Santé

L'Europe met en sursis les tisanes péi

En plein scandale du Médiator et des médicaments aux conséquences douteuses sur la santé, voici qu'arrive à grands pas une directive européenne qui prendra effet au 1er avril prochain. Mais ici, il n'est pas question de poisson d'avril. Pour preuve, cette directive directive européenne pour les produits à base de plantes médicinales traditionnelles (THMPD) a été décrétée le 31 mars 2004. Son application dans le droit français devra être précisée.


L'Europe met en sursis les tisanes péi

Doit-on avoir peur pour nos tisanes péi ? Une directive européenne projette en tous les cas de mettre de l'ordre dans les dérives qui peuvent parfois exister. Que dit cette directive ? Elle demande à ce que toutes les préparations à base de plantes soient soumises au même type de procédure que les médicaments. Concrètement, avant sa vente, un tisaneur devra "tenter" de prouver les vertus thérapeutiques de sa préparation. Une vérification qui, faut-il le rappeler, s'opère partout en Europe et pas exclusivement à la Réunion où le recours à ces méthodes d'antan sont légion.

Et c'est bien là tout le nœud du problème. La procédure de détermination des composés d'une tisane coûte au bas mot entre 60.000 à 80.000 euros par plante.

Le même contrôle que les médicaments pharmaceutiques

Autrement dit, dans les faits, chaque produit devra être soumis aux mêmes conditions de mise sur le marché que n'importe quel médicament. Un comble lorsque l'on prend le pouls de l'actualité qui nous ferait plutôt fuir les médicaments actuellement sous le feu de l'actualité. Mais l'anarchie qui prévaut pour ces "médicaments de grand-mère" qui se vendent au marché forain ne plaident pas non plus en leurs faveurs, malgré le fait qu'ils soient acceptés de tous.

Pourtant, une règlementation semble s'imposer selon les professionnels de la pharmacologie. La vente de ces produits n'est en effet soumis à aucune vérification. Le pouvoir des tisaneurs est en effet immense. Selon la lecture de la directive européenne, un éventail de renseignements est demandé aux vendeurs (voir la liste complète plus bas). Parmi ceux-ci, on retrouve la composition quantitative et qualitative de tous les composants du médicament, comprenant la mention de la dénomination commune internationale quand elle existe, ou la mention de la dénomination chimique, ou la dénomination botanique. Ou encore, le vendeur devra décrire la posologie, la forme pharmaceutique, les modes et voie d'administration et la durée présumée de stabilité.

Le lobbying de l'industrie pharmaceutique ?

A défaut, le vendeur devra prouver que le produit a été utilisé depuis plus de 30 ans en toute sécurité, ce qui ne semble pas plus évident à prouver.

Entre tentative de régulation (pour le bien des consommateurs qui viennent chercher un mieux-être) et atteinte à une médecine traditionnelle, la décision des plus hautes instances européennes viendra, à n'en pas douter, chambouler les habitudes des Réunionnais. Certains aussi y verront une nouvelle attaque de l'industrie pharmaceutique dans sa tentative d'élimination de la concurrence.

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Le dossier de demande d'enregistrement de la tisane médicinale devra comporter les éléments suivants :

1° Le nom et l'adresse du demandeur et, le cas échéant, ceux de l'entreprise exploitant le médicament ainsi que du fabricant lorsque ni le demandeur ni l'entreprise exploitant le médicament n'assure la fabrication ;

2° Le nom du médicament ;

3° La composition quantitative et qualitative de tous les composants du médicament, comprenant la mention de la dénomination commune internationale quand elle existe, ou la mention de la dénomination chimique, ou la dénomination botanique ;

4° La posologie, la forme pharmaceutique, les modes et voie d'administration et la durée présumée de stabilité ;

5° Les éléments bibliographiques ou rapports d'expert établissant que le médicament a fait l'objet d'un usage médical depuis au moins trente ans au moment de la demande, dont au moins quinze ans dans la Communauté européenne ou l'Espace économique européen ;

