Santé

Journée dédiée à l'indépendance de la médecine: "Liberté de prescrire pour (re)devenir crédible"


Alan Cassels et Philippe de Chazournes
Alan Cassels et Philippe de Chazournes
Ce samedi, se tient la 2ème journée internationale de l'indépendance médicale (Jiim) sur le site de l'Université du Moufia. Le but de cette journée, continuer le travail effectué lors de la première rencontre, organisée en décembre dernier, en mettant en avant les patients, mais également les décideurs (autorités et législateurs) sur la question de l'indépendance de la médecine. Plusieurs personnalités du monde médical seront présentes physiquement, mais également virtuellement. Une journée chargée dont les mots d'ordres seront "liberté de prescrire pour (re)devenir crédible".

"Le but de cette deuxième journée est de prolonger la première et d'approfondir les questions restées en suspens faute de temps. On souhaite donner la priorité au débat", explique le Dr. Philippe de Chazournes, co-président de l'association Med'Océan (association de formation médicale continue et de développement de la qualité, de l'évaluation et de la recherche en santé de l'océan Indien), organisatrice de cette journée. Et pour animer les débats, Med'Océan a fait appel à plusieurs personnalités du monde médicale pour intervenir (via téléconférence), dont le Pr Jean-Luc Harrousseau, président de la Haute Autorité de Santé, le Dr Irène Frachon, pneumologue et lanceur d'alerte dans l'affaire du Médiator, ou encore le Dr Dominique Marininchi, directeur de l'Agence du médicament (ANSM). Egalement présent, Alan Cassels, écrivain et journaliste médical au Canada, auteurde plusieurs ouvrages sur les pratiques des laboratoires pharmaceutiques, notamment celle de créer de nouvelles maladies pour prescrire de nouveaux médicaments.

Pour le côté législatif, Med'Océan a également invité l'ensemble des députés de l'Assemblée nationale à se connecter sur le site cinerum (où sera retransmis en direct les débats ndlr) de Med'Océan pour répondre aux questions et interrogations des patients, mais également de la profession médicale. "Pour le moment je n'ai pas eu de confirmations", avoue Philippe de Chazournes qui regrette au passage le manque d'engagement des collectivités locales. "L'organisation d'une journée comme ça coûte chère. Ni le Département, ni la Région ne nous ont aidé. L'indépendance de la médecine ne semble pas être une priorité pour ces institutions et leurs élus", lâche-t-il.

Le Dr Irène Frachon absente physiquement, présente virtuellement

Le programme de la journée s'annonce particulièrement chargée. D'une part sur les scandales médicaux actuels et à venir. Immanquablement, cette journée abordera le cas du Médiator. Si la présence du Dr Irène Frachon a été "espérée" jusqu'à la dernière minute, la continuité du procès Médiator au tribunal correctionnel de Nanterre l'a finalement empêché de venir. "Irène Frachon s'excuse, mais elle aura des mots pour les victimes réunionnaises du Médiator. Le combat qu'elle mène aujourd'hui n'est pas facile", rappelle Phillipe de Chazournes.

Deux autres thèmes seront abordés comme les deux dernières lois votées, d'une part sur la protection des lanceurs d'alerte, et d'autre part sur la loi dite du "Sunshine Act" (loi encadrant les conflits d’intérêts entre laboratoires et professionnels de santé) diversement accueillie par le monde de la santé. "Si la protection des lanceurs d'alerte est une reconnaissance de nos combats passés, la dernière loi sur le Sunshine Act apparait comme un recul. Les "petits" médecins de terrain sont encore une fois les seuls à être montrés du doigt, en laissant sagement les "leaders d'opinions" dans la plus grande opacité financière quant à leur liens avec l'industrie", poursuit-il.

Si tous ces thèmes et l'indépendance de la médecine en général vous intéresse, la journée internationale de l'indépendance médicale se déroulera dès 9h30, ce samedi 1er juin, à l'amphithéâtre Lacaussade de l'Université du Moufia. L'entrée est gratuite.
Vendredi 31 Mai 2013 - 16:16
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1.Posté par justedubonsens le 31/05/2013 17:58
Je comprends ce désir légitime de prescription médicale mais malheureusement elle ne peut être. Pourquoi ? parce que le système médical français est basé sur les remboursements de la SS. Et malheureusement n'en déplaise aux organisateurs de ce débat, beaucoup de leurs confrères ne sont pas préoccupés par le déficit abyssal de la Sécu et prescrive sans compter pour le seul fait que nombre de laboratoires les démarchent et les gratifient pour ces prescriptions.
J'estime que les médecins ne dénoncent pas ou très peu le mode de conditionnement de nombreux médicaments dont les boîtes sont rarement en rapport avec les durées de traitement. Il y a un gâchis colossal pour cette raison et donc une perte financière trop importante pour notre mode de sécurité sociale mise en danger également par des prescriptions clientélistes pour satisfaire à des demandes d'aide à des parents étrangers, à des arrêts de travail injustifiés. Le médecin est aujourd'hui un "stakhanoviste" des visites médicales. Le patient à peine entré ressort rapidement avec un bilan à l'emporte pièce et une ordonnance bien chargée.
Oui chacun sait que vous êtes surtaxés, mais je pense que le lobby médical parlementaire est suffisamment puissant pour revenir plus près de l'esprit d'Hyppocrate en échange de concessions financières avec une baisse des taxes.
L'indépendance , quelle qu'elle soit , se mérite et doit être justifiée. Votre rôle n'est pas que soigner notre système vous engage dans sa gestion.
Cordialement

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