Société

Il monte son food truck et cuisine réunionnais à Bordeaux

A 32 ans, Etienne Douet, Réunionnais expatrié à Bordeaux, réalise son rêve de gamin avec le Wayo-Wayo, un food-truck de cuisine « de l’Océan Indien ».

Dans un son camion touk-touk entièrement électrisé, il cuisine les plats traditionnels de Maurice et de la Réunion, avec des produits estampillés label Bio et label Rouge. Un projet qu’il a en tête depuis 2008 et qui a pu voir le jour grâce à la plateforme de financement collaboratif française, KissKissBankBank.


Zinfos974: Où en est le Wayo-Wayo aujourd’hui ?
 
Etienne Douet: Le Wayo-Wayo a ouvert il y a à peine deux semaines, pour l’instant on a fait pas mal de festivals. On commencera l’activité classique du food-truck pour la rentrée, fin août.
 
Pourquoi le Wayo-Wayo ?
 
Au début, je voulais l’appeler le Kamion-bar, tout simplement. Et puis Wayo-Wayo ça rendait bien. Ça rappelle la chanson, c’est simple à retenir. C’est une interjection utilisée à la Réunion. Après on m’a dit que ça pourrait venir du Souahili « qui avance petit à petit », ce qui correspond bien à notre touk touk qui ne dépasse pas les 40 km/h, et aussi à notre projet qui s’est monté petit à petit.
 
Combien êtes-vous dans le Wayo-Wayo ?
 
Dans le camion on est deux pour les festivals. Le reste du temps on alterne avec Clément Pescol. On était voisins dans le quartier de la Bretagne, à Saint-Denis. C’est quasiment un boulot à plein temps, on a plein de choses à gérer à côté du service, on a aussi un labo de cuisine. Je suis également employé à mi-temps dans un journal en tant que maquettiste.

Peut-être qu’un jour je me concentrerai à 100% au Wayo-Wayo.  A la rentrée, le touk-touk sera installé en bas de mon entreprise, je pourrais donc être moi même client du Wayo-Wayo !
 

Vous avez récolté près de 9000€ en 70 jours sur KissKissBankBank, comment le Wayo-Wayo a-t-il été accueilli ?
 
Tout s’est vraiment bien passé, on a eu de bons retours. Les gens qui ont participé au financement sur KissKissBankBank se sont vraiment investis, ils sont venus nous voir en festival. Certains nous ont dit qu’ils nous suivaient depuis le début. Le bouche à oreille a bien fonctionné, on se rend compte que facebook est un outil puissant, il a permis de créer une petite communauté autour de notre projet.

En festival, l’attrait a aussi été dû, je pense, à la tête du véhicule, qui est très « mignonne », on a fait entre 80 et 100 assiettes par festival, parfois plus. Après au quotidien, on vise entre les 30 et 50 couverts.
 
Il y a une forte communauté réunionnaise à Bordeaux, est-ce que ça se ressent dans votre clientèle ?
 
Bordeaux constituait un bon point de départ pour se lancer. Sur les quatre dates de festivals auxquelles on a participé, on a eu pas mal de Réunionnais. De manière générale, on a souvent affaire à des gens qui connaissent la Réunion, ou qui y sont déjà allés. On veut proposer de la cuisine réunionnaise au-delà du cari poulet et rougail saucisse.

On veut vraiment faire exactement comme à la Réunion, en proposant deux plats différents par jour. Pourquoi pas aussi aller vers la cuisine mauricienne, voire malgache. On espère retrouver les Réunionnais à la cantine à la rentrée.
 
Le concept du Kamion-bar est très répandu à la Réunion, en métropole il fait sa grande apparition, les Bordelais sont-ils réceptifs à la tendance ?
 
Bordeaux est une ville qui suit les tendances, c’était le bon moment pour lancer le camion. Il y a déjà pas mal de food-truck qui se développent, avec de la cuisine thaï par exemple. Les gens en métropole changent leur habitude du sandwich ou du hamburger à midi, parmi les classements des meilleurs food-truck en France, il y en a toujours un ou plusieurs basé à Bordeaux.

