Société

Journée mondiale de la biodiversité : L'abeille n'apporte pas que du miel

Les élèves d'une classe de CP de l'école Léon Dierx, de Saint-Denis, se souviendront longtemps de cette matinée passée aux Colimaçons. Le Conservatoire Botanique de Mascarin ouvrait ses portes pour faire la connaissance des abeilles qu'il abrite, en espérant que le message de préservation de l'environnement végétal comme animal fasse un bout de chemin autour d'eux, une fois rentrés à la maison.


L'école à ciel ouvert : le cadre était idéal pour une trentaine d'écoliers du chef-lieu, sans compter les autres classes prévues au planning ce mardi. Dans le cadre de la journée de la biodiversité, le Conservatoire Botanique de Mascarin ouvrait une thématique spéciale : celle de la culture du miel dans toutes ses composantes. La dégustation n'en est que le produit final.

Dans les hauts de Saint-Leu, aux Colimaçons, les milliers d'abeilles du site ont de quoi trouver leur bonheur. François Payet, président du syndicat apicole de la Réunion, est le mieux placé pour en parler: "Le rayon de butinement d'une abeille est d'environ 3km. Avec le cadre du jardin du conservatoire, elles bénéficient d'un espace préservé". Il faut dire que les pensionnaires du jardin sont surveillées de près.

La filière peine à retrouver son allure d'avant 2006. "La Réunion évite tout ce qu'on peut retrouver ailleurs dans le monde comme les cultures intensives qui répandent beaucoup de produits chimiques néfastes aux insectes, mais nous avons subi deux coups de semonce. Le premier en 2006 avec l'utilisation massive de produits pour lutter contre le moustique et en 2008 avec l'introduction de la mouche bleue", explique François Payet.

Les bons gestes passent par la pédagogie

L'exemple le plus frappant est celui des apiculteurs de l'Est. "Ils n'étaient pas obligés de nourrir leurs abeilles auparavant. Maintenant, ils doivent apporter un nourrissement complémentaire de sucre et de protéine s'ils veulent maintenir en vie leurs colonies", avoue le spécialiste. Sans le travail de titan de l'abeille, c'est l'homme qui disparaitrait en quelques mois, aurait dit Einstein, une thèse que François Payet reprend sans difficulté. Le spécialiste ne cache d'ailleurs pas que la situation mondiale est très préoccupante.

Journée mondiale de la biodiversité : L'abeille n'apporte pas que du miel
C'est pour faire prendre conscience aux générations futures que les scolaires étaient invités. Pas avares de questions, les enfants ont assisté à la récolte de trois ruches dites "pédagogiques", juste placées pour la démonstration au coeur du jardin.

En limite du parc, bien plus haut, le Conservatoire abrite 40 ruches productives. "Dans une ruche, on a dix cadres. Et chaque cadre délivre jusqu'à 2 kilos de miel", précise Henri Bègue, technicien de l'association pour le développement de l'apiculture. Juste avant midi, les mêmes enfants ont pu assister à l'extrait du précieux liquide de leurs cadres pour une dégustation de gaufres de miel. "Pour le moment, nous n'avons pas encore d'atelier d'extraction à côté du rucher où les enfants pourraient suivre toutes les étapes de A à Z. Mais ça sera probablement fait bientôt. Aujourd'hui, ils ont vu l'ouverture d'une ruche, ils ont pu comprendre la vie des abeilles et après goûter le fameux miel Mascarin", se réjouit Joël Lin, responsable du service de médiation scientifique et culturelle au Conservatoire Botanique National de Mascarin.

A la Réunion, 70% de la production concerne le miel de baies roses, 10% de letchis, 10% de miel de forêt et enfin 10% de miel "toutes fleurs".

Journée mondiale de la biodiversité : L'abeille n'apporte pas que du miel
Mardi 22 Mai 2012 - 16:09
ludovic.grondin@zinfos974.com
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