Culture

Inscription du Maloya au Patrimoine Mondial : Frédéric Mitterrand salue le "travail de fond" de la MCUR

A l’occasion de la 29e édition de la Fête de la Musique, le Ministère de la Culture et de la Communication célébrait hier l’inscription du Maloya au Patrimoine Mondial de l’Humanité. Au programme : une cérémonie d’hommage suivie d’un concert de Christine Salem.


Inscription du Maloya au Patrimoine Mondial : Frédéric Mitterrand salue le "travail de fond" de la MCUR

En octobre 2009, le comité intergouvernemental de sauvegarde du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO incluait dans sa Liste de sauvegarde urgente le Cantu in paghjella, tradition de chants corses, et ajoutait, sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité, le Maloya.


Christine Salem aux côtés de Frédéric Mitterrand qui l'a remerciée chaleureusement
Christine Salem aux côtés de Frédéric Mitterrand qui l'a remerciée chaleureusement
Afin de rendre hommage à ces inscriptions, Frédéric Mitterrand présidait hier, jour de la 29e Fête de la musique, une cérémonie de célébration au Palais Royal, à Paris, en présence de Chérif Khaznadar, Président de l’Assemblée Générale des Etats parties à la Convention pour la Sauvegarde du Patrimoine Culturel Immatériel, et de Francesco Bandarin, sous-directeur général pour la culture à l’UNESCO. Le ministre de la culture et de la communication a salué la "grande sagesse de l’UNESCO", tout en remerciant "l’équipe de la MCUR et la collectivité de Corse grâce auxquelles ces reconnaissances ont été possibles" (voir l'intégralité du discours ci-dessous).

Chérif Khaznadar : «ce 21 juin est à marquer d'une pierre blanche».
Chérif Khaznadar : «ce 21 juin est à marquer d'une pierre blanche».

Puis il a exprimé sa gratitude envers chacune et chacun des artistes, dont Christine Salem, "une des rares voix féminines du Maloya". La chanteuse a ensuite donné un concert gratuit dans la cour du Ministère  devant un public agréablement surpris par "ce petit bout de femme doté d’un coffre impressionnant". Pendant une demi-heure, le groupe a partagé avec la foule "ses rythmes énergiques" et son "dynamisme entrainant". Une musicalité qu’une spectatrice a d’abord pensé d’origine africaine.


Marie-Luce Penchard et Patirck Karam assistant à la cérémonie
Marie-Luce Penchard et Patirck Karam assistant à la cérémonie
Le discours de Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture et de la Communication :

"Madame la directrice générale de l’UNESCO, Chère Irina BOKOVA, Madame la Ministre, Chère Marie-Luce PENCHARD, Monsieur le Président de l’Assemblée générale des Etats parties à la Convention de l’UNESCO pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, Cher Chérif
KHAZNADAR, Madame la Ministre, Madame l’Ambassadeur de France auprès de l’UNESCO,
Chère Catherine COLONNA, Monsieur le Président du Conseil Exécutif de la Collectivité Territoriale de Corse, Cher Paul GIACOBBI, Monsieur le Directeur général des Patrimoines, Philippe BELAVAL,
Monsieur le Directeur général de la Création artistique, Georges-François HIRSCH, Chère Christine SALEM, Cher Petru GUELFUCCI,
Mesdames et Messieurs,
Chers amis,

