Société

L'Histoire entre dans le cimetière la Peste à Saint-Denis

Donner un temps de mémoire aux oubliés de l'histoire. À l’occasion des festivités du 20 décembre, la mairie de Saint-Denis a dévoilé un panneau didactique sur le site du "cimetière la Peste", situé sur le front de mer de la Jamaïque.


Comme l’explique Laurent Segelstein, animateur de l’architecture et du patrimoine du label ville d’histoire de Saint-Denis de La Réunion, la pose de ce panneau didactique "est la première d’une longue série". "Il est tout à fait nécessaire d’indiquer aux Dionysiens, mais également à l’ensemble des usagers et aux touristes dans quel environnement ils se déplacent, parce que Saint-Denis est le chef-lieu de La Réunion et que c’est un territoire truffé de symboles et d’éléments importants pour l’identité de toute l’île".

Le mot "peste" pour qualifier ce cimetière est utilisé par les Réunionnais pour désigner la grippe espagnole mais également les décès liés à la peste, comme nous l’explique l’historien Loran Hoarau. "Ce cimetière ‘la Peste’ est associé mémoriellement à deux épisodes importants à La Réunion. D’un côté l’épidémie de grippe espagnole de 1919 et d’autre part l’épidémie de peste bubonique des années 1926-1927. Ce cimetière servait à accueillir le surplus des corps enterrés dans le cimetière principal de Saint-Denis (cimetière de l’Est, ndlr) dans un premier temps", déclare l’historien.  
 
"Des lieux mémoriels forts pour les Réunionnais"

Ce cimetière est aussi associé à un autre temps dans la mémoire collective des Dionysiens, ajoute-t-il. En effet, ce site aurait aussi servi à enterrer des condamnés, "des personnes qui auraient commis des crimes qui ne leur permettait pas d’être placés dans le cimetière principal" et aurait été mis en fonction "juste avant la départementalisation".

D’autres cimetières du chef-lieu seront bientôt mis à l’honneur et bénéficieront d’une plaque didactique pour apprendre plus sur leur histoire, comme le cimetière de l’Est, le cimetière musulman ou encore le cimetière de Saint-Clotilde. L'idée : avoir un schéma autour des cimetières de la ville, car comme nous le précise Loran Hoarau, "les cimetières sont des lieux mémoriels forts pour les Réunionnais".

"Les cimetières sont également des lieux qui touchent toutes les strates sociales, toutes les origines culturelles des Réunionnais. Suivre cela c’est aussi suivre l’histoire de notre île. Il est donc intéressant de créer un parcours de sens dans ces cimetières-là, tout en essayant d’organiser quelque chose qui permette de respecter l’intimité des pratiques des familles dans les principaux cimetières de la ville"
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Loran Hoarau
Loran Hoarau


Mardi 15 Décembre 2015 - 14:19
SI
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1.Posté par noe le 15/12/2015 15:26
Ces pseudos chercheurs risquent de faire revivre les bactéries de la peste par leurs fouilles !

C'est du fric gaspillé !

2.Posté par justedubonsens le 15/12/2015 16:50
Comment pouvez vous dire que c'est du "fric" gaspillé. Il y a tellement de lieux chargés d'histoire mais qui restent dans l'anonymat faute d'un investissement des collectivités dans cette île. Les cimetières en font partie et je pense qu'au lieu de nous seriner avec le "20 désamb" qui a plus tendance à raviver les haines, qu'à souder les Réunionnais, l'effort financier devrait porter sur la mise en valeur de tous ces sites mémoriels qui aurait le mérite de révéler la petite et la grande histoires de La Réunion.

3.Posté par Homère d''''''''Alors le 15/12/2015 18:49
Petit rappel historique et pas forcément exhaustif sur les épidémies toujours venues d’ailleurs :

- 1729 épidémie de variole venue de l’Inde, 1500 victimes en 5 mois ce qui nécessite la création d’un nouveau cimetière à St Denis vers la Redoute
- 1820 épidémie de choléra venue de l’Inde, 203 mort officiellement
- 1859 arrivée sur le navire « les Mascareignes » d’engagés d’une région d’afrique contaminée par le choléra. Le propriétaire du bateau qui est membre du Conseil du Gouvernement de l’île fournit des certificats de complaisance attestant que les passagers ne souffrent que de dysenterie.
L’épidémie fera 2200 morts sur toute l’île, principalement sur St Denis, Ste Marie, St André et St Benoit en 2 mois et demi. Les responsables du navire « les Mascareignes » seront traduits en justice … et acquittés.
- 1901 épidémie de peste arrivée par le navire « Natal »
- 1919 grippe espagnole, en fait partie des Etats Unis, ramenée par les combattants de la guerre
Plus de 1000 morts à St Denis la semaine de Pâques. Plus de police, plus de services officiels, plus de médecins. Tous, ou presque, sont malades. Fin avril 1819, on compte encore soixante à cent décès par jour à Saint-Denis. C’est un cyclone qui lavera l’air et mettra fin à l’épidémie. Bilan incertain : entre 7000 et 20 000 morts.
- 1926-1927 épidémie de peste bubonique

Et les roches malgaches elles nous amènent quoi ?
Rien officiellement.
Il serait mal intentionné de penser le contraire.

4.Posté par la crise le 16/12/2015 06:28
La variole de 1729.
J'ai retrouvé dans la généalogie des Mascareignes 3 hommes décédés cette année-là: Etienne Hoareau (59 ans) -fils de Réné, premier Hoareau arrivé dans l'île - Etienne (fils du précédent Etienne) (41ans) et le fils de ce dernier Jacques (20 ans). Je n'en ai pas la certitude, mais l'épidémie de variole doit y être pour quelque chose.

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