Economie

Front uni pour défendre la défiscalisation

Collectivités et acteurs du monde économique font bloc pour défendre la défiscalisation en Outre-mer. Cet après-midi, au siège du Conseil régional, d'une même voix ils ont demandé à ce que le dispositif existant soit prorogé au motif que la défiscalisation est un "outil essentiel" au développement économique des DOM. Dans cette optique, un comité de relance va être créé.


Front uni pour défendre la défiscalisation
Si le gouvernement ne s'est pas encore prononcé sur la continuité du dispositif de défiscalisation existant dans les DOM, les premiers échos font penser à son remplacement par le crédit d'impôt. En déplacement aux Antilles, le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, pourrait présenter les pistes privilégiées par l'Etat. Mais en attendant, cette nouvelle remise en cause du dispositif de défiscalisation a le don d'irriter les acteurs économiques, ceux de la Réunion en tête, ainsi que les collectivités (Région et Département). En témoigne cet après-midi cette conférence de presse commune pour faire front et demander d'abandonner l'idée d'une disparition de la défiscalisation dans les départements d'outre-mer.

"Nous nous exprimons tous d'une seule et même voix pour dire que le principe de la défiscalisation est un outil essentiel au développement de l'économie de nos territoires", avance Didier Robert, président de Région. Pour tous, la remise en cause de ce dispositif aurait un effet "catastrophique" pour la continuité économique de notre île. Et les idées "fusent" pour interférer sur les décisions gouvernementales à venir. Tous voient d'un bon oeil la mise en place d'une défiscalisation sur le long terme sous forme d'un plan triennal (Etat/Région/Département) courant sur une période allant de 2014 à 2020. Une option que devrait soutenir Didier Robert à Bruxelles, la semaine prochaine. "Je vais demander à monter une plateforme commune avec les Antilles et la Guyane pour le maintien de la défiscalisation", explique-t-il.

"Nous sommes suspendus aux propos d'un homme qui peut abattre l'économie réunionnaise"

C'est que la remise en cause permanente de ce dispositif commence à peser sur les acteurs économiques. "C'est une exaspération générale, celle de devoir refaire l'exercice chaque année", rappelle Yann de Prince, président du Medef à la Réunion. "L'économie réunionnaise ne s'est jamais plus mal portée. Il est essentiel d'avoir un contrat pluriannuel pour avoir de la stabilité", rappelle-t-il. Le président de la CGPME, Dominique Vienne, va plus loin. "Nous sommes suspendus aux propos d'un homme (Jean-Marc Ayrault ndlr) qui peut abattre l'économie réunionnaise", lâche-t-il avant que Maurice Cérisola, président de la Réunion économique, n'enfonce le clou et pousse "littéralement" un coup de gueule : "Un débat déshonorant qui ne devrait pas avoir lieu"

Front uni pour défendre la défiscalisation
Pour étayer les bienfaits de la défiscalisation dans les DOM, Ibrahim Dindar, vice-président du Conseil général, s'appui sur le récent rapport parlementaire réalisé "par deux sénateurs PS". "Il y a notamment une progression forte de la construction de logements sociaux grâce à la défiscalisation. Je rappelle que si la défiscalisation est abandonnée il faudrait tripler la LBU (ligne budgétaire unique), un exploit par ces temps de disette budgétaire", souligne-t-il. Cette question de la restriction budgétaire est au coeur de la mobilisation. Pour tous, le gouvernement est avant tout omnibulé par le coût de la défiscalisation, estimé à un peu plus de 1 milliard d'euros, et certaines "dérives" entourant le dispositif. "On la présente comme une évasion fiscale, alors qu'il s'agit d'un complément du CPER (Contrat de projets Etat-Région, dispositif existant entre les 26 régions françaises pour un montant de 13 milliards d'euros)", ajoute Dominique Vienne.

Création d'un Comité de relance

Tous sont suspendus aux annonces gouvernementales qui interviendront dans les prochains jours. En attendant, Ibrahim Patel, président de la CCIR, prévient : "La défiscalisation est un élément important de notre stabilité économique (…). L'économie des DOM est fragile et le principe d'un arrêt du dispositif pourrait nous emmener vers une explosion sociale".

Et pour peser plus fort dans les débats, un Comité de relance, composé des acteurs économiques et collectivités, va être mis en place dans les prochains jours pour aborder tous les problèmes de fond qui plombent l'économie réunionnaise. "On veut pouvoir maintenir les intérêts économiques de la Réunion, notamment sur la question de la défiscalisation, mais également sur celle des dettes fiscales et sociales", précise Didier Robert.