Au moment de lancer cette cérémonie en l’honneur du MALOYA et du CANTU INPAGHJELLA, deux célèbres citations me viennent à l’esprit. « Exegi monumentum aere perennius », la fameuse phrase d’HORACE qui dit à propos de sa poésie : « J’ai construit un monument plus pérenne, plus durable que l’airain ». Et puis l’adage, « Scripta manent, verba volant » : « Les écrits restent, les paroles volent ». Je crois que, quelque part dans l’interstice entre ces deux célèbres maximes, se situe la grande sagesse de l’UNESCO d’avoir, depuis 7 ans, décidé de remédier à une anomalie en matière de patrimoine mondial. Cette anomalie, ce manque en tout cas, c’était bien, vous le savez, notre tendance à tous de considérer qu’il n’y avait de valable que ce qui était dans l’espace, que ce qui était tangible et concret, et qu’il n’y avait de « durable », comme dit HORACE, que ce qui était monumental. Nous avions, au fond, une vision plus « monumentale » que « patrimoniale » de la culture. Petit à petit, nous avons mieux tenu compte de cette évidence que le patrimoine, ce n’est pas seulement le grandiose, ce qui physiquement en impose, ce qui « pèse et qui pose », comme le dit VERLAINE. Mais c’est souvent quelque chose de plus subtil, de plus intime, d’apparemment plus fugace, plus éphémère. Ce ne sont pas seulement des monuments, mais aussi des écrits qui restent, des paroles qui volent, des rythmes qui essaiment, et qui, pourtant, ont leur durée propre et leur solidité particulière et qui constituent les linéaments de l’architecture humaniste d’une
humanité réconciliée. Et c’est ainsi également que, de plus en plus, nous avons ouvert notre notion de patrimoine à des expressions culturelles cristallisées dans des régions a priori moins en vue, mais qui appartiennent de plein droit à l’héritage de toute l’humanité et dont la transmission est un enjeu pour tous. Et dans ce domaine il faut remarquer que l’UNESCO s’est placé en pointe et s’est même montré pionnier.

Peu à peu, nous avons remarqué que notre fascination légitime pour les splendeurs architecturales et leur « front audacieux » pour reprendre la belle expression de DU BELLAY (dont nous fêtons le 450e anniversaire de la disparition), nous avait fait oublier de nombreuses manifestations de la créativité humaine, parfois les plus secrètes ou les plus discrètement inscrites dans nos consciences et dans nos vies.

Voici 7 ans que, grâce à la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, une traduction juridique et officielle a été donnée à nos alarmes de voir lentement s’effacer cette mémoire collective qui fait notre richesse humaine et notre diversité. Nous sommes allés parfois pour ainsi
dire jusqu’au chevet de formes d’art traitées avec une condescendance injuste, afin de leur redonner leurs lettres de noblesse, et dans l’espoir surtout de les encourager ainsi à se perpétuer et même à prospérer.
Cette convention fondatrice connaît un succès phénoménal et croissant, sur tous les continents et dans toutes les aires culturelles, où elle répond à une attente. De trente qu’ils étaient il y a quatre ans au moment de la première assemblée, les Etats parties sont maintenant plus de cent vingt, qui seront rassemblés demain à l’UNESCO, pour l’ouverture de la troisième Assemblée générale de la Convention, sous la présidence de M. Chérif KHAZNADAR, que je salue.

Depuis plusieurs décennies, la France apporte une attention toute particulière aux patrimoines immatériels : dès 1980, avec la création de la mission du patrimoine ethnologique, mais également par son soutien aux métiers d’art et en particulier aux maîtres d’art, détenteurs de savoir-faire immémoriaux.

C’est dire le plaisir et la fierté que nous avons éprouvés, chère Irina BOKOVA, à voir reconnues par l’UNESCO pas moins de quatre de nos patrimoines restés, malgré nos efforts, trop longtemps aux marges d’une culture quelque peu officielle et qui finit parfois par tout occulter sur son
passage.

Parmi ces quatre pratiques, nous avons souhaité en mettre aujourd’hui deux tout particulièrement à l’honneur à l’occasion de cette 29e Fête de la musique, et par là rendre aussi hommage à votre choix de ces patrimoines, que vous avez, en quelque sorte, élus et sauvés, en les mettant en lumière. Et je suis heureux que nous les célébrions non seulement en amis, mais aussi en voisins, puisque Paris a la chance d’accueillir le siège de cette grande organisation internationale dévouée aux grands enjeux de
la Culture et de l’Éducation.