6° Une étude bibliographique des données de sécurité accompagnée d'un rapport d'expert ainsi que, sur demande du directeur général de l'agence, les données nécessaires à l'évaluation de la sécurité du médicament ;

7° L'évaluation et l'indication des risques que le médicament est susceptible de présenter pour l'environnement ; cet impact est étudié et, au cas par cas, des dispositions particulières visant à le limiter sont envisagées ;

8° La description du mode de fabrication ;

9° Les indications thérapeutiques, les contre-indications et les effets indésirables ;

10° Des explications sur les mesures de précaution et de sécurité à prendre lors du stockage du médicament, de son administration au patient et de l'élimination des déchets ;

11° La description des méthodes de contrôle utilisées par le fabricant ;

12° Les données chimiques, pharmaceutiques et biologiques ;

13° En cas d'association de substances végétales, de préparations à base de plantes ou de présence de vitamines ou de minéraux dans le médicament, les données sur l'usage traditionnel de l'association, en particulier celles relatives à l'innocuité du médicament dans les conditions d'emploi spécifiées, aux effets pharmacologiques, à l'efficacité du médicament du fait de l'ancienneté de l'usage et de l'expérience ; ces données doivent concerner les diverses substances actives si elles ne sont pas connues ;

14° Un résumé des caractéristiques du produit établi conformément à l'arrêté, à l'exclusion de l'exigence des informations cliniques ;

15° Une copie de l'autorisation d'ouverture de l'établissement fabriquant ou important le médicament ;

16° Une copie des enregistrements ou des autorisations obtenues pour ce même médicament, soit dans un autre Etat membre de la Communauté européenne ou Etat partie à l'accord sur l'Espace économique européen, soit dans un pays tiers, ainsi que les données relatives aux décisions de refus d'autorisation ou d'enregistrement, accompagnées des motifs de ces décisions ;

17° Une ou plusieurs maquettes ou échantillons du conditionnement extérieur et du conditionnement primaire ainsi que le projet de notice accompagné des résultats de l'évaluation portant sur la lisibilité, la clarté et la facilité d'utilisation de cette dernière, réalisée en coopération avec des groupes cibles de patients.
Jeudi 20 Janvier 2011 - 18:14
Ludovic Grondin
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1.Posté par bertel le 20/01/2011 18:21
"Et c'est bien là tout le nœud du problème. La procédure de détermination des composés d'une tisane coûte au bas mot entre 60.000 à 80.000 euros par plante. "

Nous sommes en plein dans la volonté affichée de l' OMC !

Les industriels de l'alimentation peuvent continuer à nous vendre de la merde sous cellophane... mais il sera impossible à un "Tisaneur" de guérir, à moindre frais, les misères du bas peuple !

Bertel de Vacoa

2.Posté par LEBON le 20/01/2011 18:29
Sra pa l'Europe va empeche a mwin boir mon tisane péi bien sur !

3.Posté par adeler le 20/01/2011 18:34
achete un livre de plante ou herbe medicinale et fe toi meme ton tisane c ca le secret surtou peace

4.Posté par Angélique le 20/01/2011 19:27
Faire le bonheur des gens contre eux, cela s'appelle comment, déjà?

5.Posté par zazakyèl le 20/01/2011 18:50
la kultur kréol lé en perdition ek l'Europe la !!

6.Posté par David Asmodee le 20/01/2011 18:57
"Nous sommes en plein dans la volonté affichée de l' OMC ! "

Oui. Il y a un complot international contre les tisaneurs pays. Je vous laisse, je vais vérifier s'ils ont pas planqué des micros chez moi.

7.Posté par Feroz le 20/01/2011 21:35
Va-t-on encore longtemps laisser bruxelles continuellement faire la loi et imposer ses contraintes liberticides ?
Toucher aux tisanes et mettre en péril la vie de familles entières c’est très grave.

