Social

Ivan Hoareau: "De la responsabilité et de la lutte"

Tribune libre du Secrétaire général de la CGTR, Ivan Hoareau:


Ivan Hoareau: "De la responsabilité et de la lutte"
La question de la place du travail dans la société et de sa pleine reconnaissance en soi traverse la société.
Le mal être au travail s'accroît, et comme le travail structure la vie de tous les jours ce mal être devient mal vivre et sociétal. L'absence de travail (dé) structure.
La crise voit s'affronter plus fortement les contradictions notamment celle capital/ travail.   
 
Une expression très crue du directeur de la Cilam image parfaitement cette dernière : "l'an dernier, les grévistes étaient nombreux, nous avons négocié. Mais cette fois ci, ils le sont beaucoup moins. On ne va pas négocier". Au delà, ce que peut contenir de tels propos d'anti salarié, de morgue à l'égard du petit peuple! D'instinct et de conscience de classe!
La lutte des classes faite par le patronat de façon convaincante. La négociation à chaud : y a que ça de vrai !
 
La situation de la Réunion et de beaucoup de réunionnais va de mal en pis. La Réunion est à la croisée des chemins. Les enjeux mondiaux, européens, nationaux et locaux sont là devant elle. Et la Responsabilité est convoquée derechef. 
 
Le patronat a t il l'apanage de la responsabilité au regard du développement de l'île. Son patriotisme est il à l'ordre du jour au moment où la bataille du développement est posée avec acuité?
 
Après nos 40 glorieuses qui a vu les inégalités s'accroître, la "crise" (les guillemets parce qu'il faut parfois s'entendre sur ce dont on parle) est utilisée par le patronat  pour peser sur les salaires et les conditions de travail. Le postulat que le travail est un coût, qui plus est élevé, implique de le baisser fortement. Et de détourner son regard du coût du capital. 
 
Utilisée aussi pour la sempiternelle exigence d’assistance : des sous et la liberté du renard dans le poulailler.
 
Après la loi dite de sécurité de l'emploi (LSE), le pacte dit de responsabilité concocté entre le gouvernement et le patronat menaçant la protection sociale et les services publics ; les reculades du gouvernement sur les seuils sociaux, le code du travail, le temps partiel, la pénibilité (les réunionnais peuvent travailler sous 35° à l’extérieur selon la FEDOM puisqu’ils sont habitués aux fortes chaleurs) pour attirer le Medef à la Conférence Sociale, ont abouti...au boycott de la CGT, de FO et de la FSU, Solidaires n’y étant pas invité. C’est un échec retentissement pour le gouvernement socialiste. 
 
Et de quelle surenchère qu’il faut savoir arrêter parle Mr Hollande? De l’a-plaventrissement indécent devant le capital ? En quoi Mr Manuel Valls peut il jouer le matador en matière de responsabilité? La posture est facile pour quelqu’un prenant en otage la Gauche et son avenir pour faire taire les critiques de sa politique d'austérité venant de son propre camp. Cette gauche là, nous n'en voulons pas! C’est la mort de la Gauche.
 
Entre "nos" petits artisans et le patron de la PME d'une part et la société transnationale d'autre part, il y a plus que des différences. 
Les effets de la crise sont supportés aussi par le petit patronat : l'artisan et la TPE sont les victimes de la société donneuse d'ordre. Par un réseau de sous traitance en cascade, les gros externalisent les risques sociaux et financiers sur le sous traitant.
L'artisan est prisonnier de sociétés qui exportent leur argent à la maison mère. Et prive le territoire des richesses produites sur son sol.
 
La moralisation des sous traités fait partie de la structuration des branches, elle doit permettre de libérer nos sous traitants, de poser en de meilleurs termes la négociation, de structurer la profession et les métiers, de desserrer l'étau des STN sur notre île.
 
L'enjeu de Port Réunion comme acteur du développement de l'île n’est pas la préoccupation première des acconiers : ils se contentent aisément du marché captif et ne s’intéressent guère à faire de Port Réunion un hub.  
Le récent conflit de la Sermat a été l'occasion d'une lourde condamnation par le plus haut représentant du patronat à la Réunion de la CGTR... qui a dénoncé la politique de rente des acconiers. 
Les cris d'orfraie du patronat sur la prise d'otage de la Réunion sonnent faux. Qui prend qui en otage? Le président du Medef serait il complice de cette politique qui tourne le dos à la vocation du Grand Port? 
 
Prise d'otage également de la Réunion dans le conflit de la Cilam oû la CGTR a été la cause de tous les maux. Et le Medef and Co d’appeler la maréchaussée à donner de la matraque.
Qu'en est il de la nébuleuse qu'est la Cilam, forte consommatrice des deniers publics, tenue de main de fer par certainement une des franges les plus réactionnaires du patronat ? Des relations croisées entre le monde de l'industriel, celui de éleveurs et des laitiers, des coopératives? 
Une chose est connue : la Cilam va très bien et les fruits du travail sont inégalement répartis. Peut être est ce pour cela que l’an dernier la direction proposait en missouk au représentants syndicaux de l’argent en échange de leur non recours à l’expertise des comptes ?
Encore une fois qui prend qui en otage?
 
