Social

Grève générale en Guadeloupe contre la vie chère


(Photo ugtg.org)
(Photo ugtg.org)
Depuis mardi, les Guadeloupéens sont mobilisés contre la vie chère, pour l'emploi et l'éducation, et plus particulièrement contre une "taxation abusive (Etat et Collectivités) et les marges bénéficiaires exorbitantes faites par les gros importateurs". Les manifestants exigent "la baisse des prix de tous les produits de première nécessité, des impôts et taxes" et la baisse "immédiate" de 50 centimes par litre du prix des carburants.

Les Guadeloupéens mobilisés sont regroupés au sein du "Komité kont pwofitasyon" ("Comité contre la profitation"), qui comprend aussi des partis et organisations politiques (PC Guadeloupéen, MoDem, Les Verts, …) et des associations culturelles militant pour l'identité créole.

La grève affecte les secteurs de l'éducation, des transports, du bâtiment, de la santé, du tourisme, de l'hôtellerie, de l'électricité ou de l'eau, qu’ils soient privés ou publics. Les 115 stations-services insulaires sont fermées ou bloquées depuis lundi par des piquets de manifestants, à l'initiative du syndicat patronal des gérants de stations-services.

Rassemblements, occupations, opérations escargot ou "opérations de mobilisation active" se multiplient, comme par exemple le blocage mercredi matin pendant plus d’une heure d’un des deux ponts qui relient entre elles les deux îles qui constituent le DOM, Grande-Terre et Basse-Terre.

De leur côté, les forces de l’ordre ont reçu la consigne de s'opposer à tout barrage, occupation ou tentative de blocage de la circulation. Dans la nuit de mardi à mercredi, des incidents se sont produits en proche banlieue de Pointe-à-Pitre, où des voitures qui circulaient ont été caillassées. Les sapeurs-pompiers sont intervenus une vingtaine de fois pour feux de poubelles et de voitures.

Aujourd'hui, des barricades constituées de détritus, poubelles renversées, pneus usagés, gravats et branchages, ont été érigées aux premières heures de la journée, au troisième jour de la grève générale qui affecte la Guadeloupe contre la vie chère.

Dans la nuit, les pompiers avaient été amenés à intervenir dans plusieurs communes de l'île et à quatorze reprises à Pointe-à-Pitre pour des feux de poubelles ou de voitures.

Selon leur état-major, ils ont été caillassés plusieurs fois et souhaitent dorénavant intervenir sous la protection des forces de l'ordre.

Le préfet de la Guadeloupe, Nicolas Desforges, a convié le collectif "contre l'exploitation outrancière" ("kont pwofitasyon"), constitué d'une cinquantaine de syndicats, partis politiques et associations culturelles, à une table ronde jeudi après-midi en préfecture.

Le collectif ne s'était pas rendu mercredi à la "réunion de travail" à laquelle les avaient conviés les présidents des conseils général et régional, Jacques Gillot et Victorin Lurel, et le président de l'Association des maires, Jean-Claude Malo.

Évoquant ce matin, sur Radio Caraïbes Internationale (RCI), les "blocages de routes" et l'envahissement la veille de l'aérogare internationale de Pointe-à-Pitre par environ 500 manifestants, M. Lurel a affirmé que "ce n'est pas ça qu'il faut attendre d'un mouvement d'une telle ampleur: ça devient quelque chose d'ingérable", a-t-il estimé.

Parallèlement à la grève générale, les 115 stations-services de l'île sont fermées depuis lundi, leurs gérants exigeant l'arrêt de toute nouvelle implantation.

(Article réalisé à partir d'un article du journal 20 Minutes et d'une dépêche AFP)
Jeudi 22 Janvier 2009 - 22:40
Pierrot Dupuy
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1.Posté par nicolas de launay de la perriere le 22/01/2009 23:50
l'exemple vient d'ailleurs...
bravo à eux.
comme je le dis, peu importe le moyen (sauf les actes criminels portant atteinte aux personnes), pourvu que l'objectif soit atteint..

