Faits-divers

Juliano Verbard : "Mégalo" mais "pas fou"

L'examen de la personnalité des 16 accusés a pris fin aujourd'hui avec les profils psychologiques et psychiatriques de Sandrine Hoarau et Marie-Noëlie Latchoumane. Au cours de cette matinée de procès, deux temps forts sont à retenir : le "débat" sur l'altération du discernement des accusés, qui peut conduire à une atténuation de la peine, et l'intervention de Georges Fenech, président de la Miviludes.


Juliano Verbard : "Mégalo" mais "pas fou"
Deux experts psychiatres, deux diagnostics différents. Le Dr Franc a examiné la plupart des accusés en 2007, 2008. Hier, il a conclu dans la plupart des cas à l'altération du discernement engendré par un endoctrinement, qui à lui même provoqué une perte du sens de l'auto-critique. Le spécialiste précisait dans le même temps, que les accusés n'étaient pas atteints de pathologies mentales et qu'ils étaient accessibles à une sanction pénale.

Incompréhension du côté du parquet représenté par Michel Baud, qui rappelle cet article du code pénal stipulant que l'altération du discernement n'est envisagée que dans le cadre de troubles psychiques ou neuropsychiques. Et le Dr Franc de prendre le cas de John Daleton, l'un des accusés, comme exemple afin de clarifier son propos. "Ce jeune homme n'a pas de maladie mentale mais il est fragile psychologiquement à son entrée dans le groupe. Cette fragilité correspond au trouble". 

Pas d'altération du discernement

Le Dr Tchoufalyan, désigné pour examiner Sandrine Hoarau, ne voit pas les choses de la même façon. Titulaire d'une maîtrise en biologie, la jeune femme était professeur de biologie dans le secondaire. "Lorsque je l'ai reçue, elle me disait que l'enlèvement avait été commis pour des raisons financières (une rançon). Elle se présentait comme une délinquante peu prévoyante mais selon moi, c'était un trompe-l'oeil grossier". Le médecin a décelé dans ses déclarations "une stratégie sacrificielle afin de protéger Juliano Verbard", ce dernier exerçant une "emprise totale" sur cette jeune femme dont "la fragilité est sous-jacente à ce moment là".

En dépit de cela, il n'a pas conclu à une altération de son discernement et s'en est expliqué. "C'est une notion qu'il faut utiliser avec prudence. Sandrine Hoarau se voit comme les premiers chrétiens. Elle assume les conséquences de ses actes et en retire une gratification narcissique et psychologique. Elle n'est pas irresponsable car dans le comportement humain, tout est à prévoir. Elle est dans la certitude absolue, c'est en cela que son discernement n'est pas altéré".

Une rencontre déterminante

La question, qui fait l'objet d'un vaste débat depuis deux jours, ne s'est pas posée pour Marie-Noëlie Latchoumane. Âgée de 55 ans, elle avait toujours refusé de participer aux entretiens des experts. Aujourd'hui, elle a cependant souhaité s'exprimer devant la cour et livrer rapidement quelques éléments de sa biographie. L'accusée explique qu'elle a vécu une vie rangée, rythmée par son travail d'employée de maison, ses pélerinages en Europe et, vers 2001, le groupe de prière.

Un peu plus tard dans la matinée, le Dr Tchoulfayan est de nouveau intervenu afin de livrer une autre analyse de la personnalité de Juliano Verbard, celle-ci datant de 2008. Une nouvelle rencontre avec le psychiatre qui avait apparemment été déterminante pour l'ancien leader du "Cœur Douloureux et Immaculé de Marie". "Le docteur m'avait montré des documents concernant Mgr Brossard et c'est à ce moment là que je me suis rendu compte que j'étais évêque et prêtre de rien du tout". "Juliano Vebard a des tendances mégalomaniaques. Il donne aux gens ce qu'ils attendent de lui, mais il n'est pas fou", lance le Dr Tchoulfalyan.

Le dernier temps fort de la mi journée a été l'audition de Georges Fenech, président de la Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires) qui a, entre autre choses, rappelé les critères définissant un groupe à dérive sectaire.

L'audience se poursuit cet après-midi avec le début des plaidoiries.

Vendredi 15 Avril 2011 - 15:01
Mélodie Nourry
Lu 1367 fois




1.Posté par le congo chez tintin le 16/04/2011 08:30
Hier, il a conclu dans la plupart des cas à l'altération du discernement engendré par un endoctrinement, qui à lui même provoqué une perte du sens de l'auto-critique.

-----------------------------------------

Maladie bien connue sous le nom du syndrome d 'aéro-Delopette.

Nouveau commentaire :
Twitter


Dans la même rubrique :
< >

Samedi 10 Décembre 2016 - 09:45 Saint-Louis: Un conducteur heurté par un bus

4, cité Fontaine
97400 Saint-Denis

06 93 010 810
contact@zinfos974.com


- Contact

- Signaler un abus

- Mentions légales