Economie

L’avenir de la canne à sucre à La Réunion

La campagne sucrière est terminée dans l’est et le sera bientôt dans l’ouest. Si les tonnages restent très bons cette année dans l’ouest et le sud, il n’en est pas moins vrai qu’à long terme, le Réunionnais peut légitimement s’interroger quant à l’avenir de la canne à sucre dans son île. Nous nous sommes donc entretenu avec François Brelle, l’actuel directeur du C.T.I.C.S. (Centre Technique Interprofessionnel de la canne et du Sucre).


L’avenir de la canne à sucre à La Réunion
François Brelle, la campagne sucrière est sur le point de s’achever dans l’ouest. Selon-vous quel est l’avenir réservé à la canne à sucre dans l’île?

Je n’imagine pas un seul instant l’île de la Réunion sans les champs de cannes à sucre…. A tous les niveaux… La canne à sucre fait partie intégrante du patrimoine culturel de la Réunion, de ses paysages, de ses sols et de son histoire aussi. Et puis, la canne est une culture parfaitement adaptée à notre département, à son relief et à ses sols. Et que dire du sucre, du rhum, et des dizaines de milliers d’emplois en relation directe avec cette culture? Que fait-on des centres de réception de cannes, des usines du Gol et de Bois-Rouge ou encore des distilleries? Non, je n’imagine pas un instant cela. Les efforts liés à la Convention Cannes jusqu’en 2015 représentent, tout de même, un net avantage.

En vérité, la première menace reste le foncier et donc le problème de la disponibilité des terres. Notre filière est, à ce titre, très soutenue mais la question foncière reste compliquée. Il est ici plus particulièrement question de la volonté politique et ce le sera encore plus dans l’avenir. Qu’il s’agisse du Schéma d’Aménagement Régional géré par la région, du Plan Local d’Urbanisme avec les mairies, ou encore du Schéma de Cohérence Territoriale sous l’égide des communautés de communes, la mise en place de ces schémas dépend des actions politiques. La canne est une valeur sûre. Il est vrai aussi qu’au cours des années 70, on recensait 40.000 hectares de foncier sucrier. Puis au début des années 26.000 hectares au début des années 90 et qu’aujourd’hui, nous en sommes à 25.000 hectares… On constate donc qu’avec le temps, les terres disparaissent pour laisser place aux logements, ce qui est compréhensible. Mais cela reste théoriquement très contrôlé. On se bat donc beaucoup pour l’avenir de la filière mais il est vrai que cette question du foncier reste primordiale. Il y a aussi énormément d’acteurs sur cette problématique.

N’oubliez pas les filières énergétiques... Concernant les biocarburants, il s’agit d’un petit surplus en mélasse. Cette production est donc marginale mais peut permettre à certains agriculteurs d’avoir des économies de carburant. Toutefois, le problème est différent. Il faut de très grandes surfaces de culture pour la fabrication d’un biocarburant comme au Brésil. Ici, c’est le sucre qui intéresse d’avantage. Pour le biocarburant, là encore, il s’agit d’une volonté politique puisque vous savez qu’il existe un problème de taxe.

Par contre, ce qui nous intéresse au plus haut point et qui concerne donc l’avenir de la canne à la Réunion, concerne la fibre de bagasse. Présentement, il s’agit d’une valorisation thermique. A la Réunion, dans les années 80, on en venait même à jeter de la bagasse à la mer en raison du surplus!!! Dorénavant, cela n’arrivera plus étant donné l’utilité énergétique de cet élément. Tout le surplus est ainsi vendu à EDF. Cela représente à l’heure actuelle 15% de la production électrique annuelle. Cette année, la campagne a fourni 14,25 tonnes de fibres. Et dans le contexte actuel, avec les projets "Réunion, île verte" et donc "Gerri 2030", cela ne peut qu’avoir un impact positif.»
Jeudi 4 Décembre 2008 - 17:58
Ludovic Robert
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