2.Posté par ASTER le 23/01/2009 06:05
et chez nous ?
eh bien non la vie n'est pas si chère que cela. personne ne se mobilise, à l'exception de quelques nantis de transporteurs - mongin et caroupaye - qui n'hésitent pas à afficher lors des dernières grèves leur train de vie "professionnel".
la vie n'est pas chère chez nous : un jeune de 24 ans arrêté en excès de vitesse au volant d'une jaguar de plusieurs dizaines de milliers d'euro. ben voyons !!!

3.Posté par Albert Ebasque le 23/01/2009 07:43
La "pwofitasyon" n'est pas l'apanage de La Réunion dirait on....les abuseurs sont donc tous fait au moule à cake???

4.Posté par Blek le Roc le 23/01/2009 07:55
Normal Albert Ebasque, ce sont les mêmes profiteurs là bas et ici. Les Békés antillais, après avoir sucé le sang des Guadeloupéens et des Martiniquais, ont débarqué à la Réunion il y a une quinzaine d'années, invités ici par François Caillé, sans se douter que ses nouveaux copains allaient lui tondre la laine sur le dos.
Ils lui ont piqué Carrefour, ont dépassé le groupe Caillé dans l'automobile, et sont aujourd'hui propriétaires d'une bonne partie des franchises de l'ile.
Merci François Caillé!

5.Posté par darkalliance le 23/01/2009 08:20
Sympa nos cousins d'Amérique !

6.Posté par l'observateur le 23/01/2009 08:48
peut on s'attendre a un phenomene de contagion a la reunion? je ne pense pas car ici il suffit de promettre a quelques "leader" quelques profits "derriere la cuisine" et le tour est jouer.
blek le roc a tout a fait raison quand il dit que f.caillé a introduit les predateurs békés a la reunion.
la meilleur preuve c'est qu'il est entrain de se faire bouffer! effectivement ce sont des suceurs de sang et il y'a pas de "triage dans leurs café".

7.Posté par FRANCO le 23/01/2009 09:07
Voilà le texte que j'ai écrit cette nuit et adressé en courrier des lecteurs au JIR et au Quotidien ainsi qu'à zinfos974 ( je ne l'envoie pas à Témoignages car il n'aurait aucune chance d'être publié). Je pense que ce petit texte (sûrement un peu trop long et indigeste pour certains ?) pose ici à la Réunion les problèmes que posent nos compatriotes insulaires de la Guadeloupe.
Les évènement en Guadeloupe pose en plein et plus que jamais la nécessité du poste de Délégué Interministériel pour l'égalité des chances des Dromiens et surtout l'égalité économique toute simple.

"La Réunion, et la France, pays des Droits de l’Homme ou pays des Droits des intérêts privés ?

