Social

Handicap : "On ne peut pas dire que rien n'a été fait, mais luttez toujours"

L'association départementale, Apajh Réunion, fête ses 10 ans. A cette occasion, le président de la Fédération, Jean-Louis Garcia, est actuellement sur l'île. Nous en avons profité pour faire un point avec lui, sur l'actualité de l'Apajh et du monde du handicap. Rencontre.


L'association départementale, Apajh Réunion, fête ses 10 ans d’existence. Quel regard portez-vous sur le travail effectué ici?

En tant que président de la fédération nationale Apajh, je me dois d'aller sur le terrain et de m'assurer que les valeurs prônées par notre fédération et le travail effectué sur place sont en adéquation.
Je suis très fier du travail mené par l’association Apajh Réunion. Lorsque je suis arrivé devant l'établissement Pierre Lagourgue dans le quartier de Beauséjour, à Sainte-Marie, j’ai découvert une très belle structure et une équipe ambitieuse et exigeante.
Les personnes en situation de handicap sont ici dans un lieu où tout citoyen doit être. Cette structure est ouverte, lumineuse, agréable. Par ailleurs, je suis issu de l'Education nationale et la proximité avec le collège de Beauséjour me ravit. J'ai aussi noté l'originalité de voir des artistes locaux à l'œuvre avec les personnes en situation de handicap.

Vous avez eu l'occasion de rencontrer les pouvoirs publics locaux, ces rencontres ont-elles été intéressantes?

Les diverses rencontres que je fais, avec les acteurs locaux et avec les pouvoirs publics, sont toujours intéressantes dans le sens où elles permettent d'échanger les points de vue. Elles peuvent également être utiles pour l'association départementale.
Par exemple, le Département de La Réunion est en train de réfléchir à des projets dont nous sommes favorables. La coordination des pensées, et mon impulsion en tant que président de Fédération, peuvent parfois permettre de faire avancer les dossiers.

La loi du 11 février 2005 pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées renforce les actions en faveur de la scolarisation des élèves handicapés. Elle affirme le droit pour chacun à une scolarisation en milieu ordinaire au plus près de son domicile, à un parcours scolaire continu et adapté.
Donc l’Education nationale est contrainte d’accueillir les enfants handicapés dans l’école du quartier.
Il subsiste pourtant de nombreuses difficultés à mettre en œuvre cette loi, avec, entre autres, la problématique des AVS (Auxiliaires de Vie Scolaire)…

Nous avons rencontré le responsable de l'Education nationale au Rectorat, c'est un sujet qui a été abordé. L'Apajh s'est battue pour obtenir la notion de "place à l'école de tous", avec un accompagnement notamment assuré par des AVS (Auxiliaires de Vie Scolaire), dossier qui était sous la responsabilité de l'Education nationale. Or cet été, l'Education nationale s'est débarrassée de ce problème en demandant au monde associatif de gérer ces contrats.

L'Apajh s'élève contre cette façon d'opérer. Nous ne répondrons pas à cette demande. Aujourd'hui la situation est bloquée. Pour tout vous dire, j'ai beaucoup de mal à obtenir un rendez-vous avec Nadine Morano, la secrétaire d’Etat à la famille et à la solidarité, mais aussi avec Luc Chatel, le ministre de l’Education.
L'idée que l'école doit être accessible à tous est encore en train de connaître un recul historique alors que la loi venait de rendre à l'Education nationale la main sur l'éducation de tous les jeunes du pays, sans distinction. 

L'avancée en âge des personnes en situation de handicap est une problématique à laquelle la société est de plus en plus confrontée. Quel accompagnement, quel devenir social, peut-elle leur proposer?

Pendant longtemps, l'espérance de vie d'une personne en situation de handicap s'élevait entre 28 et 35 ans, et la personne mourait avant ses parents. Or, la situation a bien changé et aujourd'hui un grand nombre de ces personnes atteignent les 70/75 ans. Il faut donc que, naturellement, la société s'empare de ce sujet. 
Il y a eu un mouvement au niveau des tutelles… Elles avaient d’abord trouvé une solution: intégrer les personnes handicapées au sein des EHPAD (Etablissement d’Hébergement Pour Personnes Âgées Dépendantes). Imaginez une personne handicapée de 58 ans qui a vécu en foyer d'hébergement, se retrouver vivre aux côtés d'une personne de plus de 80 ans, avec des pathologies parfois lourdes.

Suite au Congrès que nous avons organisé il y a quelques mois, l'Apajh a rédigé un texte de fond sur cette problématique et les solutions qui peuvent être envisagées. L'une des pistes de réflexion, qui est celle menée par l'association départementale de La Réunion, est la création de dispositifs d'accueil d'hébergement.
Une autre piste de réflexion porterait sur un nouvel aménagement du temps de travail pour des travailleurs en Esat (Etablissement Social d'Aide par le Travail). L’idée étant d’alléger leur temps de travail en fonction de leurs envies et capacités.

Tout cela avec le consensus des personnes, bien entendu. A ce propos, j'ai retenu une phrase qui est ressortie d'une conférence européenne à Madrid, en 2003, en préparation de l’année européenne pour les personnes handicapées : "Rien pour nous sans nous".

Toujours pas de président nommé à la CNSA (Caisse Nationale de Solidarité pour l'Autonomie). Du coup, les aides financières ne sont pas versées...