Grâce à vous, le MALOYA – inscrit sur la « liste représentative » – et le CANTU IN PAGHJELLA – inscrit sur la « liste de sauvegarde » – , sont l’objet d’un intérêt véritablement planétaire. Pour être nés chacun sur une île de nos territoires, ils ne seront jamais frappés quelque esprit d’insularité que ce soit, mais, au contraire, continueront de dessiner avec d’autres cultures des archipels, riches de partages insoupçonnés. Cette reconnaissance a été possible grâce au travail de fond effectué tant par la Maison des Civilisations et de l’Unité réunionnaise que par la Collectivité territoriale de Corse, dont je salue le président (Paul GIACOBBI), ainsi que par l’association Cantu in Paghjella.

Pour donner voix aujourd’hui à ces patrimoines, il nous fallait bien sûr faire appel aux artistes qui en avaient assuré la plus forte et la plus brillante « défense et illustration », et qui en étaient les porte-parole par excellence auprès des publics. C’est ainsi que nous avons demandé à l’incomparable Christine SALEM, l’une des rares voix féminines du MALOYA, qui sait l’art subtil de conjuguer les diverses traditions africaines et celles de l’Océan Indien, de nous faire partager l’énergie si communicative de cette expression artistique. Le MALOYA, qui constitue véritablement l’âme de La Réunion, incarne l’esprit d’un peuple qui exalte sa liberté contre toute forme d’oppression et de servitude, et qui exulte par une fête irrésistible des rythmes, des chants et de la danse. Nous aurons le bonheur de l’entendre tout à l’heure, entourée de ses fidèles compagnons de route. Quant au CANTU IN PAGHJELLA, il ne pouvait être plus magnifiquement déployé que par le grand Petru GUELFUCCI, accompagné de ses complices Maï PESCE et Philippe ROCCHI au sein du groupe VOCE DI CORSICA. Tous trois, ils sont dépositaires depuis leur enfance de cette exceptionnelle tradition à la fois profane et religieuse, dont la sauvegarde est aujourd’hui si essentielle. Ils nous feront entendre les longs et profonds échos de ces polyphonies corses qui emplissent, en se répondant, les vastes espaces des montagnes et des vallées, un peu comme les tours
génoises qui entourent l’Île de Beauté et s’envoyaient autrefois des messages de lumière, un peu à l’instar, dans les « Phares » de BAUDELAIRE, de « cet ardent sanglot qui roule d’âge en âge »…

Alors, je remercie chaleureusement chacune et chacun de ces artistes exemplaires d’avoir accepté de nous faire découvrir ou redécouvrir ces patrimoines exceptionnels qui sont aussi un peu à l’image d’un monde à plusieurs voix, d’un monde du partage de l’enthousiasme et de la joie, à
travers le dialogue des cultures.

Mesdames et Messieurs, je vous souhaite une très belle Fête de la
musique !
Mardi 22 Juin 2010 - 16:49
Bérengère Lefèvre
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1.Posté par Tcherno-Bill le 22/06/2010 17:00
" L'inscription du Maloya au Patrimoine Mondial est dû au travail de fond de ( feu ) la MCUR ! "
On nous aurait menti ?......ils n'auraient donc pas passé leur temps à ne rien faire ?
DR a-t-il l'intention de revenir sur cette disposition et de renvoyer le Maloya......aux oubliettes ?
Qu'en pensent les zinfonautes ?

2.Posté par le Congo chez Tintin le 22/06/2010 17:48
le maloya finira aux oubliettes tout seul....la faute aux guignols qui ont politisé cette musique, lui enlevant ainsi toute crédibilité.

3.Posté par Choupette le 22/06/2010 17:50
J'aime le séga.

4.Posté par fiuman le 22/06/2010 19:39
Françoise Verges a inventé le maloya c'est vrai les communistes vergesiens le disent

5.Posté par papapio, ni macro ni géniteur payeur le 22/06/2010 20:23
Encore une lettre de recommandation de frédéric Mitterand?
on s'en passerait volontiers quand on sait le prix que la MCUR aurait du nous couter...
C'est bien la preuve qu'on peut sauver le patrimoine sans y indexer des salaires de ministres et les projets pharaoniques qui vont avec...

6.Posté par bertel le 22/06/2010 20:26
" 2.Posté par le Congo chez Tintin le 22/06/2010 17:48
le maloya finira aux oubliettes tout seul....la faute aux guignols qui ont politisé cette musique, lui enlevant ainsi toute crédibilité.


