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L'AVECA : "On ne baissera pas les bras..."

L'AVECA n'a pas dit son dernier mot, une semaine après les imposants blocages dans l'Ouest du département. Globalement satisfait du Protocolle Novelli, le président de l'AVECA, Laurent Boyer, confie néanmoins que les charges sociales et fiscales représentent toujours un important blocage. Dernier épisode en date du lundi 31 août, le préfet Pierre-Henri Maccioni aurait modifié les modalités d'attribution des exonérations inscrites au sein de l'article 32 de la LODEOM, ce qui "n'est pas légal car non inscrit dans un cadre législatif" selon l'AVECA.


L'article 32 de la LODEOM (Loi pour le développement économique de l'Outre-mer) stipule que l'"abandon partiel (des exonérations de charges fiscales et sociales) est subordonné au paiement effectif de la part salariale des cotisations ou, à défaut, à la signature d'un échéancier de paiement d'une durée maximale de trois ans". Or le préfet de la Réunion, Pierre-Henri Maccioni, a modifié ce facteur d'attribution en demandant la mise à jour des déclarations des entreprises concernées, lors d'une précédente réunion en date du 31 août dernier.

Selon Laurent Boyer, cette décision n'est pas légale juridiquement : "Il y a beaucoup d'ambiguïté et de flou. La forme n'est pas réglementaire et l'on continue à attendre que les choses se passent. Si vous vous référez aux articles 5 et 32 de la LODEOM, qui est un texte de loi validé par les parlementaires français au niveau législatif, il est impossible de dire qu'une mise à jour dans les déclarations suffirait à exonérer de charges fiscales et sociales les entreprises en souffrance même si cela reste positif. Ce texte indique pourtant que ce sont les cotisations qui doivent être mises à jour. Nous critiquons la méthode mais pas le fond. Il y a des règles à respecter et nous ne manquerons pas d'interpeller le préfet aujourd'hui même sur ce point " précise le président de l'AVECA.

"Ce sont les grosses entreprises qui tirent leur épingle du jeu"

Prônant l'apaisement, les membres de l'AVECA, dont une partie s'est réunie ce matin au Tampon, estiment qu'il n'y a pas de consensus sur les charges fiscales et sociales même s'il y a beaucoup de points positifs dans le Protocole d'Hervé Novelli. Protocole que l'association n'a pas signé. Si les chapitres relatifs à la Commande publique semblent satisfaire l'AVECA, il reste encore beaucoup de choses à faire concernant la médiation du crédit : "Dans l'article 8 du Protocole Novelli, il est explicitement indiqué que les TPE/PME sont concernées. Mais on sait tous que ce sont les grosses entreprises qui tirent leur épingle du jeu. On l'a encore vu dernièrement avec les prêts conséquents accordés aux groupes Caillé et Foucque", souligne un des membres présents.

Par ailleurs, Laurent Boyer demande à ce que les entreprises en difficulté soient "tirées vers le haut et non le contraire. Aujourd'hui, le BTP est dans un trou et ne fait même pas partie de la Zone Franche globale. Peut-on me dire qu'aujourd'hui les NTIC ou l'agroalimentaire est en crise alors que les terrassiers et le secteur des BTP ne s'en sortent plus ?"

Considérant qu'il devient urgent de trouver des solutions concrètes, le président de l'AVECA ne veut pas baisser les bras et se dit peu convaincu par les récentes annonces du Préfet : "Il faut redéfinir tout cela et s'intéresser davantage aux terrassiers et au secteur du BTP avant de s'attaquer au Protocole Novelli...". Conscient de la surveillance actuelle établie par la Préfecture de la Réunion à travers la présence des forces de l'ordre ça et là, l'AVECA précise qu'elle n'a pas dit son dernier mot et que de nouvelles actions "différentes" pourraient voir le jour. Par ailleurs, Laurent Boyer devrait demander au Préfet de faire partie de la délégation qui se déplacera pour négocier les points du documents à Paris.

L'AVECA répond à Eric Magamootoo

On s'en souvient, le président de la Chambre de commerce et d'industrie de la Réunion (CCIR), Eric Magamootoo, avait déclaré qu'il "condamnait l'action" de blocage mis en place par l'AVECA la semaine dernière. Visiblement remontés face à cette annonce, les membres de l'AVECA ont souhaité réagir et répondre au président de la CCIR en la personne de Laurent Boyer : "Si lui condamne notre action, nous, nous condamnons fermement son inaction. Premièrement, on ne s'est pas retrouvé sur les routes du département tous les jours. Ensuite, je n'ai jamais vu Eric Magamootoo se joindre à nous. Mais lorsque le MEDEF était venu autour de la table des négociations, il rapidement a posé aux côtés de Maurice Cerisola et François Caillé.

Qu'a t-il fait pour nous alors qu'il est un président élu par les petits commerçants ? Rien... En décembre 2008, j'ai pris contact avec son cabinet pour prendre un rendez-vous mais 10 mois plus tard, rien de tout cela n'est intervenu. Alors, qu'il critique c'est une chose, mais qu'il aille faire le ménage chez lui avant de venir se prononcer sur des faits qu'il ne vit pas. Ce sont les commerçants qui ont contribué à lui donner son fauteuil de président de la CCIR. Il ne faut pas confondre combat politique et combat syndical..."
Mardi 8 Septembre 2009 - 14:45
Ludovic Robert
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1.Posté par payet léobert le 09/09/2009 09:07
Ce que l'AVECA a stipulé dans cet article est véridique. Il y a aujourd'hui à la Réunion, ce qui sont tout en haut et ceux qui sont tout en bas. Aujourd'hui, quelqu'un a le courage de dire et dénoncer les abus des gros. Il faut faire cesser cet inégalité pour nous et nos enfants à l'avenir.
Concernant Eric Magamootoo, il a obtenu son siège à la CCIR par les petits commerçants et aujourd'hui les petits commerçants et chefs d'entreprises sont oubliés et ils sont dans le gouffre. Au lieu de tendre une perche pour sauver ces petits commerçants et entrepreneurs, Mr Eric Magamootoo préfère les laisser se noyer en riant dans son royaume des gros. Maintenant il fait sa rentrée en politique.
Mais n'oublions pas que les petits d'en bas sont plus nombreux que les gros d'en haut. Il faut sanctionner fortement.
Souvenons nous de la parole du Pape Jean Paul II : " Créoles, ouvre le yeux reste pas dans le fénoir"

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