Je suis membre du Conseil d'Administration de la CNSA. Cette commission fonctionne sans président depuis le mois d'avril, et depuis le 29 mars, le conseil d’administration ne s’est plus réuni. C’est un mauvais poisson d’avril...
Le conseil d'administration qui devait se tenir prochainement, courant du mois d'octobre, a même été annulé. Quand on voit les besoins qui existent sur le terrain, on se dit que c'est scandaleux. Les conséquences sur l’octroi des crédits sont effectivement importantes.

La loi du 10 juillet 1987 oblige tout employeur du secteur privé et tout établissement public à caractère industriel et commercial occupant 20 salariés ou plus, à employer, dans une proportion de 6 % de son effectif salarié, des travailleurs handicapés. Auquel cas des sanctions financières alimentaient par la suite l'Agefiph pour l'insertion professionnelle pour les personnes handicapées.
La loi de 2005 a fait évolué la situation en ciblant l'ensemble de la fonction publique. Le Fonds pour l'insertion des personnes handicapées dans la fonction publique (ou FIPHFP) a été créé le 1er janvier 2006.

Nous nous dirigeons vers une année 2009 difficile, la consommation de ces crédits ne sera pas bonne car depuis 8 mois les décisions majeures ne peuvent être prises du fait de l'absence de président.

Dans le cadre de la loi Hôpital, Patients, Santé, Territoires, les ARS (Agences Régionales de Santé) vont piloter le secteur du médico-social. En quoi cela peut-il être gênant?

A l'Apajh, nous avons toujours été contre la loi Hôpital, Patients, Santé, territoires. L'idée de vouloir réformer l'hôpital oui, mais pas dans n'importe quelles conditions. Nous craignons que le monde du handicap fasse les frais de l'aventure, et nous ne voulons pas servir de variable d’ajustement.
Il fallait s'occuper de l'hôpital uniquement et ensuite gérer la fluidité des parcours. Le "petit" secteur du médico-social ne peut pas être géré aux côtés du "monstre" qu'est l'hôpital.

Finalement, en quelques mots, quelles sont les valeurs de l'Apajh? Pensez-vous que les mentalités sur le monde du handicap évoluent?

Je disais il y a encore récemment : on ne peut pas dire que rien n'a été fait mais luttez toujours...

Finalement, en quelques mots, quelles sont les valeurs de l'Apajh?

J'ai quatre mots : Laicité, solidarité, citoyenneté et dignité.
Vendredi 25 Septembre 2009 - 08:20
Melanie Roddier
Lu 1862 fois




1.Posté par FAIVRE DANIEL le 25/09/2009 14:27
Une jeune fille de 31 ans sourde et muette, et aveugle qui vit chez ses parent a Bois de Nèfles
Piton ST LEU depuis 11 ans il n'ont j'amais eu la visite d'assistante sociale, que propose t'on
pour que c'ette personne et sa famille ai un meilleur suivit, l'environement de l'eur case la court
nous attendont vos conseil.
daniel.faivre@yahoo.fr Tel 02 62 34 94 37
Président de l'association solidarité inter Génération,a PITON SAINT LEU

2.Posté par jf.seguineau le 25/09/2009 17:07
La Réunion avance. je note une très nette amélioration du respect des handicapés depuis 3 ans. Il y a encore des personnes agressives si l'on fait des remarques, mais c'est de moins en moins fréquent.
Note : Malheureusement aujourd'hui j'ai eu des mots avec quelqu'un garé sur une place handicapé, rétorquant que ce n'était pas son problème???

Quels sont les projets Monsieur le Président? La reconnaissance des handicapés temporaires est-il en étude?

Pour information, ayant un labo à l'IUT de Nantes j'avais réussi à faire donner les cours de formation continue (DUT en 3 ans) en langage des signes, cela avait très bien fonctionné, sans perturber les autres étudiants..

3.Posté par Zaidi le 25/09/2009 20:17
Bonjour,je suis tres content de voire des organisations ou autres structure qui optent pour la reussitte et le developpement des perssones handicapes ,et en meme temps impeut deccourrager pour ne pas dire desesperer des avantages qui peuvent se realiser en leur faveure ,moi perssonnellement je suis un handicape et je me demande comme toute perssonnes si reellement les droits sont vraiment bien realisablent parce que en assistent a des milliers de reciitations des lois et qui ne sont pas respecter ,je voudrais bien aussi faire des propositions mais vue que les liens a l accessions des differrant programmes qui peuvent nous faciliter de faire des participations pare le biais d internet mais je ponse qu il existe toujours des obstacles qui nous empechent d y arriver et je ne sait pour quelle raison si en constatent que de differrantes importance sont mise a la disposition de plusieurs programmes pare contre le monde de la perssonne handicapee et mis a l ecard ,.....ect,je demande la concretisation de nos droits a l accession et a la realistion et la construction de notre developement ;et je finiraispare vous remerciez pour cet espace laisser ,

4.Posté par JEANPAUL-maillot@mediasev.NET le 10/03/2012 12:31
BONJOUR.OBJET;objet cnitaat ordonnance d'irrecevabilite amiens réfé:1004182.CEST je vous donne les textesVU LES ARTICLES122ET125DU CODE DE PROCédure civile; vu l'article l.144-3du code de la sécurité socialevu l'article R.143-27du code de la sécurité sociale; vu l'article l.146-4du code de l'action sociale et des familles.

Nouveau commentaire :
Twitter

4, cité Fontaine
97400 Saint-Denis

06 93 010 810
contact@zinfos974.com


- Contact

- Signaler un abus

- Mentions légales