La mobilisation est là sur la question de la défiscalisation. "On la maintiendra pour faire infléchir la position du gouvernement", conclut le président de Région.
Jeudi 20 Juin 2013 - 17:34
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1.Posté par JORI le 20/06/2013 18:47
On pourra citer tous les pourcentages de chômage que l'on veut pour justifier la défisc. Il pourrait même y avoir 100% de chômeurs que cela ne pourrait pas justifier la défisc dans sa forme actuelle. Car d’après le rapport d’évaluation qui a entrainé ou sa suppression ou la diminution des plafonds, il en ressort juste que la contre partie de cette défisc qui est la création d'emplois n'est pas réalisée par rapport à l'avantage fiscal donné. Donc à qui profite cette défisc, certainement pas aux demandeurs d'emplois d’où la nécessité de supprimer cette défisc et subventionner, ce qui reviendrait moins cher à l’état, les entreprises au cas par cas et surtout en évaluant les résultats.

2.Posté par nicolas de launay de la perriere le 20/06/2013 20:16
faut arrêter d'agiter les épouvantails.

la fin de la défiscalisation ne signifie en rien la mort du commerce, des commerçants et des consommateurs in fine.

la défiscalisation n'est pas le moteur de l'investissement. elle obligera à mieux négocier l'approvisionnement à la Réunion, plutôt que d'etre une sorte de compensation pour les investisseurs en raison de règles (liée à la départementalisation et l'application bête du droit commun) inadapté à notre territoire et sa localisation géographique.

la fin de la défiscalisation permettrait elle l'émergence d'un véritable projet politique et économique, ? il est curieux de voir ceux qui réclament de la réflexion autour de ce projet, ne pas profiter de l'occasion pour ouvrir le débat.

autrement dit, on sait ce qu'on perd..(la défisc), on ne sait pas ce que l'on gagne.
quelle misère au sein des policiens, que l'absence de perspectives..

ils en pensent quoi au CESR??

3.Posté par Nada-Vigie le 20/06/2013 21:26
Eaux trouble, forte houle...Attention les requins sont de sortie.

4.Posté par Nada le 20/06/2013 21:44
De deux choses l'une, soit effectivement le patronat a trop de charges sociales à payer, ce dont nous il nous bassine à longueur de temps malgré les nombreuses exonérations dont il bénéficie ici, soit il prend l'état pour sa vache à lait en réclamant toujours plus d'aides pour un résultat sur le chômage proche de zéro et en matière de construction de logement n'a parlons pas . Quand je pense que tout ces gens nous font la leçon sur l’assistanat et autres aides sociales, les premiers assistés et qui coute bonbon, en fait c'est le grand patronnat !

5.Posté par ROBERT le 21/06/2013 13:02
Bonjour,
Plutôt que de défiscalisation, terme connoté, il serait préférable de parler d'une aide fiscale à l'investissement immobilier.
Force est de constater qu'ayant été mal encadré, la défiscalisation à générer une spéculation immobilière anormale. Plus que les entreprises, ce sont les promoteurs qui se sont "gavés". Alors que le prix de revient au m2 avoisine les 1500 euros, des ventes à 3000 voire 4000 euros ne peuvent que pénaliser le marché à terme. (de surcroît pour des constructions simplistes et non isolées).
Sans oublier, que les appartements étaient vendus par des Agences (sans scrupules et peu compétentes) ou des CGP métropolitains comme un simple produit financier et dépit de toute déontologie. De surcroît sans véritable cohérence avec les besoins du marché car la majorité des appartements construits ont été des T1 alors que la demande locative porte sur des T2, T3 et T4
Ces effets d'aubaine tant pour les acteurs locaux que pour les investisseurs, à 70% métropolitains, ne pouvaient qu'attirer l'attention des pouvoirs publics en période de disette budgétaire.
A tel point, qu'aujourd'hui, les incertitudes législatives font qu'il ne se construit presque plus rien hormis quelques programmes sociaux rachetés par les SEM à des promoteurs. L'ETAT n'étant pas près d'avoir les moyens de tripler la LBU, le marché locatif va rapidement se tendre au détriment de la population.
Je suggère donc que les négociateurs proposent un encadrement de cette aide fiscale permettant de "moraliser" le marché. Il faut garder un différentiel fiscal attractif avec une aide de même nature en métropole afin de continuer à bénéficier des 70% d'investissements métropolitains, mais en contre-partie, il faut plafonner le prix de m2 "aidé" afin de ramener les promoteurs à un plus juste prix. Ce qui devrait permettre d'une part de commercialiser des appartements plus grands (T3 et T4) et d'autre part d'offrir à terme à la vente des appartements accessibles au pouvoir d'achat des familles réunionnaises.
Cordialement

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