Faits-divers

Joseph d’Eurveilher, arnaqueur multirécidiviste : Il s’attaquait aux faibles femmes


C’est entre ses escorteurs, les gendarmes, qu’il est apparu à l’audience et ce n’est pas la première fois. Joseph d’Eurveilher, 43 ans mais en paraissant moins, présentant bien, est un habitué des prétoires avec un CV plus que chargé : une quinzaine condamnations pour abus de confiance, faux et usage de faux, circulation sans assurance, vol, évasion, contrefaçon, banqueroute. Il totalise plusieurs années de prison, une prison où il ne fait qu’entrer pour y revenir à peine sorti.

Sa grande spécialité, c’est l’escroquerie mais le  bonhomme donne aussi dans la lâcheté car ses proies, il les choisit toujours chez les personnes démunies, en état de grande fragilité psychologique, faciles à berner. C’est qu’il est bien de sa personne, s’exprime très bien et possède une étonnante capacité à jouer les consolateurs.

L’ange consolateur

Il n’est pas plus tôt sorti de Domenjod, en mars 2014, qu’il remet ça à La Rivière. Sa proie est une femme entre deux âges qui survit avec son RSA. Très mal dans sa peau, elle a "la chance", pense-t-elle, de rencontrer un ange charitable appelé Joseph d’Eurveilher, qui a eu vite fait de la séduire.

Et qui, trois jours après, subtilise son chéquier et, comble de la galanterie, s’empresse de la tromper avec une de ses meilleures amies. Lorsque la victime s’en aperçoit, il est trop tard et l’escroc a déjà commencé à mener la grande vie. Avec les formulaires volés, il loue une villa de luxe dans l’Ouest, achète de l’électroménager et des meubles, des vêtements de marque, des parfums de prix.

Puis, en avril 2014, notre arnaqueur revient dans le Sud, au Tampon où il tente d’acheter d’occasion une voiture de luxe et arnaque une femme en détresse à qui il loue un appartement meublé pour 1800 euros par mois.

Comme il lui arrive parfois d’être circonspect, il "mouille" sa propre sœur dans une location de voiture (payée par elle) qu’il met sur la route en arnaquant les pompistes avec ses faux chèques. Le loueur attend encore la restitution du véhicule.

L’affaire en or

Puis il croit avoir flairé une excellente affaire auprès de sa propriétaire. Cette charmante dame a d’énormes soucis avec un fils en prison et qui risque d’y rester très longtemps. Elle ne sait plus que faire pour venir en aide à son rejeton et d’Eurveilher tombe à pic pour résoudre le problème d’un coup de baguette magique !

Selon ses dires, comme il entretient des relations privilégiées avec le personnel de justice sudiste, de la préposée à l’accueil au président du tribunal, en passant par les greffiers, les huissiers et les avocats, qui lui mangent dans la main, il va faire libérer le coupable aussi sec. Pour mettre toutes les chances de leur côté, il propose à sa victime de la mettre en contact avec un célèbre avocat tunisien qui remporte tous ses procès. Pour assurer l’affaire, il faut casquer plus de 6000 euros, que la maman en détresse finit par lui remettre… en liquide. Elle s’apercevra mais un peu tard que si l’avocat en question existe, il s’agit d’un avocat d’affaires qui n’a jamais joué en première division, le terrain pénal. 

Il n’y a pas de petits bénéfices

Mais d’Eurveilher n’en reste pas là. Ça marche tellement mieux qu’il ne le pensait qu’il propose à cette dame de la faire participer à la société qu’il est en train de créer à Maurice, avec un salaire de plusieurs milliers d’euros mensuels à la clé. Une société qui ne verra jamais le jour et pour cause : notre filou est interdit de gérer.

Le multirécidiviste de l’arnaque facile finit par prendre du champ et comme il n’y a pas de petits bénéfices, il "oublie" de régler ses trois derniers mois de loyer et laisse l’appartement dans un triste état.

Bilan du triste sire : du 29 mars à la fin mai 2014, il a arnaqué pas moins de 16 personnes, tous méfaits confondus.

Certains commerçants floués par lui ont avoué que lors de ses paiements par chèque, s’ils ne lui ont pas demandé sa carte d’identité, "c’est qu’il présentait bien". C’est le moins qu’on puisse attendre d’un personnage "pour qui tromper les autres est devenu un mode de vie", selon l’expression du substitut Genet.

Jamais pris au dépourvu, l’escroc a toujours le mot pour rire. Ainsi, à propos de la voiture de location, il ne se démonte pas et accuse le loueur de ne pas lui avoir réclamé son permis de conduire. Oubliant au passage que c’est sa sœur qui a loué le véhicule à son nom à elle et payé de ses propres deniers. Hé ! ça sert à quoi, la famille ?

"La prison, j’en ai marre !"