La SNCF, les intermittents du spectacle, la Sermat, la Cilam : la criminalisation de l’action syndicale est en cours alors qu’au delà des enjeux d’une juste répartition des fruits du travail, des enjeux de service public, d’aménagement et de développement du territoire, de valorisation de la culture y sont posés. 
Le patronat montre les dents, le gouvernement les blanchis et les affutent. C’est à une autre société que nous convient le capital et ses séides. Une société du chacun pour soi et d’effacement des valeurs solidaires. Une société où entre le riche et le pauvre c’est la liberté qui opprime et la loi qui libère.
 
Saint Denis le 9 juillet 2014
Ivan Hoareau
syndicaliste
Jeudi 10 Juillet 2014 - 10:12
Lu 690 fois




1.Posté par La crise le 10/07/2014 13:18
C'est quoi la crise si ce n'est un pouvoir de nuisance extrême des syndicats dans une société ou ceux qui n'ont rien à faire font la loi, couplé à des entreprises culpabilisées rackettées contrôlées matraquées au quotidien.

2.Posté par Titi or not Titi le 10/07/2014 14:35
Pourquoi dans les autres iles vanilles
tout fonctionne ??
tourisme, création d'entreprises ...
des fois avec Nos Sous ( Merci la Région Réunion )

Ah oui , ici on n'a pas le droit , de
pêcher le requin...
Impôts en perpétuelle augmentations...
Grèves de la Cgtr, La Poste, Dockers .......
Fermetures des petites entreprises :
Racket du Rsi, Impôts a tout va, Taxes ...
Ponctionnaires Sur-Renumerer ...
Elus millionnaires ...
etc ...

Nartrouv !!

3.Posté par staline ou la mort le 10/07/2014 15:14
ça c'est un bon texte stalinien. quand je lis un texte sur le travail écrit par un gars qui n'a jamais travaillé de sa vie dans une entreprise privée, je suis déjà dans le doute de la pertinence du propos. Le problème de MR horeau c'est qu'il vit l'entreprise comme un champ de bataille. L'entreprise c'est avant tout un chef d'entreprise qui a pris le risque de créer sa structure et qui a eu besoin d'équipes composées d'hommes et de femmes pour l'épauler dans son projet. il n'y a pas de guerre dans les entreprises, il n'y a pas de volonté d'un chef d'entreprise de casser du salarié. il y a juste des objectifs à avoir pour que l'entreprise fasse des bénéfices. Oui des bénéfices car c'est bien là le seul objectif d'une entreprise, meme si ça fait mal aux communistes, de tout poil, qui tuent notre ile ! Le bénéfice n'est pas l'ennemi du salarié, il est meme le garant de l'accroissement de la sécurité et du confort dans une entreprise. Plus une entreprise gagne de l'argent, plus elle investit dans son entreprise. La CGTR parle du capital comme le grand mal du siècle. C'est quoi le capital ? c'est l'argent investit par des réunionnais ou des entreprises pour développer un projet. Sans argent, comment on fait pour relancer et alimenter le moteur de l'économie ? Ce que propose la CGTR par son emblématique représentant (voiture de fonction , facture de télephone etc payés par les syndiqués et l'état), c'est de nier l'entreprise seul moteur de l'économie, oui le seul et l'unique même. Notre ile s'asphyxie tous les jours des blocages des syndicats les plus durs. Comment on évolue avec le marché si chaque évolution donne lieu à des grèves ? Ils parlent des 30 glorieuses, elle se sont terminées il y près de 40 ans !!!! réveillez les cocos, on est en 2014 et vos amis politiques nous amènent à plus de 5 millions de chômeurs ! vous n'êtes pas la solution, vous etes le problème !

4.Posté par Mwa la pa di le 10/07/2014 16:16
Kamarade Yvan, ( y vend rien de bon ) aucun mot sur les otages de TAK (Cité du volcan) ....avec la connerie à l'état pur d'un élu qui se fout de la population au profit d'un égo maladivement sur-dimentionné..... CGTR silence = complicité

5.Posté par Titi or not Titi le 10/07/2014 16:26
@3

Très Très Bien Résumé !!!
Felicitations !!!

6.Posté par tiorpia le 10/07/2014 18:24
je dis bravo yvan pour ces paroles sans aucun sens je suis une petite et moyenne entreprise j ai 10 salaries et grace a vous monsieur yvan je ne veux pas embaucher plus d employés j ai pas envie d'etre par la suite contraindre de subir vos futurs délégués j en ai subit autrefois j avais 18 employes grace a vous je peux vous remercier car vous nous avez permis de faire moins de social et d eliminer les canards boiteux dans l entreprise vous etes destructeurs d emplois et non pas le contraire.

7.Posté par Jacques Carriti le 11/07/2014 09:38
Le capitalisme c'est l'exploitation de l'homme par l'homme, le syndicalisme c'est le contraire ! (Michel C).

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