« J’aurais aimé qu’il se fasse bouffer par un requin ! »
On reste confondu par tant d’inhumaine dangerosité. La voix est chargée de haine. On sent bien que si cet hurluberlu enragé tient l’apothicaire entre ses mains, il l’étrangle volontiers jusqu’à ce que mort s’ensuive.
De quoi s’agit-il ? De la tentative de démonstration, par quelqu’un qui s’y connaît, que si les heures et lieux de baignades sont sagement choisis, il y a moins de risques à plonger dans l’océan Indien que traverser la rue de Paris au même moment. Tentative couronnée de succès… Qui a soulevé des tombereaux de commentaires rageurs, de haines, d’insultes, d’injures à peine voilées et d’appréciations peu flatteuses sur la virilité du pharmacien de Saint-Jo.
Entre autres débilités : « Il veut se faire de la publicité ». On n’est pas plus stupide ! Ce pharmacien apprécié de sa population est installé depuis trop longtemps pour en avoir besoin professionnellement. Qu’il soit délégué de la Fondation Brigitte-Bardot n’en fait pas plus un coureur des Unes des journaux. Il a une conception des choses et la défend à sa manière. Ce qui est révoltant, c’est que ceux qui s’arrogent le droit de donner leur opinion sur les ondes et dans la presse lui refusent le droit d’essayer de prouver la justesse de son point de vue. Ou alors… seraient-ils jaloux de son incontestable succès médiatique ?
Un autre ahuri a demandé pourquoi il ne choisissait pas de nager à 18 heures ? Car là, manifestement, il fait dans la facilité, non ? Hé ! banane, son propos est justement de dire que certaines heures sont peu périlleuses. Il ne va pas se faire boulotter pour démontrer ce qui est déjà une évidence.
Sur Freedom, un brave homme a dit qu’il faut laisser parler et agir ceux qui savent de quoi ils parlent. Merci monsieur, mais on ne vous écoute pas. Je suis d’accord avec vous : il est grand temps que les ignorants, les va-t-en-guerre, les y’a-qu’à, les faut-qu’on et les vrais la ferment !
Depuis des mois, on entend pérorer ceux qui n’y connaissent rien de chez rien. Derand, lui, agit. Il essaie de prouver que la vie des gens peut être sauvegardée à condition de ne pas faire n’importe quoi. Pour une fois que quelqu’un essaie de trouver un début de solution (il n’a jamais dit qu’elle était la seule), on le bastonne. Lynchage médiatique, c’est tellement plus facile que de montrer qu’on a des c… au c… ! Pour peu qu’on en ait, ça va de soi.
Plus monstrueux encore : son geste est une insulte à la mémoire des victimes de requins et à la douleur des familles !!!
Derand a-t-il jamais dit ça ? Qu’on me le prouve alors.
La tentative du pharmacien m’a-t-elle convaincu ? Non ! Pas entièrement car je pense qu’il y a une grande part de hasard. Le requin n’est pas programmé pour respecter les horaires légaux. Mais au moins cet homme a-t-il démontré que se baigner est possible. Il n’a jamais prétendu détenir la panacée.
L’homme a toujours tenté de vivre avec et par la mer. Pour la partie « par », c’est fait depuis une petite éternité : l’océan s’épuise devant les coups de boutoir humains. « Avec » est toujours possible. Les gens de mer, marins pêcheurs ou navigateurs, ressassent la leçon : la mer est toujours la plus forte. Il faut s’en accommoder. Et laisser ceux qui savent, se réunir et chercher les solutions, sans jeter l’anathème sur qui que ce soit. Il est temps que l’on arrête de dire n’importe quoi. Il n’y a pas d’apartheid entre l’homme et la mer.
Jules Bénard
On reste confondu par tant d’inhumaine dangerosité. La voix est chargée de haine. On sent bien que si cet hurluberlu enragé tient l’apothicaire entre ses mains, il l’étrangle volontiers jusqu’à ce que mort s’ensuive.
De quoi s’agit-il ? De la tentative de démonstration, par quelqu’un qui s’y connaît, que si les heures et lieux de baignades sont sagement choisis, il y a moins de risques à plonger dans l’océan Indien que traverser la rue de Paris au même moment. Tentative couronnée de succès… Qui a soulevé des tombereaux de commentaires rageurs, de haines, d’insultes, d’injures à peine voilées et d’appréciations peu flatteuses sur la virilité du pharmacien de Saint-Jo.
Entre autres débilités : « Il veut se faire de la publicité ». On n’est pas plus stupide ! Ce pharmacien apprécié de sa population est installé depuis trop longtemps pour en avoir besoin professionnellement. Qu’il soit délégué de la Fondation Brigitte-Bardot n’en fait pas plus un coureur des Unes des journaux. Il a une conception des choses et la défend à sa manière. Ce qui est révoltant, c’est que ceux qui s’arrogent le droit de donner leur opinion sur les ondes et dans la presse lui refusent le droit d’essayer de prouver la justesse de son point de vue. Ou alors… seraient-ils jaloux de son incontestable succès médiatique ?
Un autre ahuri a demandé pourquoi il ne choisissait pas de nager à 18 heures ? Car là, manifestement, il fait dans la facilité, non ? Hé ! banane, son propos est justement de dire que certaines heures sont peu périlleuses. Il ne va pas se faire boulotter pour démontrer ce qui est déjà une évidence.
Sur Freedom, un brave homme a dit qu’il faut laisser parler et agir ceux qui savent de quoi ils parlent. Merci monsieur, mais on ne vous écoute pas. Je suis d’accord avec vous : il est grand temps que les ignorants, les va-t-en-guerre, les y’a-qu’à, les faut-qu’on et les vrais la ferment !
Depuis des mois, on entend pérorer ceux qui n’y connaissent rien de chez rien. Derand, lui, agit. Il essaie de prouver que la vie des gens peut être sauvegardée à condition de ne pas faire n’importe quoi. Pour une fois que quelqu’un essaie de trouver un début de solution (il n’a jamais dit qu’elle était la seule), on le bastonne. Lynchage médiatique, c’est tellement plus facile que de montrer qu’on a des c… au c… ! Pour peu qu’on en ait, ça va de soi.
Plus monstrueux encore : son geste est une insulte à la mémoire des victimes de requins et à la douleur des familles !!!
Derand a-t-il jamais dit ça ? Qu’on me le prouve alors.
La tentative du pharmacien m’a-t-elle convaincu ? Non ! Pas entièrement car je pense qu’il y a une grande part de hasard. Le requin n’est pas programmé pour respecter les horaires légaux. Mais au moins cet homme a-t-il démontré que se baigner est possible. Il n’a jamais prétendu détenir la panacée.
L’homme a toujours tenté de vivre avec et par la mer. Pour la partie « par », c’est fait depuis une petite éternité : l’océan s’épuise devant les coups de boutoir humains. « Avec » est toujours possible. Les gens de mer, marins pêcheurs ou navigateurs, ressassent la leçon : la mer est toujours la plus forte. Il faut s’en accommoder. Et laisser ceux qui savent, se réunir et chercher les solutions, sans jeter l’anathème sur qui que ce soit. Il est temps que l’on arrête de dire n’importe quoi. Il n’y a pas d’apartheid entre l’homme et la mer.
Jules Bénard

















