Faits-divers

"Halt ! Polizei, papieren !" Il fuit les gendarmes français


Siegfried (prénom d’emprunt) est d’origine allemande et enseigne la langue de Goethe dans l’Est. Mais ce jour-là, à Saint-Philippe, il a dû se croire à Schnapsfürmich, où sans doute on n’obéit pas aux injonctions des forces de l’ordre. Il a pourtant déjà été condamné 2 fois pour conduite en état d’ivresse, notre sympathique bonhomme, mais la leçon n’a pas porté ses fruits.

Ce qui fait que ce 22 mars 2014 à 21h40, il a eu de nouveaux démêlés avec une gendarmerie française à laquelle on ne la fait pas.

Nos vaillants pandores, en faction réglementaire, remarquent en ligne droite une voiture qui s’obstine à allonger son parcours par une série de virages brefs et saccadés, inexistants au demeurant. Injonction réglementaire, en pure perte, la voiture accélère. La course-poursuite est entamée, gyrophare et sirène en batterie d’un côté, obstination et refus d’obéir de l’autre.

"Laissez-moi chier ! " (sic !)

L’homme est finalement rattrapé devant chez lui mais refuse de sortir de son véhicule :
"Je suis chez moi, je veux chier (sic !)… Laissez-moi chier (re-sic !)…"
Les gendarmes doivent le sortir de force de son véhicule et le menotter.

A la barre, ses explications, dans une langue châtiée, voire précieuse, sont simples :
"Je suis dans une aventure amoureuse, j’aime. Et oui, j’ai bu".

Il reconnaît ce qu’on veut ; enfin, presque :
"Je reconnais tout mais non !... Je n’ai pas vu le gyrophare ni entendu de sirène. Comprenez-vous… Je vis un amour… avec une femme… euh… euh… euh… merveilleuse, qui m’aime aussi. J’avais donc mis la musique à fond. Mais il est certain que ma bêtise demande et nécessite une sanction".

"Perdu dans ses brumes…"

De son propre aveu, depuis 3 ans (ou 4 mois ? on ne saisit pas bien), il prend des médicaments pour ne plus boire. Nous oserons suggérer que le traitement n’est peut-être pas le bon. Ce que semblent penser ses supérieurs qui l’ont suspendu quelque temps puis rétabli dans ses fonctions à la prochaine rentrée… s’il tient debout.

La substitut Tanguy a stigmatisé la conduite dangereuse d’un homme ayant la tête ailleurs et complètement imbibé en sollicitant une suspension de son permis pour 6 mois. Ce qui a plongé notre ami dans une sombre trouille : au-delà d’un certain nombre de mois, les portes de l’administration se ferment automatiquement.

Son avocate a mis en avant qu’il reconnaissait sa culpabilité "même s’il ne se souvient pas de grand-chose ; pas dangereux sinon il serait allé se cacher. Même s’il est perdu dans les brumes de l’alcool, il n’est pas vraiment antisocial". On savourera le "vraiment".

La Cour a été généreuse envers notre Siegfried qui, une fois sorti des brumes de ses Walkyries imaginaires, est paraît-il un très bon prof apprécié de tous.

3 mois avec sursis (il pourra retravailler), obligations de soins et confiscation de son véhicule.
"Danke schönn !" a-t-on cru entendre. Il peut…
Gutten Tag für dich, Siegfried !

Jules Bénard
Mercredi 3 Juin 2015 - 10:01
Jules Bénard
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