La société réunionnaise, théoriquement pays des Droits de l’Homme comme la France dont elle est un Département et Région d’Outre-Mer ( DROM), connaît et vit de plus en plus intensément une évolution dramatique qui s’amplifie avec l’emprise de plus en plus prégnante des intérêts économiques d’une petite minorité possédante, héritière historique des tenants de la colonie et de l’économie de comptoir, se qualifiant elle-même, bras dessus - bras dessous, de « Réunion Economique » ou « Réunion d’en Haut ».
Avec l’arrivée des milliards de francs des transferts sociaux de la départementalisation, puis des milliards d’euros d’aides européennes à fonds perdus en qualité de RUP priorité 1, la Réunion a connu, très artificiellement et de façon volontariste et forcée, un très rapide et brutal passage du stade de pays sous-développé, comme l’ensemble des Mascareignes, à un pays de surconsommation forcenée s’appuyant sur l’exacerbation individualiste, nécessaire à l’aspiration à l’acquisition effrénée des richesses matérielles, favorisant l’égoïsme et la division et détruisant les solidarités historiques familiales et sociales. Les fameuses « égalités politiques et sociales » tant réclamées puis acquises par certaines forces politiciennes dites de « gauche », ont surtout amplifiées et creusées les inégalités économiques à partir desquelles le système capitaliste néo libéral introduit dans l’île a pu intensément prospérer au profit de la petite minorité possédante accaparatrice de pratiquement tous les secteurs de l’économie réunionnaise sur lesquels les acteurs de cette minorité, dont chacun connaît bien les noms et les fortunes si rapidement acquises, ont instauré leurs multiples et diverses rentes de situation pour siphonner les milliards € arrivant de France et d’Europe. Ainsi, grâce à ce providentiel pipe-line financier, à la Réunion, quelques centaines de personnes, via leur emprise sur les pouvoirs politiques, donc sur la manne de l’argent public, via leur mainmise parfaitement concentrée sur l’appareil économique, ont pu, s’appuyant sur les fonctionnaires aux revenus stables et sécurisés, favoriser l’émergence d’une classe moyenne aux revenus suffisants pour consommer et même consumer les richesses importées génératrices de tant de profits … et d’octroi de mer.
Ainsi 300 à 400 000 personnes contribuent généreusement au bon fonctionnement du juteux système de surconsommation génératrice d’enrichissements rapides et importants pour quelques milliers d’autres, constitutives de la fameuse « Réunion d’en Haut ». Pour les 400 à 500 000 personnes restantes, la « Réunion d’en Bas », certes moins bien lotie, les miettes abondantes du système, les pratiques « main droite main gauche » ( le système D peï ), le sens de la « démerde » qui inspire tous les « pauvres du monde », suffisent à rendre, même difficilement supportable, leur condition de vie acceptable en comparaison avec le sort des populations environnantes des Mascareignes. Ainsi dans notre société insulaire captive, le puissant maillage des intérêts privés de quelques centaines de possédants solidaires, avec les complicités passives de tous les bénéficiaires de second rang, peuvent s’imposer sans retenue ni gêne à l’intérêt général qu’ils subordonnent aux leurs, renvoyant aux oubliettes la devise républicaine du pays des Droits de l’Homme, LIBERTE EGALITE FRATERNITE, affirmation désuète cantonnée au fronton des mairies, transformant notre démocratie moribonde en oligarchie ploutocratique restaurant un féodalisme moderne à la devise édifiante : VIVE L’ARGENT ROI !
Une autre Réunion est encore possible demain pour nos enfants : ensemble construisons la en l'arrachant aux prédateurs actuels. Antoine FRANCO 06 92 70 95 69

8.Posté par nicolas de launay de la perriere le 23/01/2009 15:42
effarant le peu de commentaires ...

9.Posté par Joe le 23/01/2009 16:26
La bas, que ce soit de droite ou de gauche leurs élus se sont tous mobilisés avec la population pour la baisse des prix du carburant.

Chez nous on a pas entendu aucun politicien.
Ne parlons pas sur le prix d'avions...

10.Posté par chabouc le 23/01/2009 16:27
Réponse à M. FRANCO :
Dans votre article vous posez les problèmes qui sont déjà perçus par beaucoup de Réunionnais sans apportez de solutions. Pourquoi ne pas aller plus loin dans votre réflexion et de déduire et de dire que la seule issue à vos questions est de rendre la Réunion indépendante ?

11.Posté par nicolas de launay de la perriere le 23/01/2009 21:06
mais non chabouc. il n'est pas question d'indépendance mais de gestion intelligente des fonds publics par des élus les moins "cons possibles"...ce qui sous entend des administratifs recrutés pour leurs compétences et formés, sensibles au devenir à la Réunion et dont la préoccupation ne se résume pas, au hasard, à savoir s'ils vont ou non bénéficier des miles à titre personnel lors de leurs allers retours pour aller se former en Métropole (et oui..mieux vaut déplacer vingt cadres territoriaux que de faire venir un formateur...). Malheureusement le concours de la fonction territoriale ne présume pas de cela...


12.Posté par chabouc le 24/01/2009 08:55
Réponse à nicolas de launay de la perriere
La Réunion attend cette "gestion intelligente" depuis plus de 50 ans et certainement plus encore. Combien de temps faut-il attendre ? Faut-il attendre une dégradation sociale si importante que la seule issue sera la violence ? (De nombreux ancien territoire Français porte encore les stigmates de l'Histoire sombre de la France).