Le maloya n'a jamais eu besoin d'être instrumentalisé pour exister et existera tant qu'existera cette Réunion plurielle.

Les abrutis congolais de chez Hergé disparaitront bien avant !

Bertel de Vacoa

7.Posté par bertel le 22/06/2010 20:28
...s'cusez... un oubli de ma part...

Qui est frédéric mitterrand ?

Bertel de Vacoa

8.Posté par séga-maloya le 22/06/2010 21:01
J'aime le séga-maloya, le ségué, le malogué, le séga bref j'aime la musique de la Réunion comme toute les musiques du monde.

Le maloya inscrit au patrimoine mondial c 'est bien mais concrètement cette distinction apportera quoi à cette musique traditionelle de la Réunion, une forme de reconnaissance très certainement alors j'espère que cette musique traditionnelle apportera à notre département et à sa jeunesse, la fierté d'être Réunionnais pour être les meilleures dans deux nombreux domaines et pour créer "l'envie d'avoir envie" pour réussir leur vie mais surtout pas pour créer des polémiques, de la récupération politique, des querelles de personnes comme dans de nombreux posts ci-dessus.

Tout en sachant que le maloya n'appartient à personne et même pas au patrimoine mondial mais "au gramounes longtemps".


9.Posté par citoyen le 22/06/2010 21:29
mon origine et ma nature me conditionnent à aimer que le séga: mélange de rythme et d'apports culturels de toutes les communautés qui peuplent ce pays. D'ailleurs vous ne voyez pas d'arabes ou de chinois (même Vergès) danser ... ou chanter le maloya. Si aux Etats-Unis les noirs ne s'exprimaient que par ce maloya "musique de leurs ancêtres " ; on n'aurait jamais vu l'existence d'artistes comme ELLINGTON , BROWN, DAVIS etc...Ils avaient le grand talent qu'on ne trouve probablement pas ici : esprit d'évolution

10.Posté par Bitako le 22/06/2010 22:27
Le Maloya était interdit jusqu'en 1981 , qui s'en souvient ?
il a été reconnu en même temps que sont apparues les radios libres....et sans cet élan de liberté aurions-nous aujourd'hui les moyens d'expression et de communication dont nous disposons sans même nous rendre compte de la chance que nous avons , surtout pour les plus jeunes d'entre nous , qui n'ont connu que la liberté et pas l'absence de liberté !

Le Maloya est une musique magnifique , une pulsion primitive d'une puissance inégalée , des
jeunes talentueux ( Davy Sicard ou Philéas Jr entre autres ) prennent la reléve...
Souhaitons leur de trouver l'inspiration et l'opportunité de faire connaitre cette musique autour
du monde comme les Antillais avec le Zouk ou les Jamaïquains avec le Reggae!

11.Posté par Va s'y le maloya le 22/06/2010 23:13
ben je m'excuse au non de toute l'humanité et touti canti mais je dois dire que le seul défaut visible de Françoise Vergés, c'est de s'appeler Vergés. Le travail accompli par la MCUR aussi imperfectible soit-il, critiquable s'il en est, mais il aura permis de collecter des pans de notre histoire qu'il n'est pas permis d'oublier. Sinon tout ces morts, toute cette souffrance, tous ce sang, tout ce malheur n'auraient servis à rien. La MCUR c'était nous et il ne faut pas oublier d'où l'on vient pour mieux savoir où l'on va ,comme dirait l'autre!! Oui Didier Robert notre CULTURE mériterait un musée. La Réunion a été un pays de Liberté où l'on a voulu imposer l'exploitation de l'homme par l'homme par tous moyens. Mais les choses ne sont pas aussi simples. Le respect a la peau dur, il serait idiot de l'oublier.
La vie n'est jamais ce que l'on croit, elle ressemble surtout ce auquel on ne croit pas. Pourvu que ça dure!