Nous on est les premiers à faire de la cuisine réunionnaise en food-truck, mais il y a déjà quelques restaurants à Bordeaux qui en proposent, il y a aussi ou un stand sur le marché des Capucins. Ils ont pas mal aidé à faire connaître cette cuisine.
 
Etes-vous en accord avec la mairie pour trouver des emplacements pour votre touk-touk ?
 
Ça fait dix ans que la mairie de Bordeaux s’était totalement fermée aux food-truck, par rapport au fait que la ville est classée au patrimoine mondial de l’Unesco. C’est le cas aussi dans d’autres grandes villes de France, à Paris par exemple, la mairie a assoupli sa politique en terme de food-truck il y a un mois à peine. Anne Hidalgo a autorisé une quarantaine de nouveaux camions à s’installer. A Bordeaux ils étaient encore plus stricts, depuis deux ans ils n’acceptaient plus de dossiers.

Nous ils nous ont accepté parce que le véhicule est totalement électrique, et que Bordeaux veut vraiment s’inscrire dans une politique de respect de l’environnement. Ils nous ont donné un emplacement, mais nous en avons aussi un dans la ville de Bègles. Le touk-touk est en activité tous les jours de la semaine sauf le lundi.
 
Vous rencontrez de la concurrence ?
 
Il y a une bonne entente entre les camions, on ne ressent pas de concurrence. Au contraire, quand il y a deux food-truck au même endroit, ça a tendance à ramener plus de monde.
 

Qu’en est-il de votre démarche écologique affirmée, est-ce qu’il s’agit de répondre à une mode ?
 
Respecter l’environnement c’est une conviction ! Au cours des festivals, ça n’a aucune importance, par contre à la rentrée, je suis persuadé que ça va jouer. Notre touk-touk 100% électrique, ça représente moins de 9 tonnes de CO2 par an.

Pour ce qui est de la nourriture, on a des partenariats avec des producteurs locaux qi nous font des prix. Même pour la viande, la plupart du temps tout sera bio. Les gens sont convaincus que consommer local c’est important, là ce n’est plus une question de mode.
Et puis dans les petites bouchées comme les bouchons ou les samoussas, je pense que les gens sont rassurés de savoir ce qu’il y a dedans.
 
Est-ce que vous comptez ouvrir d’autres Wayo-Wayo ?
 
Tout le monde nous dit de développer une franchise. Pour l’instant on va se concentrer pleinement à notre premier Wayo-Wayo pour au moins 6 mois, 1 an, prendre du plaisir.  Le concept peut être décliné en franchises, on a beaucoup de demandes, notamment pendant notre campagne sur KissKissBankBank. Les gens nous demandaient quand est-ce qu’on viendrait s’installer dans leur ville.

Notre fabricant de touk-touk compte également sur nous pour développer le concept du touk-touk food-truck. Pour l’instant, la société hollandaise qui nous l’a construit s’exporte surtout dans les grandes villes d’Europe pour des véhicules de ballade, mais pourquoi ne pas élargir le concept comme nous leurs avons permis de le faire ?
 
D’autres projets ?
 
On va participer au concours le Goût Peï, lancé par Réunionnais du monde avec Air austral et Colipays, pour promouvoir la cuisine réunionnaise. Je pense que la cuisine réunionnaise arrive vraiment en métropole.
 
Page facebook du Wayo-Wayo

Jeudi 23 Juillet 2015 - 11:50
Agathe Martin
Lu 27796 fois




1.Posté par EKOLO le 25/07/2015 13:56
Bravo, excellente entreprise.
Les gens adoreront la cuisine de l'OI.
Excellente continuation les amis.

Nouveau commentaire :
Twitter


Dans la même rubrique :
< >

Mercredi 7 Décembre 2016 - 10:02 Cap requin: Trois requins prélevés

4, cité Fontaine
97400 Saint-Denis

06 93 010 810
contact@zinfos974.com


- Contact

- Signaler un abus

- Mentions légales