Faudra pas s’étonner des réactions.

8.Posté par SEVERIN le 20/01/2011 20:52
Je crois que l'Europe,devraient plus s'occuper de ces traders qui se permet de jouer a la spéculation avec l'argent qu'il n'ont pas dans ces banques.Ce qui nous a conduit dans cette crise subit au jour d'aujourd'hui.Ils devraient respecter le savoir faire ancestral des tisaneurs reconnu d'une grande qualité par la connaissance de la faune et la flore de notre île natal la Réunion.En métropole avant d'aller voir le toubib,je prend les tisanes que je concocte moi même par la transmission du savoir faire qui ma été donné dans le passé à la Réunion.De plus, vu le trou de la sécurité sociale,alors l'Europe,occupez-vous des millions pauvres que vous avez mis de coté avec votre construction de l'Europe des Riches.In yab des Yvelines

9.Posté par Koike le 20/01/2011 21:43
Bana y Rode touf a nou .lerope !! kel lerope ici not frontière c l'océan et "Grace" a lerope le créole la pu le droit pêche poisson ni soigne volaille pou lu manger . Bientôt pu de service malabar pu de fête musulman .Pou Vend Samoussa bouchon ek bonbon piment faut fabrique dans un labo.
Pendant ce temps la en Europe n'a un peu y vend kebab et sushi avarié.

Nout culture nos traditions laprés chier ek nous.

10.Posté par Henri. le 21/01/2011 05:47
l'europe , est une dictature marchande.En France de nombreuses herboristeries ont fermé , pour l'avantage financier des mutinationales Liees financierement à Bruxelles.Je pense personnellement que les réunionais ont du mourron à se faire.

11.Posté par jb le 21/01/2011 07:33
"pourquoi avoir inscrit la réunion au patrimoine de l'unesco si on cherche à interdire toutes les traditions", que fait didier robert et sa très jacqueline pour défendre tout ça, eux qui bradent haut et fort à tour de bras "la réunion, île de tradition, et ceci et cela", vraiment du n'importe quoi...

12.Posté par Feroz le 21/01/2011 08:16
9 oui et si on laisse faire bientôt va falloir demander à l'europe l'autorisation pour aller pisser

13.Posté par Fab le 21/01/2011 08:40
Demain nous ne serons plus que des moutons, devant tous vivre de la même manière, consommant les mêmes produits, se soignant avec les mêmes médicaments issus de gros laboratoires pharmaceutiques qui brassent des milliards d'euros.. bref vous voyez l'image.. Je ne me soigne pas avec les plantes mais je déplore cette atteinte à la liberté des individus de pouvoir se soigner comme bon leur semble. A coté de ça l'alcool et le tabac sont toujours en vente et tuent des milliers de gens chaque année, de manière directe ou indirecte. Pourquoi l'Europe ou les politiques ne s'attaquent-ils pas aux vrais problèmes comme ceux-là ? Pour l'argent et le profit bien sûr ! De la même manière qu'on a fait afficher des slogans comme "fumer tue" sur les paquets de cigarettes, pourquoi ne pas avoir simplement imposé une mention genre "sans résultats garantis" ou "plante non reconnue par l'Europe" sur les plantes médicinales ? Non, ils préfèrent sortir tout un tas de contraintes et exigences drastiques très coûteuses qui vont tuer le secteur. Chapeau !