13.Posté par nicolas de launay de la perriere le 24/01/2009 12:52
aux électeurs d'être conscient au moment du vote
et à ceux qui pensent apporter quelque chose de neuf, de moral, de salutaire, de s'investir publiquement ...
je suis particulièrement ravi par exemple, que le secrétaire à medetom évoque la possible régionalisation (cf le jir de ce jour) dans le problème du prix du pétrole ... est ce la fin annoncée de la srpp ..?

14.Posté par FRANCO le 24/01/2009 13:30
Cher chabouc poser un problème ne veut pas prétendre à le résoudre, mais le résoudre nécessite avant tout de bien le poser sous toutes ses dimensions et en tenant compte de tous les paramètres. Pour bien appréhender les problèmes sociaux qui sont tributaires d'une infinité de paramètres interactifs, il faut aller au fond de l'analyse. Aller dans l'espace qui est devenu un lieu et une pratique "commune", bien que toujours complexes, a été rendu possible par la connaissance et la science et donc par la conscience juste des paramètres qu'il fallait comprendre, connaître et maîtriser.
Il en va totalement de même pour ce qui de la politique, c'est à dire s'occuper de la chose publique dans le cadre de l' INTERET GENERAL, ce qui est évidemment même qu'avec une population de 800 000 âmes diificile.
Le drame de la société réunionnaise, mais aussi de la société française, c'est que le concept d'intérêt général, assimilé par certains au collectivisme tel qu'il a pu être galvaudé et dénaturé dans les ex-démocraties populaires, n'est plus pris en compte et défendu face aux intérêts privés de plus en plus puissants et se constituant, comme aux USA de Bush, de plus en plus en lobbys récupérant à leurs profits leurs actions.
J'ai des propositions évidentes à faire pour sortir la société réunionnais de l'emprise des intérêts de la poignée de riches, donc des puissants lobbys, qui la dominent et la gèrent et la font gérer selon leurs besoins et le renforcement de leur domination sur l'ensemble des citoyens. Elles se résument en une seule mesure forte : rétablir une vraie démocratie en rendant la parole aux citoyens, en refusant la macarade de tous les partis politiques actuels dont on s'aperçoit vite qu'ils ne sont que des officines à priver les militants, et donc le peuple, de toute réelle action sur le choix des dirigeants et encore plus des actions à conduire dans l'intérêt général qui n'est plus du tout à leur ordre du jour, seuls les intérêts des plus forts, des plus riches, des plus magouilleurs, des plus népotiques, des plus clientélistes, des plus malhonnêtes, prévalant DANS PRATIQUEMENT TOUS LES PARTIS ACTUELS.
Il n'est qu'à voir comment aujourd'hui la nomenklatura du PCR, et ses apparatchiks cooptés depuis trois décennies, se rendent bien compte des aspirations nouvelles et surtout de la remise en cause que leur conduite "capitalistique", grève de Témoignages, association Pass'port, prix des carburants, prix des billets d'avion, baisse du pouvoir d'achat (mais pas des "camarades dirigeants" et élus), pas des salaires et indemnités exceptionnels pour les membres et les proches du clan dirigeant. Il a fallu lancer une mobilisation de tous ceux qui peu ou prou "bénéficient" des miettes du système : emplois communaux, emplois aidés, avantages sociaux, et toutes ces dispositions alimentaires qui permettent à minima de compter sur la "reconnaissance du ventre", de la petite clé, de l'empoi, du logement, de la formation bidon, etc... pour espérer retrouver une audience qui leur permettrait de conserver leurs juteuses gamelles. Il est évident qu'il va falloir rassembler tous ceux qui veulent que soit répondu aux besoins des plus faibles car si dans notre société le sort et l'avenir du plus faible est garanti celui du plus fort ne le sera encore à la consition qu'on ne lui laisse pas abuser de sa force pour écraser le plus faible et péréniser sa situation de plus fort qu'il transmet de père en fils et fille !

15.Posté par famille floury le 15/02/2009 18:01
nous sommes solidaire de l'action pour le droit de vivre décemment .
en tant que famille ouvrière bretone que pouvont nous faire pour vous, pour nous aussi.
amitié solidarité

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