Economie

HCCP: La paralysie des chantiers de logements sociaux au coeur des débats

Le Haut conseil de la commande publique s'est réuni pour la deuxième fois cette année. Au cœur des discussions de cet après-midi, la paralysie des chantiers de logements sociaux en raison d'un défaut de garantie de la part du Conseil général. Syndicats et organisations professionnelles du BTP montent au créneau et réclament des solutions d'urgence face au risque de licencier en masse les salariés de la filière.


HCCP: La paralysie des chantiers de logements sociaux au coeur des débats
Réunis pour cette deuxième assemblée plénière depuis le début de l'année 2012 autour de Margie Sudre, présidente du Haut Conseil de la commande publique, tous les acteurs et collectivités économiques de la Réunion. L'occasion de faire un bilan à trois mois de la fin de l'année sur le marché de la commande publique. Force est de constater que les chiffres ne sont pas bons. Le chiffre d'affaires global du BTP pour 2012 stagne à hauteur de 1,3 milliard d'euros, principalement porté par la commande publique à hauteur de 65%. Et le montant global des chantiers a baissé de 20%, passant de 595 millions d'euros à 476 millions d'euros. Après le traditionnel passage en revu des chiffres et budgets alloués pour l'année, les regards se sont focalisés sur les logements sociaux. Un sujet sensible qui a cristallisé l'attention. Le malaise était palpable.

La raison principale vient du défaut de garantie du Département sur les emprunts demandés par les bailleurs sociaux auprès de la Caisse des dépôts. Une garantie obligatoire pour démarrer les chantiers de logements toujours en attente pour l'année 2012. Sauf que pour le moment ça coince et du côté des syndicats et organisations professionnelles du BTP on ne comprend pas pourquoi. "Il y a 1.700 logements en souffrance faute de garantie de la part du Conseil général, à terme ce chiffre pourrait être porté à 4.000 logements", explique Gilles Fontaine de la CGTR BTP.

"Les garanties des collectivités ne sont jamais utilisées"

De son côté, le président de la FRBTP, Bernard Siriex, analyse également la situation. "On a un problème sur les logements sociaux, on nous annonce des blocages, on nous dit que tout va bien, mais rien n'avance. En attendant des entreprises meurent. Je croyais que le HCCP trouvait des solutions ?", s'interroge-t-il. C'est là toute la problématique, les entreprises du BTP annoncent que si aucune mesure n'est prise pour débloquer la situation, ce sont près de 8.000 salariés de la branche qui pourraient se retrouver au chômage. "En métropole, quand 8.000 salariés sont licenciés, cela émeut la classe politique nationale, mais à la Réunion, on arrive au même constat sauf que ça n'émeut personne", lâche-t-il.

"Impensable que vous ne garantissiez pas les logements en attente. En tout 4000 logements sont en attente de démarrage. On ne peut pas réfléchir comme ça", prévient Nicolas Weinsberg, secrétaire général de la FRBTP. Un constat partagé par l'AMDR (Association des maires de la Réunion) qui s'inquiète de voir le désistement de la collectivité et les bailleurs sociaux se retourner vers les communes. "Ce sont des sommes colossales en jeu et qui correspondent souvent à la moitié du budget d'une commune", souligne un représentant de l'association.

Pourtant, la Caisse des dépôts a tenu à rappeler une règle en matière de garantie des emprunts. "Le dispositif tel qui existe aujourd'hui a pour but que les garanties des collectivités ne soient jamais utilisées", a précisé Olivier Camau, directeur régional de la Caisse des dépôts de la Réunion.

Menace de descendre dans la rue ?

Tous les regards étaient donc tournés vers le Département, mais aucun élu n'était représenté. "A aucun moment le Conseil général a déclaré qu'il se retirait de la garantie d'emprunt. Actuellement l'encours est de 400 millions d'euros. C'est aujourd'hui la collectivité qui garantit le plus d'emprunt. On se pose le problème non pas du retrait mais de la complétude. Depuis la loi SRU (ndlr: loi relative à la solidarité et au renouvellement) on se demande pourquoi les EPCI (ndlr: Établissement public de coopération intercommunale) ne font pas parti du tour de table", s'interroge un représentant du Département. Depuis la loi SRU, la garantie d'emprunt a été étendue au EPCI. Mais le Département tient à rassurer les syndicats et organisations professionnelles du BTP, des réponses rapides seront apportées pour 2012, "dès la semaine prochaine", souligne-t-il.

Une réponse qui pourrait intervenir dès le 26 septembre prochain lors de la prochaine assemblée plénière du Département. Mais le temps presse. "Le 26 est la date limite", prévient Bernard Siriex. En attendant, les syndicats menacent de "descendre dans la rue" pour faire entendre leur voix…
Jeudi 20 Septembre 2012 - 18:14
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1.Posté par Réunionite aigüe le 20/09/2012 18:37
Quand on commence à faire des réunions, des comités, des groupes de réflexion, des études, des "On s'appelle et on déjeune...", c'est que ça va vraiment mal !

2.Posté par coco de lo le 20/09/2012 18:47
La faute au CG qui refuse sa garantie...?
il se murmure que le CG d'ailleurs, a des problèmes de trésorerie ... qu'il serait contraint de reporter des investissements pour faire du fonctionnement...

si le journaliste voulait investiguer...

3.Posté par Des logement privée totalement en infraction à la loi ! qui persiste malgrés la loi ?? le 20/09/2012 19:50
LA VIDEO ! L INJUSTICE INCROYABLE PLUS DE LOI ! COMMENT FAIRE REGNE LA LOI

QUI A UNE SOLUTION DITE NOUS !

4.Posté par Tonton le 21/09/2012 09:53
MDR la référence à la loi SRU pour se justifier du Département, cette loi date de 2000 ca fait donc 12 ans qu'ils réfléchissent. Et pas un élu présent hier alors qu'il y a 2 réunions par an!!!!

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