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Journée de la femme le 8 mars: "Sept femmes pour demain", Michèle Canéguy


Journée de la femme le 8 mars: "Sept femmes pour demain", Michèle Canéguy
La vie politique réunionnaise se féminise. Ouf ! Ce n’était pas trop tôt ! La rédaction de Zinfos en a sélectionné sept. Sept femmes qui émergent de tous les partis confondus à la Réunion. Elles sont associées à la dynamique économique, sociale ou culturelle de l’île, jusqu’à maintenant réservée aux hommes. Elles se sont investies pleinement dans les décisions régionales, départementales, communales et politiques tout en étant mère au foyer, épouse et professionnelle. Elles sont décidées à faire entendre leurs voix, leurs idées. Elles livrent à tour de rôle  leurs opinions féminines et féministes. En attendant la journée internationale de la femme le 8 mars prochain, Zinfos vous dévoile chaque jour "une femme politique de demain".

Par Gilette Aho

Michèle Canéguy: Conseillère Générale – Conseillère Municipale à la mairie de Saint André.

Gilette Aho : On constate ces dernières années, un regain d’intérêt des mouvements féministes (à la Réunion, comme en métropole) : il y a "femmes974", "ni putes, ni soumises", "femmes solidaires" etc... D’après vous pourquoi le féminisme est toujours d’actualité ?
Michèle Caneguy: En 2002, j’ai perdu une amie. Elle a été assassinée par son conjoint. Il a aussi tué leur petite fille de 2 ans. Pour moi, cela a été un drame d’une violence insupportable, inacceptable. Le taux de mortalité des femmes suite à des violences conjugales est absolument terrible à la Réunion (15% par an contre 10% au niveau national). Dans le Département, chaque année 10.000 femmes sont en danger grave ou extrêmement grave, c'est-à-dire dans un risque d’atteinte à leur vie et à leur intégrité physique. Ce qui expliquerait pourquoi le féminisme est toujours d’actualité. Les services de l’Etat et du Conseil Général ont mutualisé leurs moyens financiers et leurs moyens humains en mettant en place un seul dispositif d’écoute téléphonique pour l’enfance maltraitée et les femmes victimes de violences : le 115. Ce numéro fonctionne 24h/24 et 7 jours/7. Concrètement lorsqu’une femme appelle en disant : "mon mari m’a frappée, je suis dehors", un taxiteur va chez elle accompagné d’une assistante sociale pour l’emmener et l’orienter vers une pension de famille ou un hôtel conventionné avec le Département.

Pensez-vous que c’est difficile pour une femme de concilier vie professionnelle et vie privée ?
Cela dépend du cercle familial dans lequel vit la femme. Si ce cercle familial est composé de personnes qui conçoivent parfaitement l’égalité homme/femme, la femme peut trouver un soutien effectif régulier. Pour ma part,  je peux concilier ma vie professionnelle, privée et aussi politique car j’ai un conjoint sur lequel je peux m’appuyer solidement en toute confiance et aussi une maman, des sœurs et un frère. Une famille soudée.

Quand vous étiez petite fille, vous aviez conscience d’uns statut différent entre l’homme et la femme ?
J’ai grandi dans une culture "malbar" où la femme devait baisser la tête devant les hommes. Etant petite fille, j’ai été constamment révoltée de voir à quel point les femmes autour de moi étaient soumises. Je me suis alors promise d’être célibataire plutôt que soumise. Seule plutôt que mal accompagnée.

Pensez-vous que la femme est seule responsable de l’image qu’elle véhicule à travers les médias ?
C’est la société entière qui est responsable. Se sont souvent des images liées à des valeurs et attitudes fondées sur des modèles stéréotypes et intériorisées. Certaines images médiatiques viennent d’une construction générée de la société qui divise les rôles, habiletés, intérêts et comportements selon le sexe, en gros il s’agit d’un comportement sexiste. Il reste encore beaucoup à faire dans ce domaine.

Qu’est-ce que votre mère vous a transmis ?
Ma mère qui me demandait d’être soumise face à mon grand frère ; toutefois elle a su aussi faire évoluer sa mentalité en étant à l’écoute de mes revendications "extrêmement féministes" dans ma jeunesse.
Jeudi 1 Mars 2012 - 11:45
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1.Posté par domtom le 01/03/2012 12:03

http://reunion.la1ere.fr/infos/actualites/le-groupe-de-femmes-reunionnaises-hostiles-contre-la-venue-dorelsan_85514.html

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