Faits-divers

Il aurait pu être "Pervers Pépère", son défenseur renverse la vapeur !


Pour fixer les idées… "Pervers Pépère", inventé par le génial Gotlib, est un abominable personnage de petit vieux horriblement lubrique dont la préoccupation principale, presque un tic, est d’exhiber devant les jeunes filles sa fortune, que certains appellent des bijoux de famille. Il tente sans cesse de les caresser et leur fait des propositions que la morale réprouve.

Autant le guillotiner tout-de-suite !

Quand "Jacky" approche de la barre, c’est la comparaison qui s’impose, lui qui est accusé d’avoir détenu des images à caractère pédo-pornographique, à Saint-Leu, de novembre 2013 à mai 2014. Il lui est également reproché la corruption de mineurs de 15 ans. L’homme est âgé de 67 ans, petit, le dôme couronné de cheveux blancs évanescents.

Ses victimes, toute une fratrie de 11 à 14 ans, soit 5 frères et sœurs. Qu’il aurait appâtés avec cigarettes et bières comme "Pervers Pépère" avec ses bonbons.
Au fur et à mesure que se déroule l’interrogatoire de la présidente Ramage, conforté par les questions incisives du substitut Saunier, le tableau se fait de plus en plus odieux. Pour faire simple, "Jacky" aurait caressé les enfants ; les aurait incités à la boisson et leur aurait donné des cigarettes ; aurait proposé aux gamines des relations sexuelles tarifiées ; on l’aurait vu, le matin, couché et en érection auprès de l’une d’elles. D’ailleurs, selon le voisinage (qui ne le fréquente pas), "c’est rien qu’un pervers !"

Il leur aurait montré des vidéos pornographiques, que les enquêteurs ont bien retrouvées chez lui.

Autant le guillotiner tout-de-suite !

"Des bières, mais aussi de l’huile, du sucre"

"Pourquoi des enfants peuvent-ils si aisément pénétrer chez vous ?" s’enquiert la présidente. On apprend alors qu’avant de récentes interventions médicales, cet homme tombait souvent dans le coma. AVC, crises d’épilepsie, comas fréquents… "Heureusement qu’ils entrent chez moi car cela leur a permis d’appeler le Samu, donc ils m’ont sauvé la vie".

"Comment ces images pédo-pornographiques sont-elles arrivées dans votre ordinateur ?" Il n’a pas la réponse mais juste une explication qui vaut ce qu’elle vaut : "Beaucoup de gens utilisent mon ordi. Des gens qui envoient des dossiers à Pôle emploi, au fisc, un CV pour postuler à un emploi. Les jeunes pouvaient l’utiliser aussi. N’importe qui a pu importer ces images ! "

"Est-il normal qu’un mineur fume et boive chez vous ? " - "Non, admet l’accusé. Mais ils venaient aussi pour me demander de l’huile ou du sucre. Je leur donnais parfois des bières pour leurs parents"…

Des mômes victimes… de leur famille !

Pressé de questions par la présidente et le substitut, "Jacky" semble s’enferrer dans sa dénégation systématique : "Je ne sais pas… Je ne comprends pas… C’est pas moi…" Donnant l’image d’un homme intelligent, sûr de lui, retors, pervers, voire manipulateur. Le bûcher n’est pas loin.

Il faudra au bâtonnier Djalil Gangate toute son opiniâtreté et son sens du détail pour que la vapeur se renverse dans l’esprit des présents.

Où il apparaît, sans que jamais ne soit fait le procès des enfants, que ces derniers ne sont malheureusement plus des oies blanches depuis longtemps.

Dans les faits, ces mômes sont victimes de circonstances familiales abominables. Outre les 5 cités dans la procédure, il ya encore une sœur, entre autres, qui a enfanté à 15 ans. Le père, alcoolique et violent, est en prison pour violences familiales. La mère, totalement à la ramasse, n’a aucune autorité sur ses enfants. Sur les 5 victimes, 4 la battent régulièrement, y compris une gamine de 11 ans qui sort jusqu’à pas d’heure et fréquente un " "petit ami" avec lequel, sous les yeux des autres, elle se livre à des privautés qui feraient frémir n’importe quel parent.

"On le volait régulièrement"

Les enfants ont été plusieurs fois placés en familles d’accueil d’où ils s’enfuient régulièrement. Comment ont-ils débarqué chez "Jacky" ? Parce que toute leur famille ayant délogé des Hauts de la commune, a atterri en ville où ils ont trouvé ce vieux bonhomme seul, malade, la porte ouverte à qui veut.

Ils ont tous admis qu’ils le volaient régulièrement, des cigarettes, des bières, quelques pièces…

"Le fond du dossier est bel et bien la grande situation de détresse de ces enfants", a souligné avec force Me Gangate.

"On lui a taillé un costume sur mesure mais la réalité est tout autre". Et de citer force témoignages qui semblent contredire totalement l’acte d’accusation.

Ainsi les deux infirmières lui faisant des soins quotidiens n’ont-elles jamais rien remarqué d’anormal chez lui. Mais… Quelque temps plus tard, de nouveau sollicitées par les enquêteurs, elles paraissent dire le contraire et l’avocat ne manquera pas d’appuyer sur la pédale : "Ce dossier a été orienté !"

Témoignages plus que contradictoires

Prenant tout son temps, ce qui a exaspéré le substitut, Me Gangate a lu les propres témoignages des "victimes", lesquelles n’accusent nullement "Jacky". Si ce dernier leur a bien offert cigarettes et whisky, il n’a jamais eu envers eux ni parole, ni geste déplacés.
A se demander comment le signalement, émanant du Conseil général, a pu aboutir à cette situation ubuesque !

Car la seule certitude, après un interminable débat qui a tout mis en lumière ou presque, restent : "Les abominations subies par ces enfants chez eux. Une fille de 10 ans qui a déjà des relations sexuelles. Un père alcoolique et zamalien, violent, qui les battait tous, y compris la maman. Une maman qui ne peut empêcher un gosse de 6 ans de sortir jusqu’à 20 heures. Et qui est battue par ses enfants de 11 ans. Lesquels se tapent entre eux chaque jour".

1 an ou la relaxe…

"Restent les photos, a consenti l’avocat. Elles sont dégueulasses ! Mais qui donc a utilisé sa connexion Internet quand il était à l’hôpital ?" A noter que sur les 376 clichés pornographiques saisis par les enquêteurs, seuls 15 présentaient un caractère pédophile (ce qui est déjà beaucoup), le reste lui ayant été restitué.

Après tous ces avis contradictoires, il sera difficile à chacun de se faire une opinion. Rien de rose (c’est le cas de le dire), rien de noir, pas même du flouté gris. Qui dit vrai ?
Le substitut a réclamé 1 an avec sursis et inscription au fichier des délinquants sexuels. Me Djalil Gangate a plaidé la relaxe. "Jacky" sera fixé sur son sort le 25 juin prochain.
Jeudi 11 Juin 2015 - 17:16
Jules Bénard
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