12.Posté par nicolas de launay de la perriere le 22/06/2010 23:22
infoutu d'avoir un représentant régional politique tandis que la Corse est représentée...
trop c...ces nouveaux élus régionaux..!! comment ne pas exister sur la scène politique réunionnaise...

bien dit bertel !

13.Posté par Va s'y M. Dupuy le 22/06/2010 23:26
Qu'est ce que le journaliste M. Pierrot Dupuy pourrez-nous délivrer comme analyse de cette fameuse MCUR et de Françoise Vergés.
M. Dupuy avez-vous conscience de harceler Nassimah Dindar, a tel point que cela en devient indécent voire insupportable? Cessez de lui donner une importance qu'elle pourrait avoir mais qu'elle a peur d'avoir. Si en plus elle arrêtait de parler de ces culottes ou autres strings dont tout le monde se tape éperdument et qu'elle se mettait enfin à réfléchir, ca ferait avancer les choses. Si en face on avait un président de région qui arrive à cesser de nous saouler avec ces complexes, ces pseudo_revanches, en gros son égo de m...e!!! Pparce tout ce qui l'intéresse c'est le fric, ni plus ni moins mais surtout ce qu'il faut pour vivre très égoïstement dans le confort sous couvert de placer l'homme réunionnais au centre mais surtout sa gueule, peut-être que les choses pourraient se faire différemment ici. Mais je m'énerve là!!!!!

14.Posté par le Congo chez Tintin le 23/06/2010 06:14
Le maloya n'a jamais eu besoin d'être instrumentalisé pour exister et existera tant qu'existera cette Réunion plurielle.




La muzik du PCR finira aux chiottes de l' Histoire avec ses promoteurs maoïstes PEI, c' est inévitable et c'est tant mieux, restera un souvenir folklorique, une pratique confidentielle pour gauchos attardés....la Réunion plurielle est une posture idéologique au même titre que l'équipe de france BBB plurielle et modèle de diversitude qui vient enfin d 'exploser !


Le Maloya interdit de pratique avant 81 ? encore une légende cocopei....qui a les textes de loi ??? .

15.Posté par maronaz le 23/06/2010 08:49
jis inti tuyo pou le Con(ar)go chez Tintin(bré) "Air France augmente sa fréquence de vols entre La Réunion et Paris", dann zournal mém i di sa... fé in manyér!!!!

16.Posté par Alex le 23/06/2010 08:50
Les kanaks ont fini par se révolter parce qu'il est une époque lointaine où leurs pères et mères étaient importés en France métropolitaine pour être exhibés dans des fêtes, comme des bêtes rares, bien souvent habillés de leurs seuls habits traditionnels en plein hiver.
A un degré moindre le maloya qui a le mérite d'être très rythmé et cadencé fait vibrer les mollusques métropolitains, mais ressentent ils véritablement le cri du maloya, cette forme de "fado" réunionnais? je n'en suis pas sûr. C'est donc encore un produit d'exportation qui s'il est figé par son inscription au patrimoine, fut il mondial, de l'humanité ne sera pas plus bénéfique à la musique réunionnaise que les variantes et évolutions mutilples de notre séga.
Aznavour disait qu'il n'y avait de belles chansons qu'en France, non pas à cause de la musique qui en est une des composantes, mais les textes des chansons françaises sont d'une beauté rare. Sans vouloir comparer le maloya à la chanson française, il faut bien admettre qu'en dehors des rythmes engendrés par un maloya, les textes ne me font que rarement vibrer. Je vibre davantage véritablement à chaque fois que j'écoute en fredonnant un "mon pays bateau fou" de gilbert Pounia. Merci Ziskakan!

17.Posté par Bitako le 23/06/2010 09:29
post 14 Congo " qui a les textes de loi ? " Bravo pour cette précision historico-légale !

Il n'y avait en effet aucun texte de loi interdisant le Maloya , pourtant , jusqu'en 1981 , les autorités locales réprimaient systématiquement cette musique car liée au PCR en censurant tout accès aux radios ( officielles à l'époque ) et surtout en réprimant par la force des kabars ou autres manifestations liées à la pratique du Maloya et ceci en toute illégalité ! ( nombreux sont les témoins de cette époque )
C'était donc pire ! le pouvoir local prenait une initiative qui ne reposait sur aucun texte !

