Le Club de la Réunion a, dans un courrier paru la semaine dernière sur Zinfos974 (cf. courrier du 4 octobre), souhaité alerter les Réunionnais sur les dérives de l’archéologie à La Réunion. Nous avions particulièrement insisté sur l’absence de prise en compte dans la pratique archéologique des croyances locales et de l’investissement affectif d’un nombre sans cesse croissant de personnes à l’égard d’un lieu : le Lazaret de la Grande Chaloupe. Nous souhaitions ainsi signifier que l’archéologue n’était pas un simple technicien, mais qu’il devait prendre en compte le contexte particulier de l’île et être soucieux de sa communication notamment en matière d’archéologie funéraire. Le vol d’ossements le week-end dernier est venu conforter cette idée. Le fait qu’un individu dérobe cinq kilos d’ossements qu’il considère comme étant celui de ses ancêtres témoigne du fait qu’à La Réunion il existe un rapport particulier avec les morts. Nier cette réalité au nom de la rationalité scientifique est une erreur de premier ordre. L’anthropologue Marc Guillon (Inrap, président de la société d’Anthropologie de Paris) rappelle à foison que l’archéologue doit être sensible aux populations sur lesquelles il travaille et surtout accorder une place centrale à la communication. (A écouter notamment http://www.inrap.fr/archeologie-preventive/Ressources-multimedias/Emissions-de-radio/Le-Salon-noir/Radio-Le-Salon-noir-archives-2011/p-12956-Entre-Anthropologie-funeraire-et-Ethique-que-faire-des-squelettes-exhumes-par-l-archeologie-.htm)
Aussi, pousser à un procès en sorcellerie l’auteur de ce vol est un moyen commode de se disculper et d’aller à l’encontre de la rationalité scientifique. Car cette rationalité suppose justement de prendre en compte le rapport aux morts et à l’exhumation de sépultures dans l’île.
De notre point de vue, cet évènement ne se serait jamais déroulé, si on avait eu, au préalable, une véritable concertation.
Nous proposons ainsi d’établir un moratoire sur les opérations d’archéologie funéraire afin de mettre en place un code de bonne conduite. En effet, si les ossements sont traités de la même manière que les autres vestiges dans l’hexagone, cela ne peut être le cas à la Réunion.
En second lieu nous réaffirmons notre volonté de voir apparaître un comité dont la composition reste à définir (universitaires, représentants de la population - élus et associations -, dignitaires religieux, chercheurs amateurs, …) pouvant réfléchir et orienter la prise de décision en archéologie afin d’éviter les égarements.
Le Club de La Réunion
Aussi, pousser à un procès en sorcellerie l’auteur de ce vol est un moyen commode de se disculper et d’aller à l’encontre de la rationalité scientifique. Car cette rationalité suppose justement de prendre en compte le rapport aux morts et à l’exhumation de sépultures dans l’île.
De notre point de vue, cet évènement ne se serait jamais déroulé, si on avait eu, au préalable, une véritable concertation.
Nous proposons ainsi d’établir un moratoire sur les opérations d’archéologie funéraire afin de mettre en place un code de bonne conduite. En effet, si les ossements sont traités de la même manière que les autres vestiges dans l’hexagone, cela ne peut être le cas à la Réunion.
En second lieu nous réaffirmons notre volonté de voir apparaître un comité dont la composition reste à définir (universitaires, représentants de la population - élus et associations -, dignitaires religieux, chercheurs amateurs, …) pouvant réfléchir et orienter la prise de décision en archéologie afin d’éviter les égarements.
Le Club de La Réunion

















