Société

L'IVG chez les mineures... toujours un tabou à La Réunion


40 ans après la loi Veil et l'autorisation des IVG (interruption volontaire de grossesse) en France, femmes, associations et professionnels de santé se félicitent des avancées dans le domaine et de la liberté pour les Françaises. 

Mais à La Réunion, le tabou et la peur accablent toujours les mineures qui préfèrent avorter que devenir maman trop jeune.

Si le nombre d'IVG diminue au long des années et les institutions redoublent d'efforts de sensibilisation auprès du public, "c'est toujours aussi difficile", selon Nadège Naty, présidente de Planning Familial AD 974. "Dans la plupart des cas, les mineures n'osent pas en parler, surtout à leurs parents et sont souvent accompagnées par des amis lorsqu'elles viennent nous voir", affirme-t-elle.

La honte, la religion, le regard des autres... Ces filles âgées de 12 à 17 ans se rendent très souvent aux sièges du Planning Familial avec un adulte qui se porte en quelques sortes garant pour elles. "C'est pour la forme, car les jeunes sont très bien renseignées par leur médecin ou gynécologue sur le processus", explique Nadège Naty. Suivi par leur médecin et l'équipe du Planning Familial, elles préfèrent souvent que l'IVG se fasse en milieu hospitalier - même si c'est sous forme médicamenteuse et donc faisable à domicile - afin de pouvoir poser les questions nécessaires et "être entre de bonnes mains". "Le soir, elles rentrent chez elles, sans rien dire à personne", ajoute la présidente de l'association.

Un accompagnement est proposé en cas d'anonymat avant, pendant et après la procédure. "Nous venons les chercher chez elles ou à un arrêt de bus, puis nous les ramenons chez elle en fin de journée et elles savent qu'elles peuvent nous contacter ou venir à notre bureau à tout moment pour discuter avec nous", assure Nadège Naty.

Une sensibilisation dans toute l'île

Si la procédure est connue et les autres moyens illégaux ne sont plus pratiqués sur l'île, une certaine méconnaissance perdure parfois, même chez les plus âgées. "Parfois des femmes d'une quarantaine d'années me disent avoir bu du thym ou une sorte de cactus pour tenter d'interrompre leur grossesse", avoue la présidente.

Depuis 2008, le Planning Familial AD 974 sensibilise les enfants de tout âge à la sexualité au sein des écoles dans le cadre d'un programme de sensibilisation de l'ARS OI. "Nous proposons aussi des groupes de parole sur la sexualité pour les adultes autour de thèmes très vastes et qui leur permettent de parler de la sexualité de leurs enfants, de l'hygiène, de la violence, etc, précise-t-elle. Mais les mentalités sont encore parfois trop difficiles à changer".
Mardi 27 Janvier 2015 - 17:16
SH
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1.Posté par Nut le 27/01/2015 17:27
Pourquoi l'IVG devrait être tabou et/ou obligatoire pour les mineures ? Car c'est ce que le titre de votre article laisse transparaître. Franchement, il faut laisser les femmes êtres libres de leurs décisions, et surtout ne pas influer sur leurs choix. Car, IVG ou fausse couche, entraîne systématiquement un mal être chez les femmes... Alors, si les mineures ne veulent pas faire d'IVG, c'est leur propre choix, et je ne pense pas que ce soit un sujet tabou. Je pense plutôt que les IVG ne rapportent pas assez au corps médical pour que l'article soulève la polémique. Par contre, que les parents parlent des rapports sexuels à leur âge et des conséquences que cela peut amener, ce serait plutôt bien et fait partie de l'éducation des enfants.

2.Posté par Naty974 le 27/01/2015 23:14
Par contre une mineure qui "coque" sans se protéger c'est pas dérangeant !

3.Posté par Antipode le 28/01/2015 06:40
Les capotes gratuites et partout disponible ? Ah bin c'est trop simple oui, de nos jours si la vie n'est pas un parcours de combattant fauché alors l'est pas bon :s

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