Santé

L'allocation d'accompagnement à la fin de vie critiquée

Le Parlement a voté, hier, la création d'une allocation quotidienne de 49 euros, versée pendant 21 jours maximum, pour une personne interrompant son activité professionnelle afin d'accompagner à domicile un proche en fin de vie. Pour le délégué régional de l'association pour le droit de mourir dans la dignité, Jean-Louis Gironès, cette loi n'est pas à la hauteur des attentes.


L'allocation d'accompagnement à la fin de vie critiquée
La mort a un prix : 1.029 euros sur 21 jours. "Je suis scandalisé par cette loi", c'est dans ces termes que Jean-Louis Gironès, le délégué régional de l'association pour le droit de mourir dans la dignité, a exprimé sa désapprobation face au vote effectué, hier, par les plus hautes instances. Parlement et Assemblée ont voté, de façon unanime, la création d'une allocation prévoyant d'indemniser ceux qui interrompent leur activité professionnelle afin d'assister un proche en fin de vie. Le versement journalier est prévu à hauteur de 49 euros pour un maximum de 21 jours.

Le texte prévoit que soient concernés "les ascendants, descendants, frères, sœurs ou personnes partageant le domicile" du malade, ainsi que la "personne de confiance", c’est-à-dire celle qui a été désignée par le futur défunt pour le représenter dans le cas où il ne pourrait plus exprimer sa volonté.

Devant un groupe de réflexion sur la question, Jean-Louis Gironès a présenté la loi en y adressant une série de critiques. Le délégué régional a rappelé que s’occuper d’une personne en fin de vie est un emploi à temps plein qui demande une attention de tous les instants et des soins pluriquotidiens (soins d’hygiène, de confort, de change, d’alimentation, d’hydratation, parfois même de changement de perfusion). L’entourage a un véritable rôle de soignants en plus de son rôle d’accompagnant.

Qu'est-ce qui va changer avec cette allocation?

Cette mesure coûterait 20 millions d’euros par an, d’après le gouvernement, mais pour l'association elle masque une économie substantielle. "L'allocation, versée qu'en cas de prise en charge à domicile, est loin de combler l'ensemble des coûts nécessaires à une bonne prise en charge d'un mourant. Proposer 49 euros par jour aux familles qui décident de prendre chez eux les patients c'est faire faire des économies à la sécurité sociale", explique Jean-Louis Gironès.

Les premières estimations évaluent à 20.000 personnes le nombre de bénéficiaires, "soit une économie minimale par jour de 2.200.000 euros pour le service 'placement familial' (le tarif hospitalier s'élève à 159 euros par jour) ou alors 16.180.000 euros pour le service 'médecine' (tarif hospitalier de 871 euros) et pour pousser la provocation à son paroxysme : 54 millions d’euros d’économie pour le service 'réanimation' (tarif hospitalier à 2.778 euros)", souligne le délégué. Il reproche au gouvernement que, "sous couvert de générosité en faisant croire à la population qu'il aide financièrement les familles à traverser l'épreuve, il joue un jeu de dupe malsain".

Favorable à une réelle avancée

Jean-Louis Gironès n'est pas contre une loi permettant de changer l'état législatif actuel, mais pas dans n'importe quelles conditions. "Nous souhaitons une attribution plus équitable, qui ne soit pas soumise à la seule condition salariale et qui ne soit pas limitée dans le temps : considérons-nous que les mourants mettent trois semaines pour s'en aller?", interroge avec sévérité Jean-Louis Gironès.

Conscient qu'il n'y a pas de "bonnes réponses", le délégué régional propose que ces économies réalisées soient évaluées, chiffrées afin que le montant soit utilisé pour une commission d’étude sur la prise en charge du cinquième risque de protection sociale, la perte d’autonomie.
Le gouvernement doit mettre en place par décret, cette semaine, un observatoire de la fin de vie qui sera chargé de recueillir les données statistiques, quantitatives et qualitatives, afin de suivre le phénomène de très près.
Mardi 16 Février 2010 - 19:26
Melanie Roddier
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1.Posté par Pédro le 16/02/2010 20:54
Et si cette personne n'est pas morte au bout de 21 jours, qu'est ce qu'on fait ?

Il est vrai que nous chrétien, on ne pose pas ce genre de question : puisque c'est l'esprit d'amour qui est à la base de l'acte.


2.Posté par hugues dechilly le 17/02/2010 06:56
il y a bien longtemps que le gouvernement et ceux d'avant aussi ne s'intéressent plus qu'à la partie "comptable et financière" de tout problème qui se pose à lui !

effectivement, un patient en fin de vie qui est hébergé et soigné chez lui revient moins cher au budget de la sécu même si des soignants doivent se déplacer au domicile pour apporter soins et réconfort ...

et je pense pour en avoir discuté très souvent avec les patients en fin de vie ou non d'ailleurs qu'il est plus "confortable" de finir chez soi parmi son entourage et son environnement que dans une chambre d'hôpital anonyme et où l'infirmière n'aura peut être pas le temps d'assister jusqu'au bout un patient voire plusieurs en même temps,

maintenant qu'un employeur doive se passer des compétences de son employé pendant un laps de temps assez long, fût ce pour une cause noble et juste, me paraît aussi difficile à accepter ...

nous sommes dans un pays où règne le chômage et encore plus ici à la Réunion, pourquoi ne pas développer cette filière en formant des personnes capables d'assister à la maison un mourrant, en lui apportant aide et réconfort pendant l'absence de ses proches occupés au travail, à l'école où je ne sais encore ?

la mort est encore trop malheureusement un sujet tabou dans notre société, la mort fait peur parce que le sujet est évité dès que possible ... des personnes actuellement sans emploi sont-elles prêtes à se former volontairement et à être payées convenablement pour assurer cette noble tâche qui est l'assistance aux mourrants ?
j'en doute fort !
même certaines familles (et beaucoup plus souvent qu'on ne le pense) ne s'intéressent à leurs proches mourrants qu'au moment de toucher l'héritage lorsqu'ils sont morts !

mais nous vivons dans un monde hypocrite où ne compte plus que l'argent facile y compris pour certaines famille de mourrants !

3.Posté par ariane le 17/02/2010 07:17
se faire payer pour accompagner une personne en fin de vie, les gens veulent se faire payer pour tout.

4.Posté par girones jl (jeanlouis.girones@izi.re) le 17/02/2010 10:48
L'ADMD vous invite TOUS à 'une réunion publique le

MERCREDI 17 Février 2010 de 15h précises à 17h

dans les locaux de la Mutualité de La Réunion
à Saint Denis (près de la Sécurité Sociale)

et dans le cadre de l'Université Solidaire.
]b

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