14.Posté par Bayoune le 21/01/2011 09:58
Wala kosa i yarive kan toute nout bann politisiyin i doviyin dé kolabo. Mi èmeré savwar kosa le député euroépeen Mimile i panss de tousa, èk son madanm sénatriss. Zot i pé pli kriyé, zot na in min dosi zot goziyé é lot zot i tiyin zot porteffèy ke lerope i angross koté zot konte an bank. Kisa i rapèle ankor kan Vergès té i dénonss la CEE dovan bann pti plantèr, ke la fine ruiné zordi, biyinsir, sat na vintan zordi la pa konu ce Vergès grand pourfendeur de l'Europe des capitalistes, sa té avan kan li té mètt savate dedwa konm ti maléré, pou fé krware azot li té égal èk zot. Et puis tout d'un coup en 1979, Vergès Paul avait retrouvé avec l'aide du parti communiste français, colonialiste aussi( l’Algérie) les vertus de devenir européen, konm son papa lavé trouvé en 1946 les vertus de devenir un bon départementaliste convaincu après avoir servi fidèlement le gouverneur Aubert, pétainiste notoire qui voulait fé pouss limon dann ventre kréol. Wala lo résultat d'une politique de kolabo avec le colonialisme... Nou napi lo drwa dawar in drwa!!!!, eske domin lo réniyoné nora ankor lo drwa dor èk son kafrine ?? ou biyin va donn inn génétiquement modifié….

15.Posté par le congo chez tintin le 21/01/2011 10:08
Ça aura au moins le mérite de limiter le prélèvement sauvage de certaines plantes ou écorces dans nos forêts....

16.Posté par Henri. le 21/01/2011 11:12
la dictature marchande a pour but de recontruire le monde à leur mesure.Seul le profit les interesse.Pas les humains qu'ils meprisent.Votre ile sera comme la corse bientot.Comme certaines iles bretonnes ou pour virer les paysans qui etaient la depuis des siecles,ils ont creer un impot sur la fortune.Ensuite les riches s'y installent.

17.Posté par midiazot le 21/01/2011 11:57
Les entreprises pharmaceutiques doivent se réjouir. Fini les tisanes, tous les médicaments placébos eux resterons en ventes. L'Europe fait de la prévention, mais n'as pas empêché le Talc Morange, le sang contaminé, ou la pas de contrôle en amont, ainsi que d'autre affaire entre autre celle de Médiator. Ce n'est pas dans un livre que l'on apprend à faire des tisanes, mais auprès de tisaneurs.

18.Posté par kaloupillé le 21/01/2011 12:29
C'est pour cela existe les Lobbyes Pharmaceutique dans le CHATEAU du Lubéron ......

19.Posté par curebien le 21/01/2011 15:00
Cette directive ne devrait concernée que les préparations à base de plantes vendues en Pharmacie ! (cf interview de M Marodon pharmacien, par une radio de la place -accessoirement le monsieur est président du syndicat des pharmaciens de la Réunion, si je ne me trompe pas-)

20.Posté par medecin le 24/01/2011 14:53
Et bien, ce serait une bonne chose que l'on contrôle ce qui se vend sur les marchés et auquels on attribue des vertues prétendument thérapeutiques. Les cas d'insuffisance rénale ou hépatique, d'hepatites... ne sont pas rares apres consommation de plantes. Ce n'est pas parce que c'est naturel que c'est sans danger. Au contraire ! une plante peut avoir une vertue thérapeutique et beaucoup d'effets secondaires par ailleurs. Les tisanes ne séparent pas le principe actif des autres molécules de la plantes qui peuvent être toxiques.
Par ailleurs, bien des remedes sont totalement inéfficaces et les personnes qui les prennent retardent l'instauration d'un traitement efficace et sécure.
Si les remedes locaux ont des vertues therapeutiques, et bien qu'on les analysent, qu'ont en extrait le principe actif et qu'on en fasse des medicaments si bien sur ils n'ont pas d'effets indesirables. Tout le monde y gagnera.

21.Posté par TINOUNE le 02/02/2011 08:16
moi j'aurai du prendre tisane grand mère comme cela j'aurai été pas malade on m'a donné médiator et isoméryde et aujourd'hui je suis malade le coeur fatigué, je n'ai pas perdu 1g mais que des ennuis de santé vive zerbe la REUNION ET DES ILES assez engraisse ces gros indistriels camarades zélus je ne lâcherais pas j'irai jusqu'au bout pour ma santé

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