaques personnelles, insultes, injures. J’aurais espéré mieux de la part de gens qui prétendent défendre le bon goût littéraire.
Depuis 31 ans, Christian Vittori porte les éditions Azalées à bout de bras. Plus de 300 titres édités. Plus de 600 diffusés (300 pour le compte d’autres éditeurs). A son répertoire, Jean Albany, Gilbert Aubry, Isabelle Hoarau, Joëlle Ecormier, Jean-Régis Ramsamy, Claude Vinh San ; des ré-éditions de Leconte de Lisle ou Eugène Dayot ; j’en passe et des meilleures sans doute… Et une irremplaçable caution morale, de taille, le vieux Tangue, Jacques Lougnon, qui fut son plus fidèle soutien. Une caution morale et un bilan qui font exploser en vol toutes les bassesses de la planète et les insultes personnelles au ras des pâquerettes.
Une autre caution, de poids, est celle d’un autre râleur de gros calibre, François Folio qui, avec son Théâtre d’Azur (un summum de qualité), a créé plus de 30 pièces. Et qui, lui aussi, a toujours eu lieu de déplorer l’indifférence, voire l’hostilité des pouvoirs culturels officiels.
C’est d’ailleurs lui qui m’a appelé à 6 heures du mat’ pour me signaler l’article de Christian Vittori et me dire combien il ne pouvait qu’approuver ses propos.
Mais que je vous rassure, l’ABDEN n’est pas le seul organisme officiel à renier le livre local. Citons pour l’exemple le CRDP (centre régional de documentation pédagogique) dont l’importance, en tant qu’outil d’information des enseignants, saute (ou devrait sauter) aux yeux de tous. Son directeur, l’inspecteur d’académie (excusez du peu) Bernard Januel, le 13 avril dernier, parlant des ouvrages édités par Azalées, disait sans rire : "La politique d’acquisition mise en place sous mon autorité ne correspond pas à vos produits".
On ne saurait mieux exprimer le mépris de la littérature locale.
ABDEN-CRDP même combat ! Leur seule réponse, quand ils ne savent quoi dire, se résume à l’apostrophe d’un futur ex-président :
"Casse-toi, pauv’ con !"
Jules Bénard
Ecrivain réunionnais

