En prison, le pauvre chéri entame deux grèves de la faim : "Personne ne s’occupait de moi et je n’ai pas eu droit aux consultations psychiatriques que je sollicitais". Il s’est même évadé une fois pour fuir un univers carcéral : "Pas fait pour moi et parce que j’en ai assez de cette vie, je veux me reconstruire, repartir de zéro, mais pour ça, il faut qu’on m’aide", a-t-il indiqué.

On en chialerait tant ces larmes de crocodiles "sonnent" vrai. Un vrai pro, qui devrait faire du théâtre. Ils ont toutes les facilités pour ça en taule, dit-on, grâce aux générosités répétées de certaine ministre de la Justice. Il devrait se recycler sur les planches.

Et 5 ans de mieux, 5 !

Il en aura amplement le temps. Malgré les efforts méritoires mais désespérés de son avocate, la Cour a plutôt été sensible aux coups de massue des parties civiles et du substitut Genet, qui ont tapé fort sur cet abuseur des gens en détresse et de commerçants trop naïfs.

Le total de ses courses, et cette fois c’est pas de l’arnaque, se monte à 5 ans de prison de rabe, l’annulation de ses sursis antérieurs (il aurait mieux fait d’en tenir compte) plus quelques paquets de milliers d’euros de remboursements et dédommagements divers.

Ah ! c’est dur de vivre honnêtement, ma bonne dame.

Jules Bénard

Vendredi 24 Avril 2015 - 10:45
Jules Bénard
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1.Posté par noe le 24/04/2015 12:36
Des abuseurs comme il y en a plein chez nous ...
Pourquoi les femmes se laissent-elles arnaquer de la sorte ?

2.Posté par Choupette le 24/04/2015 13:09
C'est étrange.

Ce cas m'en rappelle furieusement un autre, avec des variantes mais toujours dans le sud.

C'est un ancien vendeur de piments qui se faisait passer pour un médecin sans frontières (rien que ça) et déboulait dans la salle d'accouchement avec une carte bidon,

Avant de se faire élire président d'une association, pour mieux arnaquer les pigeons dans les sujets sensibles de terrains. Son arme fatale : Il avait des accointances avec la justice du sud, qu'il disait.

Avec son bagout mais sans un rond, il a pu louer une grosse villa, acheter des meubles chez un gros marchand de la place, acheter quelques ordinateurs neufs avec de vraies-fausses promesses.

Seulement, le marchand de meubles ne voyant pas venir le moindre chèque un mois après, a envoyé un camion (et quelques gars) rechercher tables, chaises, et autres fauteuils ... .

Sa femme, une très jolie Mauricienne lasse des mauvais traitements que son crapaud de "mari" lui infligeait, s'est enfuie à Maurice. Il est allé l'y rechercher avec le passeport ... de son frère !

Là-bas, les autorités ayant été alertées lui ont mis le grappin dessus. Et après quelques temps de cellule, ils l'ont foutu dehors du pays avec une interdiction d'y revenir.

Après s'être tiré en Métropole histoire de se faire oublier, il est revenu affronter ses juges.

Condamnation, et tenez-vous bien : allez rod' un travail !!!

3.Posté par L'Ardéchoise le 24/04/2015 13:27
Encore un qui va pouvoir chanter : "travailler c'est trop dur, et voler c'est pas beau..."

Une fois de plus, "l'habit ne fait pas le moine" .

4.Posté par Jules Bénard le 24/04/2015 21:03
à Noé : mon cher, il n'y a pas que "les femmes qui se laissent arnaquer", comme vous dites.
Les chroniques de la Cour correctionnelle sont pleines de cas de femmes arnaqueuses qui valent bien notre d'Eurveilher."
Lisez notre presse, que diable ! Le JIR et le Quotidien sont pleins de faits divers de cette farine chaque semaine. Idem pour nos chaînes TV et nos radios.
Je n'ai fait que rapporter ce que j'ai vu et entendu ce jeudi. Mais il y en a d'autres.
Merci à Choupette pour ses intéressantes précisions.
Et à l'Ardéchoise pour son sens du raccourci poétique. Je te rappellerai, chère amie, quelques vers de Salvador : "Le travail c'est la santé/Rien faire c'est la conserver..."
A la prochaine, amis !

5.Posté par chauvau le 25/04/2015 00:04
c'est quand meme curieux que des commerçants ne demandent pas la piece d'identité ! ils doivent etre remboursés part leur assurance !

6.Posté par chauvau le 25/04/2015 00:12
il se peut que celles dont on dit qu'elles se sont faits voler leur chèquier, peut etre qu'elles l'ont donné a d’Eurveilher, en escomptant ensuite partager la mise,,, d'autant que, normalement, si ces dames sont des cas soçiaux, comme c'est dit, en ce cas, on a pas de chequier, mais simplement une carte, ne permettant qu'aller au gabier de la banque ayant delivré ladite carte de retrait
et d’Eurveilher, nom avec un d' , peut etre est il deçu de ne pas avoir un chateau , ce viconte

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