François Mitterrand , en reconnaissant en 1981 le 20 Décembre comme date officielle de l'Abolition de l'esclavage a oficiellement reconnu le Maloya qui y était associé et envoyé un message aux autorités locales qui ont cessé toute interdiction brutale..
La libération de l'espace radiophonique avec les Radios-Libres qui a suivi a fait le reste , des musiciens locaux de grand talent Viry , Waro , Lélé , Caroussel , Pounia , Baster etc...ont pu relancer cette musique et la porter librement au grand public...
J'aime toutes les musiques , mais le Maloya a vraiment une histoire particulière !

18.Posté par anonyme le 23/06/2010 09:35
maronaz
allons cotiser pour lui payer un aller simple.....

19.Posté par nicolas de launay de la perriere le 23/06/2010 09:48
"tonton le cin-go", visiblement, tu méconnais totalement l'histoire récente de la Réunion...
la zemourrite aigüe dont souffre "tonton le cin-go", cher lecteur, mène à la négation totale de la connaissance et la reconnaissance de son propre environnement...

20.Posté par nicolas de launay de la perriere le 23/06/2010 09:50
je pense maronaz, qu'il faut lancer un bon foutan à l'attention de "tonton le cin-go", qu'il aille polluer ailleurs...

21.Posté par Miss chokola le 23/06/2010 11:04
C est tellement desolant de lire tant de negation , et de voir politiser tout ca
Certes c est une musik qui a soulevée des choses le Maloya a une vrais histoire
qui nous fait danser pour les fetes familales toutes les personne negatives "craze bien son maloya" que vous veuillez ou pas c est fait mais c est tellemnt MIEUX de critiqué j etais a la fete de la musik j ai vue beaucoup de creoles etre en joie de voir que le Maloya etait là present
La musik est UNIVERSELLE elle na pas de frontiere et ce joue toujours avec les memes notes c'est ce qui derange peut etre.... et le meme AMOUR pour le musicien qui compose et qui joue Le vrais musicien ne vie que par dame musique et celle ci lui confiée toutes les CLEES
Voila mon resenti
A part cela la critique fait avancer heureusement qu elle est LA et pour ma part je l enveloppe avec quelques notes de Musik

22.Posté par Alex le 23/06/2010 11:48
"et surtout en réprimant par la force des kabars ou autres manifestations liées à la pratique du Maloya"
Cependant d'autres historiens soutiennent que ce qui était réprimé ce sont les réunions du PCR qui menait à cette époque une lutte acharnée contre le pouvoir. Et le PCR, en fin stratège avait joint le maloya à toutes ses réunions , bien souvent clandestines. Ainsi on arrive facilement à la conclusion que le maloya était réprimé.
Il y a d'autres vérités qui valent la peine d'être mises à jour.

23.Posté par nicolas de launay de la perriere le 23/06/2010 15:07
la répression des idées "dangereuses" "d'émancipation" véhiculées par le PCR, comme l'expression de la liberté qu'est le maloya, étaient ainsi réprimées conjointement., alex ?

24.Posté par Le "S" à lire ? le 23/06/2010 18:03
Et c'est un BinGo...!!!?!

..Bien vu Nicolas DLDLP !! ...S'opposer au pouvoir en place, ..s'était notamment refuser de monter ds ses camions bennes, ..direction le chef lieu..., pr agiter des drapeaux et accueillir comme il se doit "l'élu" de la République, ...Michel Debré.

Michel Debré, ...qui a activement défendu le statut de département de l'ile de la Réunion, et veillé à son développement optimum, ..afin qu'elle ne sombre à la tentation indépendantiste.

Retrouver à la tête du département Ile de La Réunion... un co-rédacteur de la Constitution de la V République reste une chance pr La Réunion, puisque ce Monsieur a beaucoup fait pr ce territoire. Il n'empêche, ..et ss vouloir diminuer la valeur de l'homme, je dirais qu'il a surtout fait son travail d'administrateur d'un "nouveau" département, ...où... TOUT était à faire...!!

TOUT au sens... administration et/ou développement liée à l'action publique (santé éducation, défense...).

On ne peut que le féliciter. Comme l'on se féliciterais ...d'être français...

..en revanche, il a aussi organisé des choses plus discutables, ..par exple ce qui est vu comme « enlèvement et séquestration de mineur, rafle et déportation » par Jean-Jacques Martial, un Réunionnais exilé en 1966 ...qui déposa plainte en ces termes.

...en revanche, il a bel et bien organisé la répression, et l'interdiction.. tacite mais bel et bien effective... soyons précis, puisque nous avons affaire à de si singuliers ignares mais "pointilleux".

Laquelle interdiction semble d'ailleurs... en dehors de toute légitimité... ou légalité, ne respectant pas alors... la liberté d'expression de ces "nouveaux" français... n'est-ce pas ?

D'ailleurs au fait ..ils étaient quoi avant...??

Ds tous les cas, ..il semblerait que l'expression de cette musique se soit retrouvée comme "contrariée", ..ou quasi rendue clandestine... si les crétins du jour peuvent imaginer l'ambiance de l'époque... (guerre froide puis post guerre froide, printemps de Prague..puis coup de Prague.. guerres d'indépendance et tutti quanti..) où comment pour ma grd-mère, ..le Parti Communiste c'était le diable...!!!

..déguisée en Pravda ?!

Et ouais. Et donc, il semblerait que cette musique ait pris alors une dimension toute singulière, lancinante et contestataire... ..un peu comme le Blues aux Etats-Unis... alors que de l'autre coté, ..on ira jusqu'à évoquer la raison d'Etat, afin de justifier cette prohibition.

Chacun viendra défendre sa vision de l'Histoire.

..Mais tout ça... reste de l'histoire ancienne...!!!

Aujourd'hui..? Juin 2010, ..le Maloya est un courant musical à part entière, ...il a su dépassé l'aspect culte ou "sacrée" de la pratique ..et il influence n'importe quel artiste qui ait pu approché l'île, ..influençant également les générations actuelles... et Angola oblige, ..l'on retrouve au Brésil et à La Réunion, des pratiques similaires autour de cette musique, ..et c'est donc une musique vivante. Dynamique. Et décomplexée.

..Aussi, je comprends mal l'intensité de la haine que certains peuvent déployer ici.. leur considérations et autres visions du monde me semblent complètement débiles, indécentes, rétrogrades... ...Nuls. Et non avenues.

..c'est bien ce type de personnage, et leur rage insolite... qui reste à....

..Ne pas lire !!!!!

MDR !!

..Verifie Go-Con... s'il n'y a pas d'écume de "fureur" fiévreuse.. sur ton clavier ?!!

;] !

PS: Cela dit, et comme bertel tiens... F. Mitterand... je ne lui accorde aucune attention. Aucun crédit. Lisez ici... de l'indifférence sourde. Ah ça non, ..qu'il y aille.... je ne l'entend pas.

25.Posté par Alex le 23/06/2010 18:41
Réponse au post 23.
Il ne reste pas moins vrai que pour moi qui ai grandi au pied de l'usine et cotoyé les habitants des calbanons, je n'ai pas vécu , faute de réunion du PCR sans doute, de répression sur le maloya. Auprès de l'usine et dans la "kour" de la sucrerie j'ai assisté à de nombreuses marches sur le feu, mais jamais rencontré le "maloya". Je ne fais que raconter mon vécu!!!
Il n'y a donc pas lieu de généraliser ni dans un sens ni dans l'autre.

26.Posté par nicolas de launay de la perriere le 23/06/2010 22:14
post 25
ni à nier ce que tu n'as pas vécu, mais qui est rapporté par d'autres ...

27.Posté par Alex le 24/06/2010 09:41
post 25
ni à nier ce que tu n'as pas vécu, mais qui est rapporté par d'autres ...

c'est bien ce qui est écrit en dernière ligne de mon post

> "Il n'y a donc pas lieu de généraliser ni dans un sens ni dans l'autre."

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